‹ Les maladies des yeux dans leurs rapports avec la pathologie générale (volume 3)Chapitre 280 sur 284 · NOMALIES DE LA RÉFRACTION · texte numérisé non relu

NOMALIES DE LA RÉFRACTION

astigmate en donnant à mon regard une direction late'rale extrême (p. 430), d'autre part le fait que des tractions cicatritieiles provenant d'un ptérygion produisent de l'astigmatisme cornéen, plaident en faveur de cette théorie.

Une autre opinion attribue; à une contraction partielle du muscle de l'accommodation la cause de l'astigmatisme cornéen. Nous avons déjà rencontré cette conception pour expliquer le développement du staphylome postérieur, dans la myopie, par le tiraillement du muscle de l'accommodation, prenant son point fixe d'insertion sur le rebord

Fig. 43.

Astigmomètre de E. Berger. s, disque à rayons; r, disqueà cercles concentriques; v, visoir.

cornéo-scléral. D'après la théorie accommodative de l'astigmatisme cornéen, au contraire, le point fixe d'insertion du muscle serait dans le tractus uvéal et ce muscle, en se contractant irrégulièrement, produirait une courbure irrégulière de la cornée. On peut, avec raison, reprocher à la théorie de Meyer et Leroy de ne pas expliquer les cas d'astigmatisme cornéen dans lesquels les méridiens principaux ont une direction oblique ; mais cela prouve que l'action des muscles extrinsèques de l'œil n'est pas la seule cause qui puisse provoquer l'astigmatisme cornéen; il en existe d'autres qu'il faut rechercher. Il me semble que les nouvelles théories exagèrent le rôle du muscle de

l'accommodation, qui serait ainsi la cause de la myopie, de la kératite, de la cataracte et du glaucome.

Il est facile, d'ailleurs, de réfuter, par le raisonnement suivant, la théorie accommodative de l'astigmatisme cornéen.

Il arrive souvent que, dans l'astigmatisme cornéen, les méridiens principaux ont une direction inverse de ceux de l'astigmatisme du cristallin; le maximum de courbure, dans l'un, répond au minimum, dans l'autre; mais ils peuvent aussi avoir la même direction sur la cornée et sur le cristallin. Si la contraction partielle du muscle de l'accommodation provoque, à la fois, de l'astigmatisme cristallinien et de l'astigmatisme cornéen, le degré d'astigmatisme devrait toujours augmenter dans le premier cas et toujours diminuer ou disparaître dans le second.

Malgré les recherches de Bull pour démontrer que le degré d'astigmatisme cornéen change avec l'âge chez le même sujet, on ne connaît encore aucun cas d'astigmatisme cornéen qui se soit amélioré ou qui ait disparu (abstraction faite des cas dus au blépharospasme).

Après cette digression sur la nature et sur la cause de l'astigmatisme, nous allons revenir à la question qui nous occupe et étudier l'influence de l'astigmatisme sur l'organisme en général. Gould a remarqué qu'en corrigeant l'astigmatisme par des verres cylindriques on exerce une très heureuse influence sur les enfants. Leur indolence et les défauts que l'on observe dans leur intelligence ne seraient quelquefois que le résultat des efforts exagérés du muscle de l'accommodation. Ce même auteur prétend que des pédagogues auraient été témoins de faits semblables. Hewetson a publié un travail dans lequel il constate, chez les astigmates, la fréquence de la céphalalgie et de l'insomnie, à la suite des efforts de l'accommodation. Pour insister davantage sur cette manière devoir, nous pourrions citer les travaux de G. Martin. Culver a vu également plusieurs fois des céphalalgies disparaître à la suite de la correction de l'astigmatisme par des verres cylindriques.

On a constaté, chez des astigmates et chez des hypermétropes, que des efforts trop prolongés du muscle de l'accommodation ont provoqué, par voie réflexe, des nausées et des vomissements. Adelheim a fait récemment une communication, dans laquelle il a constaté que des vices de réfraction avaient déterminé une excitabilité générale : céphalalgie, fatigue musculaire, migraine, névralgies, tics faciaux, agoraphobie. En prescrivant des verres appropriés, il a fait disparaître ces symptômes, qui étaient le résultat du surmenage du muscle de l'accommodation. Toutefois, aucun de ces auteurs n'explique par quelle voie se produisent ces symptômes réflexes.

3. LES ANOMALIES DE L'ORGANE DE LA VUE PEUVENT-ELLES PROVOQUER l'ÉPILEPSIE.

Il ne nous paraît pas certain que l'astigmatisme joue un rôle dans

PARALYSIES MUSCULAIRES, NYSTAGMUS. 449

la production des accès épileptiques et de la chorée. Féré a constaté la fréquence de l'astigmatisme chez les épileptiques. Stevens a dit qu'en corrigeant par des prismes l'insuffisance des muscles de l'œil, chez des chorciques et des épileptiques, on les guérissait. La Société de névrologie de New-York a nommé une commission pour étudier cette question. Sur quatorze malades, elle a constaté trois fois seulement que la correction des anomalies musculaires avait déterminé une amélioration de l'état général. Néanmoins, la commission a été d'avis que la fatigue musculaire, ainsi que toute autre excitation des nerfs périphériques, peut favoriser le développement d'accès d'épilepsie.

C'est un fait connu qu'une lumière trop forte peut provoquer des accès d'épilepsie. On a publié des cas où la même cause avait déterminé une aggravation de la chorée. J'ai observé personnellement trois cas, dans lesquels l'examen ophthalmoscopique, pratiqué avec le miroir à éclairage fort, avait occasionné des accès épileptiformes, chez des malades qui n'avaient pas eu depuis longtemps d'accès de ce genre. Aussi doit-on user avec prudence de l'examen ophthalmoscopique, lorsqu'on a affaire à des épileptiques, et l'on doit, dans ces cas, employer de préférence le miroir à éclairage faible. Verneuil a par ce fait fortement raison de recommander de garder dans des chambres obscures les malades atteints de tétanos.

On connaît bien la faculté, que possèdent certaines personnes qui ont des vices de réfraction, de percevoir des objets dont les images se produisent sans netteté. Il est probable que c'est par un acte cérébral que ces personnes, tout en n'ayant que des images confuses, sont néanmoins capables de travailler. Certains auteurs pensent que c'est la rétine qui déchiffre elle-même les cercles de diffusion que ces personnes perçoivent. Quelques auteurs croient que ce travail de perception d'objets dont les images sont défectueuses produit, chez les épileptiques, une action analogue à celle de l'excitation d'un nerf périphérique. Bickerton (de Manchester) et Carter (de Londres) expliquent de celte manière des cas d'épilepsie, qui étaient améliorés par l'usage de verres appropriés.

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