AFFECTIONS DES ORGANES GÉNITAUX CHEZ L'HOMME
vis-à-vis de lui que les femmes. Récemment il a été démontré que ces alléctionspouvaient, par action réflexe, troubler les fonctions d'organes autres que celui de la vision. Ainsi Preyer a prouvé que certaines maladies de l'estomac, traitées pendant longtemps sans le moindre succès par les moyens les plus divers, se guérissent ou s'améliorent lorsqu'on obtient la guérison des affections des organes sexuels qui leur ont donné naissance par voie réflexe.
La masturbation et les pertes séminales peuvent retentir sur l'organe de la vue d'une façon très différente : 1° en amenant le développement de névrasthénie, elles engendrent des troubles fonctionnels de la vue qui ne sont que des symptômes partiels de la maladie nerveuse ; 2° en affaiblissant toute l'économie, elles ne peuvent manquer d'avoir un retentissement sur l'organe de la vision.
H. Colin et Power, dans le cours des recherches spéciales qu'ils ont consacrées aux troubles oculaires des onanistes, ont constaté que ceux qui se livrent à la masturbation sont affligés de mouches volantes, de photophobie, et qu'ils se plaignent d'asthénopie accommodative comparable à celle que produisent les affections de la matrice (kopiopie hystérique) : la lecture fatigue très rapidement les malades, l'amplitude, de l'accommodation est diminuée et il existe des spasmes de paupières.
Il est très commun de rencontrer chez les onanistes de fortes inflammations chroniques de la conjonctive (Foerster), inflammations qui résistent à tout traitement et qui sont comparables aux inflammations des muqueuses nasale et pharyngienne assez fréquentes chez ces malheureux. Les auteurs qui ont fait de cette question une étude spéciale ont vu des conjonctivites résister complètement à un traitement rationnel de plusieurs mois; Foerster a pu, dans ces cas, faire avouer à un grand nombre de malades qu'ils se livraient à la masturbation.
A l'heure actuelle, on ne peut plus dire que les onanistes soient menacés, dans leur vieillesse, derétinite, d'atrophie du nerf optique, etc.; ces assertions n'ont jamais été prouvées. Ce sont les travaux de Lallemand qui ont accrédité l'idée que les pertes séminales entraînaient l'apparition de lésions graves dans divers organes. Il est bien fâcheux que les auteurs se soient bornés à reproduire cette opinion sans la contrôler. Ainsi, dans une bonne thèse de Malécot sur la spermatorrhée (1881), nous trouvons encore ces phrases: « Les autres sens spéciaux finissent par participer à la perturbation générale. La vue diminue et quelquefois se perd complètement. »
Aujourd'hui, nous savons au contraire que l'étiologie de l'atrophie optique qui survient à la suite de pertes séminales doit s'expliquer d'une tout autre façon. Le plus souvent, il s'agit de tabès dorsal, et les pertes séminales aussi bien que l'atrophie du nerf optique ne sont que les symptômes prodromiques de l'affection nerveuse..
Cependant Jacobson soupçonne qu'il faille attribuer à la masturbation certains cas de papillite légère, avec altération peu marquée des vaisseaux rétiniens, suivie bientôt de décoloration atrophique de la papille. Nous croyons qu'il est plus logique de penser que la véritable cause de la papillite a échappé à l'observation.
Dans quelques vieux auteurs, Yarnblyopie est parfois aussi attribuée à la masturbation. Mais les observations sont très rares, et on n'en trouve aucune dans les ouvrages récents. Il est donc probable que, dans les cas cités, il s'agissait d'amblyopie apparente, causée par l'affaiblissement du muscle de l'accommodation chez des hypermétropes, ou bien d'amblyopie due à l'hystérie masculine.
Milliken a observé un cas qui prouverait que le coït peut produire accidentellement des troubles de la vue. Quand il existe de l'artériosclérose, le coït peut, on le sait, en augmentant l'action du cœur, favoriser le développement d'hémorrhagies cérébrales ; il est incontestable que les attaques d'apoplexie ont bien souvent leur cause dans le coït sans que le médecin le sache. Dans le cas de Milliken, il survint pendant le coït de Y hémianopsie homonyme gauche, produite vraisemblablement par une apoplexie méningée du lobe occipital gauche.
Il est établi que le goitre exophtalmique peut survenir chez la femme dans le cours d'une affection des organes génitaux ; chez l'homme, il peut être produit par une cause analogue, mais on songe si rarement à rechercher cette cause, qu'il est probable qu'elle échappe souvent au médecin. Il nous semble intéressant de rapporter intégralement une observation de Foerster, relative à un cas de cette nature :
« Un jeune homme de vingt et un ans, atteint de goitre exophtalmique, présentait 120 pulsations avec choc violent du cœur; la glande thyroïde, modérément gonflée, était le siège de battements vasculaires ; F exophtalmie existait très prononcée des deux côtés. D'après les dires du malade, ces symptômes auraient apparu trois semaines auparavant, de la façon suivante : Pendant une demi-heure, le jeune homme avait tenté de coïter avec une fille, mais il avait été repoussé. A la suite de cette lutte, il se sentit étourdi, mais il se rétablit aussitôt après avoir bu quelques verres de madère. Les violents battements de cœur qu'il éprouva durant sa tentative persistèrent. Deux jours plus tard, le malade s'aperçut que ses yeux étaient saillants, et cette proéminence augmenta depuis lors. Le professeur Freund, qui examina les organes génitaux de l'individu, constata un gonflement douloureux des deux épididymes. On défendit au malade toute excitation sexuelle et on lui prescrivit delà quinine. Au bout de trois ou quatre ans, il se présenta de nouveau chez Foerster, déclarant que les battements cardiaques avaient diminué après l'absorption de 9 grammes de quinine. L'exophtalmie s'était aussi améliorée, mais elle avait reparu au bout de trois mois, plus accusée que la première fois; l'irritation cardiaque n'avait attendu que deux mois pour se faire de nouveau sentir avec violence. L'examen du malade démontra que son exophtalmie était, en effet, plus prononcée qu'auparavant; mais l'état général était satisfaisant, l'appétit bon, et il n'existait pas de trace de cachexie anémique. »
C'est Thompson qui a le plus contribué à mettre en évidence queT chez l'homme, les affections de la prostate peuvent déterminer des-