AFFECTIONS DES CELLULES ETHMOÏDALES
accompagne des accès de céphalalgie. Les affections des cellules ethmoïdales sont généralement la conséquence d'une maladie du nez ou des autres sinus; mais il se peut aussi qu'une affection orbitaire se propage aux cellules. L'extension vers l'orbite d'une inflammation des cellules ethmoïdales a été observée à plusieurs reprises, à la suite d'un simple rhume (Hartmann, Schaefer), ou d'ulcères des fosses nasales, ou même d'une affection de la cavité naso- pharyngienne. Dans le cas déjà mentionné, de Schaefer, le malade mourut, l'inflammation de l'orbite s'étant propagée aux méninges en suivant les gaines du nerf optique.
La carie des cellules ethmoïdales peut être ou ne pas être acoom-
Fig. 14. — Ectasie du sinus frontal et des cellules ethmoïdales, d'après C.-J.-M. Langenbeck (1819).
pagnée d'affections oculaires. Elle peut déterminer, par exemple, les symptômes suivants :
1° Abcès orbitaire, avec sécrétion nasale purulente du même côté;
2° Emphysème orbitaire, lorsque la carie établit une communication entre les cellules ethmoïdales de l'orbite;
3° Détachement lent de quelques parties de l'ethmoïde, (dans la syphilis), et propagation, à travers la lame criblée, d'une infection déterminant une méningite;
4° Détachement subit d'un grand morceau de l'ethmoïde nécrose et ■chute de ce morceau dans le larynx; d'où accès de suffocation, ou mort par méningite (Baratoux).
L'affection connue sous le nom d'hydropïsie des cellules ethmoïdales peut entraîner la disparition des parois situées entre les diverses cellules; plus tard elle peut les faire communiquer avec d'autres cavités, lorsque les parois osseuses qui les séparent viennent à être
détraites; enfin, ces cavités elles-mêmes peuvent communiquer avec l'orbite (cas de Langenbeck). Les symptômes sont surtout l'exophthalmie et les signes ordinaires d'une tumeur de l'orbite.
Quant aux tumeurs des cellules ethmoïdales (ostéomes, fibromes r cancers, polypes), elles sont très fréquemment accompagnées de troubles oculaires.
Dans la première période, lorsque la tumeur est encore contenue dans les parois des cellules, elle ne détermine pas de symptômes, ou bien on observe de la céphalalgie revenant sous forme d'accès (trijumeau), d'autres fois une sensation de chaleur dans la tête, ou bien encore des accès d'épistaxis. Dans la deuxième période, la tumeur, en se développant, détermine l'ectasie des parois des cellules. Dans la troisième période, elle se propage dans les cavités voisines.
Parmi les parois des cellules ethmoïdales, c'est la lame papyracée qui est atteinte la première d'ectasie. On voit alors une tumeur de la paroi interne de l'orbite, qui en se développant, remplit la cavité et déplace le globe oculaire vers le côté temporal. Les symptômes sont les mêmes que ceux qu'on observe généralement dans les tumeurs de l'orbite. Les mouvements qui tendent à diriger le globe oculaire sont gênés. La réfraction est diminuée (on observe de l'hypermétropie dans des yeux qui étaient emmétropes — voir le cas de Knapp). L'acuité visuelle peut rester normale, surtout si l'accroissement de la tumeur, est lente ou bien elle est diminuée jusqu'à l'amaurose. On a quelquefois observé le développement d'opacités de la cornée causées par le lagophthalmos dû à l'exophthalmie. Dans un seul cas, il se produisit une atrophie de l'œil, déterminée par une suppuration de la cornée, consécutive à une lagophthalmie. Le champ visuel, examiné plusieurs fois, a été trouvé normal, ce qui réfute la théorie émise par Ziem pour expliquer le rétrécissement du champ visuel dans les affections du sinus maxillaire. A l'examen ophthalmoscopique, on a constaté une névrite optique qui, dans un cas de Knapp, était accompagnée d'une atrophie partielle de la choroïde et de la production de brides (plis), dans la partie de la rétine située entre la macula et la papille optique. Presque toujours après l'extirpation de la tumeur, l'acuité visuelle s'améliora ou se rétablit complètement; plus tard, les mouvements de l'œil redeviennent normaux.
Dans quelques cas, au début du développement de la tumeur, on a constaté du larmoiement, soit qu'il se fût agi d'un phénomène réflexe, soit que l'accroissement de la tumeur eût provoqué la compression du canal naso-lacrymal. Ce canal peut même être rempli complètement par la néoplasie dans des cas de tumeurs malignes de l'ethmoïde.
En se développant, les tumeurs diminuent d'abord la cavité des fosses nasales, puis elles l'obstruent complètement. Ces symptômes