MENSTRUATION
Pendant la menstruation, des observateurs ont constaté des troubles oculaires physiologiques ; Finckelstein examina à l'époque de la menstruation le champ visuel, et il constata un rétrécissement périphérique, d'autant plus prononcé que la perte de sang est plus abondante : ainsi, c'est au troisième et au quatrième jour des règles que le rétrécissement du champ visuel atteint son plus haut degré. Finckelstein constate même des anomalies du sens des couleurs. Après la menstruation tout revient à l'état normal. Il est très important de connaître l'aggravation si fréquente des maladies des yeux pendant l'époque de la menstruation ; les rechutes des iritis chroniques pendant cette période ont été depuis longtemps mises en relief par Michel (Traité d'ophtalmologie, p. 454) et par Trousseau. Despagnet a observé un cas d'iritis à rechute, coïncidant avec chaque époque menstruelle ; Trousseau décrit une observation d'iritis avec hypopoyon, se développant périodiquement à chaque menstruation chez une femme atteinte d'une endométrite. Dans ces observations, il ^'agissait évidemment d'iritis infectieuse : la menstruation en facilitant la pénétration des germes infectieux provoquait une réinfection périodique.
La même hypothèse est applicable au cas publié par Hasner : sa jeune malade, à chaque éqoque, avait une paralysie totale du nerf oculaire commun qui disparaissait après les règles. D'après de Visseving, élève du professeur Strûmpell d'Erlangen, l'ophtalmoplégie périodique serait la conséquence d'une auto-intoxication produite par des substances toxiques.
Doit-on supposer que ces substances toxiques fabriquées à chaque période menstruelle sont ensuite éliminées ? Mais alors dans cette hypothèse comment expliquer la répétition de la paralysie du même nerf et comment interpréter l'observation si singulière de la malade du docteur Christenson?Une femme âgée de trente-trois ans perdait complètement la vue depuis des années, avant chaque époque menstruelle. L'amaurose, dont la durée ne dépassait pas quelques heures, était accompagnée d'attaques épileptiformes. Elle disparaissait avec l'apparition du sang. Les règles venaient-elles à manquer une fois, l'amaurose persistait alors jusqu'à l'arrivée des menstrues. Le fond de l'œil était normal ; mais finalement, une atrophie progressive des nerfs optiques se déclara. Les pertes sanguines auraient-elles favorisé
dans ce cas l'élimination des produits toxiques. Hirschberg a publié une observation de xanthopsie qu'on pouvait expliquer par une intoxication périodique menstruelle. Sa malade avait à chaque époque un ictère, accompagné de xanthopsie : elle voyait tout en jaune.