‹ Les maladies des yeux dans leurs rapports avec la pathologie générale (volume 3)Chapitre 185 sur 284 · INFLUENZA · texte numérisé non relu

INFLUENZA

du nez et de ses cavités voisines (voir p. 193). On observe en outre souvent dans l'influenza un œdème léger des paupières.

Pendant le cours de la maladie on observe en quelques cas la kératite dendritique, affection décrite par Hansen-Grut et Enimert. Elle est dénature herpétique. Eversbuscb propose pour cette affection le nom de- berpes febrilis corneœ. Cette affection était accompagnée dans plusieurs cas de névralgie sus-orbitaire ou ciliaire et d'éruptions de vésicules d'berpes aux paupières.

On a pu en outre observer dans la cornée des pertes de substance en forme semi-lunaire ou sous l'aspect clinique d'ulcère simple de la cornée.

Fig. 33. — Kératite dendritique exubérante (d'après une esquisse d'Eniniert).

Dans la convalescence on a observé : la persistance de la névralgie du trijumeau et de la névralgie ciliaire. On constata plusieurs fois l'existence d'une kératite pointillée superficielle (keratitis punctata superficialis), ainsi par exemple dans le cas de Rosenzweig, où elle est survenue trois jours après la fin de l'attaque d'influenza. Nous avons observé dans quelques cas la kératite phlycténulaire et l'épisclérite qui se sont également développées dans la convalescence de l'influenza.

Le muscle de l accommodation peut être atteint deparésie à la suite de l'influenza. Cette parésie qu'on observe assez souvent, se guérit vite et sa présence doit souvent échapper à l'examen clinique. La paralysie du muscle de l'accommodation au contraire est rare. Sattler, sur un matériel assez nombreux d'affections oculaires survenant à la suite de l'influenza, l'a observée dans un seul cas.

Les muscles extrinsèques de l'œil sont rarement atteints à la suite de l'influenza. Sattler décrit deux cas de paralysie de l'oculomoteur externe, mais il n'ose pas affirmer qu'elle est en effet occasionnée par l'influenza, qui la précédait. Alt observait de l'insuffisance des droits internes. Schirmer décrit un cas d'ophthalmoplégie totale unilatérale. Nous avons déjà donné la description des paralysies nucléaires des muscles de l'œil survenant à la suite de l'influenza (voir p. 99).

On a observé dans toute une série de cas d'influenza une affection du nerf optique, qui se manifeste ordinairement quelque temps après le commencement de la maladie (dans un cas de Landsberg après quinze jours). L'acuité visuelle diminue ainsi que l'étendue du champ visuel. Ces phénomènes sont accompagnés de sensations subjectives de lumière et de douleurs de tête très violentes. L'examen ophthalmoscopique montra bien la présence de névrite optique légère ou bien le fond de l'œil était normal. Des cas semblables ont été décrits par Eversbusch, Uhthoff, Fuchs, Bergmeister, Landsberg. L'acuité visuelle peut diminuer dans de tels cas jusqu'à l'amaurose. Dans tous les cas d'àmaurose, excepté un cas de Bergmeister, qui finissait par l'atrophie du nerf optique, la vue s'est rétablie. L'amaurose dans de tels cas est sans doute causée par l'inflammation du périnèvre du nerf optique en dedans du canal optique, comme le prouve la marche de l'affection qui commence par le rétrécissement périphérique du champ visuel et la sensation de douleurs survenant par la pression du globe oculaire en arrière (voir p. 187). Le traitement consiste dans l'emploi d'injections hypodermiques de pilocarpine, dans l'administration interne de l'iodure de potassium (on préfère à présent l'iodure de sodium) et plus tard d'injections hypodermiques de strychnine.

On a observé en outre des cas d'amaurose subite à la suite d'influenza dont la pathogénie probablement n'est pas identique à l'affection du nerf optique dont nous venons de parler. Sedan, par exemple, décrit un cas de cécité qui durait deux jours, et qui hors doute n'avait rien à faire avec l'épistaxis qui la devançait. Ces amauroses passagères ainsi que les paralysies des muscles extrinsèques de l'œil cet du muscle de l'accommodation sont probablement des manifestations toxiques dues aux ptomaïnes de l'influenza.

On peut considérer les cas d'affection du nerf optique se manifestant par un scotome central comme le type de ces paralysies toxiques à la suite de l'influenza. Voici plusieurs exemples de tels cas. Landsberg observa un cas de scotome central, qui s'éclairait peu à peu. Dans un cas de Remak le scotome central pour le blanc et les couleurs se développa déjà quatre jours après le commencement de l'influenza. Son apparition était accompagnée de douleurs de tête très violentes et de crampes de membres. Pas de rétrécissement du champ visuel. Des injections de strychnine et l'iodure de potassium amélioraient l'acuité visuelle. Le cas àliypèresthésie du nerf optique, observé par Carstens à la suite de l'influenza, n'est pas nécessairement occasionné par une affection de ce nerf, mais plutôt la conséquence d'une affection simultanée du nez ou de ses cavités voisines provoquant une irritation du trijumeau (voir p. 192).

Le traclus uvéal paraît rarement attaqué dans l'influenza. H. Adler a observé un cas d'iritis à la suite de cette maladie, Fuchs .décrit un

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