UNE FABRIQUE D'OPIUM. — SALLE DES MÉLANGES
D'après une gravure anglaise.
Vous le savez, il y a à cela une raison économique que je ne craindrai pas d'appeler abominable. Les Chinois n'acceptent guère en payement de leurs produits que de l'or et de l'argent en monnaie ou en lingots : les espèces ainsi introduites dans l'empire n'en sortent plus, et c'est un véritable drainage que subissent par ce fait l'Europe et l'Amérique. Une nation voisine de nous et dont
les possessions indiennes fournissent des quantités prodigieuses d'opium, a forcé la Chine, dans des traités célèbres, à accepter l'entrée de cet opium chez elle et à le payer en lingots, et non
l'\'E FABRIQUE DOPIUM. — LA MISE EN POTS.
D'après une gratare anglaise.
en marchandises : l'empire se voit ainsi obligé de dégorger une grande partie de l'argent tenu en réserve.
Ce commerce a pris des proportions immenses. J'emprunte à une publication anglaise quelques vues prises dans une fabrique de l'Hindoustan. Des salles immenses sont utilisées à la préparation des sucs de pavots, puis à leur dessiccation dans des vases de
terre. On prépare là des millions de kilogrammes de substances toxiques.
Vous aurez une idée de l'importance de cetle opération, quand
LKE FABRIQLE DOPILM. — lE SECHOIR.
D'après une gravure anglaise.
VOUS saurez qu'aujourd'hui encore il entre annuellement en Chine soixante-dix mille caisses d'opium indien, valant au moins trois cents millions de francs. Pour trois cents millions depoisoningurgité par droit de guerre à tout un peuple ! Ajoutez à cela la réalisation de la prédiction de Fauvel, c'est-à-dire le choléra instantanément apporté à des milliers d'Européens pour que quelques ballots de
coton arrivent un peu plus vite à Londres, et vous vous étonnerez peut-être que ce soient les mêmes hommes, auteurs de ces calamités, qui ont lait des lois draconiennes contre tout savant qui