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L’ANTISEPSIE ET LES ANTISEPTIQUES

les antiseptiques à employer, nous citerons ici les plus usuels parmi les meilleurs et dirons comment et à quoi ils sont employés.

On appelle antiseptiques des substances chimiques qui se comportent comme de véritables poisons à l’égard des microbes, qui tuent les microbes. Certains sont particulièrement employés en chirurgie pour les pansements (acide phénique, sublimé, acide borique), d’autres comme moyen hygiénique par la médecine et la chirurgie pour la désinfection (sublimé, sulfate de cuivre, chlorure de chaux, soufre, formol). Nous parlerons plus particulièrement de ceux-ci et de leur mode d’emploi.

D’une manière générale, nous dirons :

i° Que les antiseptiques agissent beaucoup plus activement à chaud qu’à froid ;

2° Que les antiseptiques associés agissent souvent mieux que les antiseptiques employés isolément, sans que leur action toxique soit augmentée en proportion ;

3° Que la plupart des antiseptiques sont plus ou taoins toxiques ;

4° Que les germes morbides, microbes et spores, sont beaucoup plus résistants a 1 action des antiseptiques quand ils sont sees que quand ils sont humides.

Aussi est-il recommandé, d’une manière générale :

1° D’élever la température des objets à désinfecter et des agents de désinfection ;

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2° De mélanger dans certains cas ou d’associer entre eux divers antiseptiques;

3° De ne jamais renfermer les solutions antiseptiques dans des bouteilles à vin ou à liqueur, pour éviter des méprises dangereuses, mais bien dans des vases dans lesquels on n’a pas instinctivement l’idée de trouver quelque chose à boire et de garnir ces vases d’une étiquette très apparente portant les mots : Poison. Solution antiseptique ;

4° D’humecter par des liquides ou des vapeurs les surfaces à désinfecter.

Mode d'emploi des antiseptiques chimiques.

Les antiseptiques sont employés à l’état liquide, en solution, ou à l’état gazeux; nous ne ferons ici mention que des plus importants.

Le sublimé (sublimé corrosif ,bichlorure de mercure) est le plus puissant des désinfectants, mais il est en même temps un poison. Il attaque les métaux. Il est employé en solutions. Les solutions doivent, pour ces motifs, être colorées (avec du carmin bleu d’indigo) pour éviter une erreur qui pourrait porter aies boire et les vases dans lesquels elles sont contenues doivent être en faïence, porcelaine, tôle émaillée ou bois et porter une étiquette avec ces mots écrits en gros caractères : Poison. Solution antiseptique (sublimé). — La solution employée est à I p. 1000, soit :

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sublimé, 1 gramme ; sel marin, 2 grammes ; eau pure (eau de source ou eau bouillie), 1 litre.

Cette solution suffit à tous les usages. Elle est employée surtout pour la désinfection des appartements, parois, sol, etc., des meubles, du linge, des cuvettes et vases divers ; elle est aussi employée pour le lavage des mains après savonnage et, en un mot, pour toutes les opérations de désinfection. Son prix est de 10 francs le kilogramme, soit 0 fr. 10 environ de sublimé (pour 10 litres de solution).

Sulfate de cuivre. — Le sulfate de cuivre ou couperose bleue est un poison violent pour les microbes. Étant employé fréquemment en agriculture (pour le blé, pour la vigne), il se trouve partout et coûte très bon marché : 0,50 le kilogramme environ.

C’est un excellent antiseptique, mais qui, tachant ou altérant les étoffes et les papiers de tenture, doit être réservé à la désinfection des vases, des planchers des matières fécales, des déjections diverses, des fosses d’aisances.

On l’emploie généralement en solution à la dose de 5 p. 100, soit 50 grammes pour un litre d’eau, qu’on emploie spécialement pour garnir les vases de nuit, les crachoirs, etc. (1).

