PARALYSIES M CLÉAIRES
Il est quelquefois possible de les diagnostiquer. L'ophthalmoplégie externe (la paralysie des muscles extrinsèques animés par l'oculdmoteur commun, accompagnée ou non de paralysie du pathétique et de l'oculo-moteur externe) est un signe qui doit Faire songer à une lésion nucléaire. 11 n'est pas encore démontré que celte forme «le paralysie soit d'origine corticale, et, dans les lésions du faisceau nerveux, les autres libres de l'oculo-moteur commun sont toujours atteintes en même temps. La paralysie basilaire ne peul jamais frapper les muscles extrinsèques sans atteindre aussi les muscles intrinsèques (Mauthner, Dufour).
D'un autre côté, on regarde comme une preuve d'une lésion nucléaire rophthalmoplégie interne (Parinaud)qui ne frappe qui- N- sphincterde
(1) Lemoiue (G.), De la hlépharoptose cérébrale, in Revue de médecine, 1887, p. 572.
PARALYSIES DE L'OCL'LO-MOTEl'K COMMUN. 39
la papille et le muscle de l'accommodation, dont les noyaux forment la partie antérieure de celui de la troisième paire. Les noyaux des muscles intrinsèques de l'œil reçoivent des artères qui forment un réseau distinct de celui qui se rend au noyau des muscles extrinsèques; il n'y a pas d'anastomoses entre leurs vaisseaux artériels, qui sont, par suite, des artères terminales, dans le sens que Cohnheim attache à cette expression. Cette particularité dans la distribution des vaisseaux S ■ rendant au noyau de la troisième paire peut expliquer pourquoi, dans les lésions nucléaires, on voit si fréquemment, tantôt la partie antérieure muscles intrinsèques seuls , tantôt la partie postérieure (muscles extrinsèques seuls uniquement intéressée.
Différents processus peuvent amener des lésions nucléaires, et nous citerons: Tartérite syphilitique des vaisseaux du bulbe, l'épendymite chronique proliférante avec dégénérescence secondaire de la substance grise du quatrième ventricule et de l'aqueduc de Sylvius, la sclérose en plaques, le tabès dorsal.
-ï. PARALYSIES PAR LÉSION DES FAISCEAUX DANS LEUR TRAJET DEPUIS LE BULBE JUSQU'A LA BASE DU CRANE.
Plusieurs cas peuvent se présenter:
a. La paralysie totale de l'oculo-moteur commun peut être le résultat d'une lésion des faisceaux sous-nucléaires. Néanmoins, dans la paralysie totale de ce nerf, il est plus plausible d'admettre une lésion basilaire.
b. La paralysie totale de l'oculo-moteur commun (avec ou sans paralysie des muscles intrinsèques de l'œil) doit faire penser à une lésion des faisceaux sous-nucléaires, siégeant dans le pédoncule cérébral, lorsqu'elle se complique d'hémiplégie du côté opposé. Cet ensemble de symptômes se montre dans les lésions du pédoncule cérébral quand la lésion est considérable, assez étendue et occupe la partie interne du pédoncule.
Alexander (i), en 1887, observa un cas de paralysie des muscles extrinsèques de l'œil droit animés par le nerf oculo-moteur commun, coïncidant avec la paralysie des extrémités du côté opposé ; les symptômes étaient apparus à la suite d'une attaque d'apoplexie. L'auteur de l'observation admit une hémorrhagie occupant les pédoncules cérébraux, dans le point où naît le nerf oculo-moteur. Plus tard, les muscles intrinsèques de l'œil furent paralysés à leur tour. Alexander en conclut que le loyer hémorrhagique avait gagné le troisième ventricule, et son diagnostic fut confirmé par l'autopsie.
Dans des cas analogues, on a également constaté la paralysie croisée
(1) Alexander, Deutsche Medizin. Il ochënschrift, 1887.
du facial '1 . l'hémiplégie croisée et la paralysie de l'oculo-motcur commun du côté de la lésion.
c. Les paralysies isolées, symétriques des deux côtés, sont liés rarement produites par une lésion des filets de Toculo-moteur commun avant leur réunion en faisceau.
Chez un malade âgé de quarante- neuf ans. atteint de sclérose en plaques. Thomscn(i) observa une diminution de la motilité des deux yeux en haut; le phénomène était plus accentué du côté gauche. La réaction pupillaire était normale du côté droit, diminuée du côté gauche. Les deux papilles optiques étaient décolorées. L'autopsie montra des plaques de sclérose en différents points du système nerveux, mais les noyaux des muscles de l'œil étaient sains. Une néoplasie gommeuse occupant exactement, entre les deux pédoncules cérébraux, le point d'origine du nerf oculo-moteur commun avait amené la destruction des faisceaux sous-nucléaires de ce nerf. La lésion était superficielle du côté gauche, plus profonde du côté droit où elle atteignait le pied du pédoncule cérébral, la substance noire, jusqu'au noyau rouge de Stilling. Du côté gauche, les faisceaux composant le nerf étaient normaux; mais, du côté droit, ils étaient dégénérés dans une notable étendue. On ne saurait expliquer, dans •ce cas, pourquoi la destruction par dégénérescence du côté droit, et la simple compression sans altération ultérieure du côté gauche ont produit des deux côtés les mêmes troubles fonctionnels : la diminution bilatérale de la motilité d'un seul muscle.