INTOXICATIONS
donne à manger à des souris de la viande en putréfaction elles meurent, mais leurs cadavres mangés par d'autres souris ne les font pas périr (épuisement de l'action des ptomaïnes).
Des troubles oculaires se manifestent généralement de très bonne heure dans l'empoisonnement par les ptomaïnes; on voit survenir de la dilatation des pupilles et de Va. paralysie du muscle de l'accommodation. Ces phénomènes sont probablement dus à l'action toxique des ptomaïnes sur la partie périphérique des nerfs qui animent les muscles intrinsèques de l'œil. Parfois, certains muscles extrinsèques de l'œil sont aussi frappés de paralysie; Kreutzer, par exemple, a observé le ptosis et le strabisme. Dans un cas, outre les symptômes généraux de l'intoxication par les ptomaïnes, Guttmann a constaté le gonflement des deux parotides, avec œdème étendu de toute la face, et finalement une ophthalmoplégie externe presque complète ; seul, le releveur gauche de la paupière était indemne.
Dans cette intoxication par les ptomaïnes, qu'on appelle en Allemagne «intoxication par saucisson «(Wurstvergiftungi, la guérison complète n'arrive que lentement ; les troubles oculaires disparaissent d'abord, puis ceux du tube digestif. La disparition des troubles de la vue est donc d'un pronostic très favorable.
On prétend aussi avoir observé des troubles oculaires produits par une action locale des ptomaïnes. Ratton raconte qu'un homme, en manipulant du fromage putréfié, s'était frotté l'œil avec les doigts, et avait été atteint, pendant plusieurs heures, de chémosis de la conjonctive.
Grocnow, Oest. Ung. Centralbl. f. d. med. Wissenschaft., 1890, n» 17. — J.-J.-L. Batton, Brit. Med. Journ., 1889, 2 février. — Guttmann, Soc. méd. de Berlin, 3 décembre 1890. — Bouchard, Autointoxications, p. 92. — Alexander, Breslauer aerztl. Zeitschrift, 1888, n° 3.
C. — TROUBLES OCULAIRES DANS LES INTOXICATIONS PAR DES SUBSTANCES PHARMACEUTIQUES ET D'AUTRES SUBSTANCES (1).