Les solutions de sulfate de cuivre devant être

(1) On peut, pour éviter l’infection des fosses d’aisances dans les cas de choléra, dysenterie, fièvre typhoïde, porter la so-

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employées en assez grande quantité, on les prépare par 10 litres plutôt que par litre.

Pour éviter toute erreur ou accident, les cruches et vases qui les contiennentportentune grande étiquette avec ces mots : Poison. Solution antiseptique [sulfate de cuivré).

L’Administration laisse gratuitement a Paris, chez les particuliers, en temps d’épidémie, des paquets de 750 grammes (1 livre 1/2) de sulfate de , cuivre pulvérisé pour faire 15 litres de solution.

Acide pkénique et ses composés. — L’acide phénique ou phénol est un caustique et un toxique qu’il faut manier avec plus de précautions qu’on ne le fait généralement, il est spécialement dangereux pour les enfants.

Très employé comme moyen de pansement, il l’est moins comme agent de désinfection dans la maison, surtout en raison de son odeur.

On l’emploie en solution à 5 p. 100 (soit 50 gr pour 1 litre) pour la désinfection des habitations, parois et sol, ainsi que pour la désinfection des meubles, linges et vêtements ; comme le sublimé, il se prête à l’ensemble des opérations de désinfection.

Il se mélange difficilement à l’eau, c’est là un de ses inconvénients ; la solution ne doit pas contenir

lution à verser sur les matières avant de les jeter dans la fosse, à 100 grammes p. 1000 au lieu de 50 grammes.

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des gouttelettes d’aspect huileux, ce sont des gouttelettes d’acide presque pur qui sont caustiques et dangereuses. Pour éviter toute méprise, les solutions seront colorées au carmin bleu d’indigo et les vases les contenant porteront une grande étiquette avec ces mots : Poison. Solution antiseptique (acide phéniquë).

Crésyl. — Au lieu de l’acide phéniquë on emploie souvent, notamment dans l’armée, une composition phéniquée appelée crésyl, qui a l’avantage de se mélanger facilement à l’eau. On l’emploie à la dose de 5 p. 100 (soit 50 gr. pour 1 litre). Elle a l’avantage d’être désodorisante en même temps que désinfectante et, pour ce motif, elle présente sur l’acide phéniquë un avantage réel pour la désinfection dans la maison.

Lait de chaux. — Le lait de chaux est un bon désinfectant, facile à préparer et à employer. Il faut seulement avoir soin de le préparer comme il suit et de l’employer aussitôt après sa préparation : on éteint 2 kilogrammes de chaux vive avec une petite quantité d’eau (1 litre au plus) qu’on verse dessus doucement. Il se forme ainsi une poudre qu’on dilue dans 10 litres d’eau en agitant.

Cette poudre peut être conservée pendant quelques jours (5 à 6 jours) dans un endroit bien sec pour l’employer ensuite dès qu’elle aura été diluée.

Le lait de chaux ainsi préparé peut au besoin

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remplacer les autres désinfectants pour les matières fécales et les immondices, mais il faut toujours l’employer en assez forte proportion, par moitié environ. Quand on s’en sert pour la désinfection des murs, on emploie 2 kilogrammes de poudre délayée dans 5 litres d’eau fraîche, auxquels on ajoute 5 litres d’une dissolution, préparée à l’avance, faite avec 250 grammes (1 /21ivre) de colle qu’on afait dissoudre dans 5 litres d’eau bouillante et laissé refroidir.

Eau de Javel — L’eau de Javel, qui est d’un usage courant, peut être employée comme désinfectant. C’est un mélange de sel de cuisine et d’hyperchlorate de soude dissous dans l’eau, qui dégage du chlore. Elle peut être employée utilement pour la désinfection du sol et des parois des habitations et pour la désinfection et le lavage du linge. Pour le lavage du sol et des parois on l’emploie étendue de 5 fois son volume d’eau ; pour celui du linge, étendue de 10 à 15 fois son volume. L’eau de Javel dite « eau de Javel concentrée » est étendue de 30 fois son volume d’eau.

