PARALYSIES EXTRA-CÉRÉBRALES DES NERFS MOTEURS DE L'ŒIL
nature atteignent d'abord le pédoncule cérébral, puis les faisceaux de l'oculo-motcur commun.
Une lésion basilaire n'a pas toujours son point de départ dans la base du crâne; elle peut débuter en dehors de la cavité crânienne et y pénétrer par suite de son accroissement ultérieur. La pression intrucrânienne qui survient alors, ou bien la compression directe produite par la tumeur peuvent êtres assez fortes pour entraîner la compression et la paralysie des nerfs crâniens.
Lorsque les tumeurs s'accroissent lentement, les nerfs s'accoutument peu à peu à la compression, sans qu'il surgisse de troubles fonctionnels; si l'accroissement est rapide, on ne tarde pas à voir apparaître la paralysie.
Quant aux causes des paralysies basilaires des muscles de l'œil, elles sont nombreuses ; citons notamment: la méningite basilaire, la pachyméningite circonscrite, les abcès cérébraux siégeant à la base du crâne, l'artérite syphilitique des artères de la base entraînant des troubles nutritifs dans les nerfs crâniens, les gommes, les tubercules et les tumeurs diverses de la base du crâne.
2. PARALYSIES DES NERFS MOTEURS DE L'OEIL PAR UNE LÉSION SIÉGEANT DANS LE SINUS CAVERNEUX. .
Elles peuvent être produites ou par l'inflammation des parois du sinus caverneux (phlébite du sinus) ou par l'anévrysme artérioso-veineux de la carotide interne. Nous nous occuperons de cette forme de paralysie des muscles de l'œil dans le chapitre consacré aux affections des vaisseaux.
3. PARALYSIES DES NERFS MOTEURS DE L'OEIL PAR COMPRESSION DANS LA FENTE SPHÉNOÏDALE.
Ces paralysies résultent surtout d'altérations du périoste ou des os eux-mêmes. Les hyperostoses, les affections syphilitiques, et peutêtre aussi les affections rhumatismales, sont les causes qui amènent, la paralysie par compression dans la fente sphénoïdale. Au point de vue clinique, comme au point de vue anatomo -pathologique, cette paralysie a été encore peu étudiée. Nous en citerons pourtant un cas, qui a été observé par Donath. L'oculo-moteur commun et le nerf sus-orbi taire étaient paralysés. L'affection se manifesta d'abord par du ptosis, puis survinrent la paralysie du droit interne et l'anesthésie de la première branche du trijumeau. L'acuité visuelle, la réaction pupillaire et l'accommodation étaient normales. 11 n'existait aucune anomalie du fond de l'œil, mais des douleurs dans le front et dans la tempe. Peu à peu tous les muscles animés par l'oculo-moteur commun
furent atteints de paralysie. En pressant sur le globe oculaire, on déterminait de la douleur en arrière. Les paupières devinrent légèrement œdémateuses, et il se manifesta de la diplopie dans toutes les directions, sauf dans celle du droit externe. Donath admit une périostite syphilitique ou rhumatismale des os de la fente sphénoïdale. Un traitement médical continué pendant trois mois guérit le malade, qui ne conserva qu'une légère mydriase.