‹ Les maladies des yeux dans leurs rapports avec la pathologie générale (volume 3)Chapitre 170 sur 284 · CHARBON · texte numérisé non relu

CHARBON

On a souvent observé des infiltrations charbonneuses des paupières et des sourcils, qui ne se distinguent en rien de celles qu'on trouve dans d'autres parties du corps.

La gangrène de la peau peut causer des pertes de substance considérables, entraînant le développement de i'ectropion, de lagophthalmos, des infiltrations de la cornée et même l'atrophie du globe oculaire. Dans les cas graves on observe une inflammation phlegmoneuse accompagnée d'une fièvre intense; elle se propage des paupières vers la face et le cou, elle peut occasionner un phlegmon orbitaire (Jacobson), dû selon quelques auteurs à une thrombose du sinus caverneux.

Dans un cas de charbon, cité par Riedel [Deutsch. Med. Woch, 1891 n° 27), il se développa une embolie infectieuse de l'artère centrale de la rétine qui se termina par la panophthalmie.

On ne connaît pas chez l'homme d'affection du globe oculaire due à d'une infection charbonneuse locale. Sur des animaux cependant, Roger a produit l'affection artificielle charbonneuse de l'œil, par l'inoculation du virus charbonneux dans la chambre antérieure. Dans ces conditions, d'après cet auteur, les animaux succombent rapidement, alors qu'ils supportent parfaitement des inoculations faites dans les muscles ou sous la peau. A l'autopsie, on trouve de la sérosité charbonneuse dans les divers milieux de l'œil et on constate de plus une extension des lésions vers les méninges et quelquefois vers la joue.

Roger explique ce fait particulier par l'absence de phagocytes dans la chambre antérieure de l'œil, absence favorisant la propagation des microbes du charbon.

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