‹ Les maladies des yeux dans leurs rapports avec la pathologie générale (volume 3)Chapitre 11 sur 284 · NERF OPTIQUE, CHIASMA · texte numérisé non relu

NERF OPTIQUE, CHIASMA

Ce ne sont pas seulement le§t faits embryologiques relatifs au nerf optique, mais aussi ses rapports anatomiques qui font comprendre que les altérations du système nerveux central se compliquent très fréquemment de troubles oculaires. Pour bien saisir ces, relations, il faut se rappeler : 1° que les vaisseaux artériels de l'œil sont des branches terminales des artères du cerveau; 2° qu'une partie de sang veineux de l'œil s'écoule dans les sinus veineux de la base du crâne ; 3° que les espaces inter-vaginal et supra- vaginal du nerf optique se continuent directement avec les espaces sub-dural et sous-arachnoïdien du cerveau. Il ne faut pas oublier non plus, pour comprendre la fréquence des troubles oculaires dans les maladies du système nerveux, qu'un certain nombre de nerfs crâniens, tels que l'oculo-moteur commun, . l'oculo-moteur externe, le pathétique, le facial et le trijumeau se terminent dans l'organe de la vision, qui reçoit aussi des branches du grand sympathique.

Il est très important, pour arriver à localiser un processus maladif du système nerveux, de se rendre un compte exact du parcours des fibres optiques de l'œil jusqu'à leur terminaison dans le centre cortical de la vision, et du trajet des autres fibres nerveuses qui se terminent dans l'organe de la vue.

Le nerf optique nait dans le chiasma. Après un parcours intracrânien très court (10 millimètres environ), il traverse le trou optique; il décrit alors, dans l'orbite, une légère courbe en forme d'S, de 28 millimè-

très de longueur, et vient se terminer dans le globe oculaire. Dans leur trajet, les fibres optiques subissent une torsion, de telle sorte que celles qui sont situées en bas dans le trou optique occupent la partie temporale de la papille. Les bandelettes optiques, qui sont des faisceaux aplatis réunissant le chiasma aux centres sous-corticaux, croisent, dans leur parcours, la face inférieure des pédoncules cérébraux; leurs fibres se terminent dans les couches optiques, le corps genouillé externe et les tubercules quadrijumeaux.

La plupart des auteurs admettent aujourd'hui que les fibres optiques sont soumises, dans le chiasma, à un entre-croisement partiel. Gudden et Ganser ont étudié la dégénérescence secondaire des fibres optiques qui survient dans le chiasma et dans les bandelettes après l'extirpation d'un œil chez le chien; leurs recherches ont démontré que le faisceau direct est situé dans la partie temporo-supérieure des bandelettes optiques. Les parties nasale et inférieure des bandelettes occupent les fibres du faisceau droit. Des recherches non moins scrupuleuses ont prouvé que, chez l'homme, le faisceau direct occupe une situation analogue dans la partie temporo-externe delà bandelette, où il forme une bande allongée (Burdach, Purtscher, Marchand, Baumgarten). Mais il résulterait des recherches de Singer (de Prague) que les fibres du faisceau direct et du faisceau croisé ne sont pas aussi distinctes dans le chiasma qu'on le croirait d'après les travaux de Ganser; contrairement à ce qu'avait dit ce dernier, Singer prétend que les fibres de ces deux faisceaux s'entremêlent en certains points. Dans le chiasma de l'homme, la plupart des fibres sont croisées. Les partisans de l'entre-croisement total des fibres optiques prétendent que chaque fibre des bandelettes, optiques se recourbe d'abord horizontalement, puis subit une seconde incurvation qui la fait passer dans le nerf optique du côté opposé. D'après cette manière de voir, les fibres nasales des bandelettes optiques deviennent les fibres temporales du nerf optique opposé. Les fibres croisées formeraient ainsi des angles obtus en avant et en arrière, et des angles aigus à droite et à gauche. Cette théorie de l'entrecroisement total des fibres optiques dans le chiasma a surtout été soutenue par Michel. Mais déjà Johannes Muller avait érigé en loi que, chez l'homme et chez les animaux dont une partie du champ visuel est binoculaire, l'entre-croisement des fibres optiques dans le chiasma n'est que partiel, tandis que chez les animaux où chaque œil a son champ visuel distinct, où la vision n'est pas binoculaire, l'entrecroisement des fibres est total. Les faits cliniques et les expériences physiologiques viennent complètement à l'appui de kt théorie de Johannes Muller.

De la loi de l'entre-croisement partiel des fibres optiques dans le chiasma, il résulte que chaque bandelette renferme les fibres qui se terminent dans les deux moitiés homologues de chaque rétine. La

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