‹ Les maladies des yeux dans leurs rapports avec la pathologie générale; (volume 2)Chapitre 209 sur 277 · SOMMEIL, AGONIE · texte numérisé non relu

SOMMEIL, AGONIE

D'après Bouchard, le sommeil est le symptôme d'une auto-intoxication physiologique transitoire. On sait que les urines recueillies pendant le sommeil et injectées à un animal déterminent toujours des convulsions, tandis que celles de la veille produisent peu ou point de convulsions et amènent la narcose. L'accumulation des substances convulsivantes pendant le sommeil est la cause du réveil. Le myosis qui existe pendant le sommeil est un symptôme de l'auto-intoxication physiologique, et n'a rien à voir avec le réflexe lumineux, puisque chez les aveugles mêmes les pupilles sont rétrécies pendant le sommeil. Il est probable que ce myosis est causé par la paralysie des vaso-moteurs (constricteurs) de l'iris. D'après la théorie de Mauthner, le sommeil serait produit par des troubles fonctionnels de la substance grise centrale des ventricules cérébraux, et, par suite, ce serait sur cette partie du cerveau qu'agiraient les substances toxiques somnifères. Nous avons vu qu'on pouvait invoquer, en faveur de la théorie de Mauthner, la diplopie et la lourdeur des paupières qui surviennent au début du sommeil (voir p. 99).

La myose qui apparaît de bonne heure dans l'agonie et les autres symptômes qui se manifestent jusqu'à la convulsion finale seraient, d'après Bouchard, des signes d'une auto-intoxication par des produits que l'organisme ne peut plus éliminer. C'est, sans doute, à la même cause qu'est dû le nystagmus qui accompagne parfois à ce moment le phénomène de Cheyne-Stockes. L'action des produits toxiques s'exerce alors sur le système nerveux central.

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