TRAUMATISME DE LA MOELLE ÉPINIÈRE
Le traumatisme expérimental de la moelle épinière entre la sixième vertèbre cervicale et la deuxième dorsale provoque chez les animaux le myosis dû à la paralysie des fibres oculo-pupillaires. Ce symptôme s'observe cliniquement chez l'homme dans les mêmes conditions. L'atrophie du nerf optique peut résulter d'une lésion traumatique de la moelle épinière, comme l'ont démontré plusieurs observations. Cette atrophie est d'autant plus fréquente et plus précoce que la lésion traumatique est située plus haut. Nous renvoyons à la page 19 pour l'explication de ce phénomène.
L'atrophie optique est, d'après Albutt, précédée d'hypérémie de la papille dont les contours s'effacent ; les veines rétiniennes sont légèrement sinueuses. Mais ces symptômes n'arrivent jamais jusqu'à produire la névrite optique.
Ordinairement l'atrophie du nerf optique apparaît tardivement. Dans l'intervalle, entre le début de l'affection et le moment où l'atrophie optique est appréciable à l'ophthalmoscope, l'acuité visuelle est diminuée dans des proportions très diverses. Dans les cas graves, lorsque le traumatisme de la moelle épinière se termine par la mort, il ne se développe pas de troubles fonctionnels du nerf optique.
Albutt attribue l'atrophie du nerf optique à une méningite secondaire subaiguë ascendante. On pourrait cependant se demander pourquoi, à la suite de cette méningite ascendante, le nerf optique seul est atteint et les autres nerfs crâniens restent intacts. La méningite intercurrente, en effet, est toujours invoquée lorsqu'on manque d'arguments pour expliquer les complications qui surviennent du côté des divers nerfs crâniens. Sur treize cas de traumatisme médullaire, Albutt a constaté huit fois à l'ophthalmoscope une altération du nerf optique qui est, suivant cet auteur, très fréquente dans cette affection.
Nous reviendrons encore sur les troubles de la vision consécutifs à quelques traumatismes médullaires (raihvay spine), à l'occasion des troubles oculaires qu'on observe dans l'hystérie traumatique, attendu que ces troubles sont les mêmes dans les deux affections.