‹ Les maladies du soldatChapitre 8 sur 224 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SLR LA MORBIDITÉ, LA MORTALITÉ ET LES PRINCIPALES MALADIES DU SOLDAT

L'étude de la morbidité et de la mortalité du soldat français en temps de paix est aujourd'hui possible, grâce à la statistique médicale de notre armée, établie au Ministère de la guerre. Depuis 1862, époque de la publication du premier volume de cette statistique, celle-ci fou]'nit des documents numériques précis et complets sur l'effectif et sur la composition de l'armée française, sur la nature des maladies et sur les principales causes de décès que cette armée présente aussi bien en France qu'en Algérie et, depuis 1881, en Tunisie.

On peut dire que la centralisation et le dépouillement des éléments numériques, qui servent à la publication de cette statistique, se font avec une l'égularilé et une précision toutes militaires, surtout depuis que le traitement des sous-officiers et des soldats est assuré pai- les médecins de l'armée dans tous les établissements hospitaliers, y compris les hôpitaux civils militarisés.

Ces documents sont recueiUis annuellement dans les corps de troupes et dans les hôpitaux; puis ils sont transmis au Directeur du service de santé de chaque corps d'armée, qui les fait parvenir au Ministère de la guerre, où ils sont centralisés et où ils servent à l'établissement de la statistique médicale.

Une nomenclature spéciale, claire et détaillée, sert de guide

Marvaud. i

aux médecins militaires pour la répartition des affections morbides et des causes de mort qui s'offrent à leur observation.

Depuis 1881, un Rapport sur les principales maladies et épidémies, observées dans l'armée pendant chaque année, est annexé aux nombreux tableaux numériques delà statistique; il constitue actuellement une étude épidémiologique très intéressante et très complète, que l'on consulte avec fruit pour l'étude des maladies du soldat, et auquel nous aurons souvent recours dans le cours de ce travail.

Cependant, malgré le soin et la précision avec lesquels sont recueillis dans l'armée les documents statistiques, le dépouillement et la comparaison de ces documents, pour une série d'années et pour une période assez prolongée, offrent certaines difficultés.

Il est, d'abord, indispensable de distinguer nettement les effectifs, qui servent de base aux calculs de la statistique médicale de l'armée, effectif totale c'est-à-dire représentant le nombre d'hommes qui, d'après les prévisions et après les opérations du recrutement, devraient être sous les drapeaux, et en effectif présent, comprenant seulement les hommes qui existent réellement dans les garnisons, abstraction faite de ceux qui sont en position d'absence (congés, permissions, malades aux hôpitaux).

Le second nombre est nécessairement inférieur au premier. La différence, qui existe entre l'un et l'autre, est môme assez considérable ; ainsi, elle s'est élevée à près de 70000 hommes en 1888 (effectif total : 507360; effectif présent : 437411).

Ce qid rend encore difficile la comparaison des documents statistiques, publiés depuis 1862 jusqu'à ce jour, au point de vue de la nature des maladies et des causes de décès du soldat, ce sont les conditions différentes dans lesquelles a été assuré le recrutement de l'armée durant cette longue période de vingt-huit ans (1862-1889), pendant laquelle (non compris les années 1870-71, correspondant à la guerre franco-allemande) a été publié chaque année un volume de la statistique médicale.

Les lois sur le recrutement de l'armée française, qui se sont succédé depuis trente ans, ont nécessairement introduit dans la composition de cette armée, au point de vue de l'âge moyen des

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