‹ Les maladies des yeux dans leurs rapports avec la pathologie générale; (volume 2)Chapitre 33 sur 277 · PARALYSIES EXTRA-CÉRÉBRALES DES NERFS MOTEURS DE L'ŒIL · texte numérisé non relu

PARALYSIES EXTRA-CÉRÉBRALES DES NERFS MOTEURS DE L'ŒIL

La paralvsie totale des muscles de l'œil peut être ou basilaire ou nucléaire; mais, lorsqu'il existe en même temps de la paralysie d'autres nerfs, la présence de la névrite optique peut aider au diagnostic différentiel, et plaide en faveur de la paralysie basilaire. Examinons d'abord les diverses formes que revêt la paralysie basilaire des muscles de l'œil.

La paralysie à rechute de Tueulo-moteur commun atteint généralement tous les muscles animés par ce nerf. Nous y reviendrons à propos

Fig. 8. — L'autopsie d'un cas de paralysie progressive unilatérale des nerfs crâniens,

d'après Adamkiewicz.

«, b, tumeur sarcomateuse. — Les chiffres romains indiquent par leur numéro d'ordre les origines et les racines apparentes des nerfs bulbaires.

de la « migraine ophthalmoplégique ». Cette forme de paralysie est probablement basilaire.

La paralysie bilatérale totale des muscles oculaires (dans la syphilis) qui se termine par la guérison, peut être nucléaire ou basilaire.

Il en est de même de la paralysie bilatérale d'un seul des trois nerfs moteurs de l'œil; elle peut être basilaire ou nucléaire.

Par exemple, les deux nerfs oculo-moteurs externes peuvent être

comprimés ensemble par une tumeur basilaire qui siégerait au point Où, fort rapprochés l'un de l'autre, ils naissent du sillon postérieur du pont de Varole.

Les deux nerfs oculo-moteurs communs peuvent être comprimés simultanément par l'artère cérébrale profonde, par une exsudation organisée en tissu cicatriciel ou par une tumeur de la base du crâne.

Le pathétique peut être aussi comprimé des deux côtés à la fois par une lésion exerçant elle-même une compression sur la valvule de Vieussens.

La paralysie unilatérale progressive des nerfs crâniens peut être d'origine nucléaire ou d'origine basilaire. Dans son ouvrage sur les paralysies des muscles de l'œil, Mautbner en a recueilli huit cas, dans lesquels la paralysie avait été causée par une tumeur basilaire. Auamkiewiez en a, depuis, publié un nouveau cas, fort important.

Le malade d'Adamkiewicz (fig. 8) fat d'abord atteint d'une paralysie des nerfs passant à travers la fente sphénoïdale droite, du pathétique, de l'oculo-niotenr externe, de l'ophthalmique de Willis et du trijumeau; plus tard, l'oculo-moteur commun fut atteint à son tour. Ces symptômes firent diagnostiquer un processus ayant débuté dans le centre de la fente sphénoïdale et s'étant propagé vers la partie latérale. On vit s'étendre la paralysie au masseter et aux ptérygoïdiens, en même temps que la partie alvéolaire du maxillaire supérieur s'hypertrophiait. A partir de ce moment, il ne pouvait subsister aucun doute sur l'existence d'une tumeur se développant dans les os de la base du crâne. En effet, quatre mois après, le facial était atteint dans toutes ses parties, et le malade devenait sourd du côté droit. De l'aphonie survint, et l'examen laryugoscopique permit de reconnaître la paralysie de la corde vocale droite, par suite de lésion du nerf récurrent. L'oeil, du côté malade, perdit peu à peu la vue, et l'on constata de l'amaurose consécutive à l'atrophie du nerf optique. La mort arriva par paralysie du nerf pncuino-gastriqur. L'autopsie montra qu'il existait une tumeur (sarcome) qui avait comprimé et détruit les nerfs dont on avait constaté la paralysie pendant la vie.

Lorsque la paralysie unilatérale progressive se complique d'amaurose du même côté, la lésion est sans doute basilaire. L'hémiopie peut se rencontrer dans la paralysie basilaire aussi bien que dans la paralysie nucléaire (Mautbner).

L'existence d'anosmie et de névrite optique du côté où tes nerfs crâniens sont paralysés doit plutôt faire songer à une lésion basilaire.

La paralysie bilatérale progressive îles nerfs crâniens n'est presque jamais d'origine basilaire; dans l'immense majorité des cas, elle esl d'origine nucléaire. Parfois, lorsque les muscles intrinsèques de l'œil sont indemnes, on peut arriver à localiser sûrement le processus dans les noyaux.

La paralysie de l'oculo-moteur commun compliquée d'hémiplégie peut être ou fasciculaire (voir ci-dessus) ou bien basilaiflB. Si l'hémiplégie croisée précède la paralysie totale de l'oculo-moteur commun, il faut, d'après Mauthner, admettre une Lésion basilaire. Les lésions de cette

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