CAPSULE INTERNE
Des fibres réunissent les centres sous-corticaux au centre cortical de la vision. Il n'est pas encore prouvé que des fibres optiques se rendent de la rétine jusqu'au lobe occipital sans passer par les centres s<ms-corticaux. L'ensemble des fibres qui sortent des pédoncules cérébraux et des ganglions sous-corticaux pour se terminer dans Técorce cérébrale porte, on le sait, le nom de couronne rayonnante de Reil. La portion de cette couronne qui est située entre les couches optiques et le corps strié, d'un côté, et le noyau lenticulaire, de l'autre, est appelée capsule interne. Sa partie postérieure (carrefour sensitil' de Charcot) renferme des fibres optiques. Les fibres qui relient les centres sous-corticaux de la vision avec le centre psychique sont appelées, depuis Gratiolet, radiations optiques ou expansions cérébrales optiques.
En se basant sur les données anatomiques, les lésions du carrefour sensitif doivent entraîner Vhémiariopsie homonyme du côté opposé, la paralysie croisée des sens olfactif, auditif et gustatif, et l'anesthésie de la face du côté opposé. Les observations cliniques ont complètement démontré la justesse des conclusions que permettait de tirer l'anatomie. Mais, pour la vue, les troubles qu'on observe dans les cas d'affections du carrefour sensitif consistent en une amblyopie croisée. Pour expliquer ce fait, M. Charcot a admis rentrecroisement total des fibres optiques avant leur arrivée dans la capsule interne. D'après lui, les fibres qui ne s'étaient pas croisées dans le chiasma s'entre-croisent dans les tubercules quadrij urne aux. Cette hypothèse ne s'accorde nullement avec l'existence de Vhémianopsie dans les cas de lésion d'un seul lobe occipital.
Des recherches ultérieures ont démontré que dans les cas damblyopie croisée, qui s'accompagnent généralement d'autres symptômes (hémianesthésie, etc.), l'œil situé du côté atteint d'hémianesthésie est amblyope à un très haut point ; son champ visuel est considérablement rétréci, et il existe de la dyschromatopsie. L'examen sérieux de l'autre œil prouve qu'il est aussi plus ou moins atteint, mais toujours à un moindre degré que le premier; néanmoins, on peut y constater de l'amblyopie et du rétrécissement du champ visuel.
Dans deux cas de lésion de la capsule interne, Tûrck avait déjà remarqué que la pupille réagissait moins à la lumière du côté de l'hémianesthésie que de celui de la lésion ; mais il n'avait pas cherché à se rendre compte de l'acuité visuelle.
Bernhardt, dans un cas de lésion de la partie postérieure de la capsule interne, reconnut que l'œil du côté opposé au mal était atteint d'amaurose, tandis que l'autre possédait son acuité de vision normale tout en ayant son champ visuel rétréci. Dans un cas analogue, publié par Millier, il n'existait que de l'amblyopie croisée, sans troubles fonctionnels du côté de la lésion. Pitres, chez un malade qu'il examina avec le plus grand soin, constata de L'amblyopie des deux côtés, plus marquée du coté de l'hémiplégie. C'est ce qu'observa à son tour Fuerstner. 11 est possible que les différences notées dans les symptômes dus aune lésion de la capsule interne tiennent à ce que, dans un cas, les fibres maculaires directes et croisées sont atteintes en même temps, tandis que dans l'autre cas les libres directes sont indemnes.
Les lésions anatomo-pathologiques de la capsule interne sont généralement le résultat de l'apoplexie. Aux symptômes d'amblyopie croisée et de paralysie croisée des nerfs crâniens se joignent habituellement de l'hémianesthésie, de l'hémiplégie et, plus tard, de l'hémichorée. Une seule fois (c'est à Miiller qu'est due l'observation), la lésion delà capsule interne consista en ramollissement.