INTOXICATION TAR L'ALCOOL
Uhthoff a constaté : dans 6 cas, l'hyperémie de la papille; dans 5,5 p. 100 des cas, une opacité caractéristique de la papille et de la rétine autour de la papille. Dans ces derniers cas, l'image ophthalmoscopique rappelle celle qui se produit dans une rélinite difTuse légère.
Kdmonds et Lawford ont pratiqué l'examen anatomo-palhologique d'un cas qui présentait cette opacité rétinienne. Us ont vu qu'elle était causée par un œdème interstitiel, qui occupait la couche des fibres optiques et la couche externe à grains, autour de la papille optique.
Fig. 40. — Champ visuel de l'œil gauche d'un malade présentant des symptômes simultanés d'ataxie locomotrice et d'intoxication par l'alcool. (Observation personnelle.)
Uhthoff, parmi le nombre si considérable d'alcooliques qu'il a observes, a constaté : dans 2,5 p. 100 des cas, l'inégalité des pupilles; dans 2,5 p. 100, la réaction affaiblie des pupilles à la lumière; dans 1 p. 100 seulement, le signe d'Argyll Roberstson ; dans 6 p. 100, une dilatation des pupilles. Le même auteur a observé, dans 3 cas, une xérose de la conjonctive et, clans 13 cas, des contractions nystagmiques des yeux dans les directions latérales extrêmes du regard ; mais deux de ces cas seulement étaient de vrais nystagmus ; ils étaient accompagnés
de névrite multiple et de paralysie bilatérale de l'oculo-moteur externe.
On a observé plusieurs fois des paralysies des muscles de l'œil chez des alcooliques atteints de névrite périphérique. Thomson décrit trois cas, dont un a été guéri, de ces paralysies alcooliques aiguës des muscles de l'œil. Suckling a constaté, dans un cas, que cette paralysie frappait plusieurs muscles animés par l'oculo-moteur commun. Un homme de cinquante ans, après avoir éprouvé des crampes et des douleurs dans les deux jambes, fut atteint de paralysie bilatérale des droits inférieurs et internes et il eut en même temps du ptosis bilatéral. Les pupilles étaient contractées et réagissaient peu à la lumière. Le réflexe rotulien était supprimé; le réflexe plantaire était, au contraire, exagéré. Le nerf tibial postérieur était sensible à la pression. L'intelligence du malade était affaiblie. La privation d'alcool a amené la guérison complète des paralysies oculaires.
On a également constaté, dans un certain nombre de cas d'abus d'alcool, Yinsuffisance de la convergence.
Nous avons déjà mentionné, dans un chapitre antérieur, la poliencéphalite aiguë supérieure et inférieure, causée par l'alcool, et nous avons fait remarquer qu'elle est fréquemment accompagnée de névrite optique (Oppenheim).
Les paralysies oculaires aiguës, que l'on observe également dans cette affection, sont probablement dues, en partie, à des hémorrhagies dans la substance grise centrale ventriculaire.
Les troubles oculaires produits par l'abus de l'alcool sont accompagnés des symptômes généraux de cette intoxication, qui rendent plus facile la détermination de leur cause; ce sont : le tremblement très prononcé des membres, l'excitation du malade, les signes d'un catarrhe chronique de l'estomac, de l'insomnie, la perte de la mémoire, l'abrutissement moral et quelquefois même des accès de delirium tremens.
Les hallucinations de la vue qui accompagnent l'alcoolisme sont suffisamment connues pour que nous n'ayons pas besoin de les rappeler.
Quant au pronostic et au traitement, nous ne pourrions que répéter ce que nous avons déjà dit, à propos de l'amblyopie tabagique.