Chlorure de chaux. — Le chlorure de chaux est antiseptique parle chlore qu’il dégage, mais ce gaz, s’il a l’avantage d’être antiseptique et désodorisant en même temps, a l’inconvénient d être irritant et dangereux pour les voies respiratoires. Il ne doit pour ce motif être employé qu’à l’air libre ou dans des

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locaux largement ventilés ou peu habités : abattoirs, urinoirs et latrines publiques, fosses d’aisances, dépôts d’immondices, égouts, éviers, caniveaux et conduits divers destinés aux eaux ménagères.

Il s’emploie en solution composée de chlorure de chaux 1/2 kilogramme (1 livre). Eau pure, 6 litres.

Acids borique. L acide borique est très peu irritant et à peu près inoffensif, mais il est aussi peu actif, aussi n est-il pas employé pour la désinfection. Il convient cependant pour les lotions à pratiquer chez les enfants et chez les personnes à la peau très délicate, à la fin de la convalescence des fièvres éruptives et dans un certain nombre de cas de maladies des muqueuses, du nez et des yeux en particulier. On l’emploie en solution saturée qu’on prépare en mettant 3cà 4 grammes environ d’acide borique dans 100 grammes d’eau chaude (30 à 40 gr. pour 1 litre). Il ne se dissout pas dans l’eau froide, mais sa solution peut être employée tiède ou froide.

De cette première catégorie d’antiseptiques, les quatre à retenir particulièrement comme les antiseptiques de choix sont : le sublimé , l’ acide phénique, le lait de chaux et Veau de Javel; chacun doit en connaître l’action et le maniement.

A côté de ces antiseptiques employés à l’état liquide il y a des antiseptiques gazeux qu’on emploie particulièrement pour certains objets ou pour l’en- «■— 83 — :

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semble dune pièce avec l’espoir de voir le gaz pénétrant partout, n’oubliant rien, aller détruire, où qu’ils soient, sur les murs ou dans le mobilier, les germes morbides. Malheureusement il n’en est pas qui, jusqu’à présent, ait justifié la vogue dont il a joui ou les promesses qu’il a données lors des premiers essais.

Aussi, comme il est toujours possible d’employer un des antiseptiques de choix énumérés ci-dessus, vaut-il mieux recourir jusqu’à nouvel ordre à l’un d’eux plutôt qu’à l’un de ceux dont il va être parlé.

Acide sulfureux . — L’acide sulfureux qui se dégage du soufre quand on le fait brûler, a été longtemps employé avec grande confiance, mais il a ete maintes fois reconnu insuffisant par les expérimentateurs et souvent absolument inefficace, notamment pour arrêter une épidémie de scarlatine ou de rougeole. Il paraît aujourd’hui avéré qu’il ne peut détruire les germes morbides et surtout leurs spores et que, dès lors, il ne saurait être employé que comme un moyen d’attente, un moyen provisoire. Aussi, comme il exige dans son emploi des précautions minutieuses et demandant un temps assez long, vaut-il mieux recourir d’emblée à la désinfection par les lavages antiseptiques déjà décrits.

Pour l’employer avec quelques chances de succès, il faut faire brûler 50 grammes de soufre concassé

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par mètre cube d’espace. Irritant et sentant mauvais, il ne peut être employé qu’après la maladie.

Formol (aldéhyde formique). Le formol ou aldéhyde formique est un désinfectant énergique qui pourra peut-être un jour réaliser la désinfection par les gaz encore vainement poursuivie, mais il ne paraît pouvoir être employé comme tel que grâce à des appareils spéciaux que de longtemps on ne trouvera pas partout. C’est ainsi qu’il est depuis quelque temps employé à Paris et dans quelques grandes villes (1).

(I) Plusieurs appareils portatifs et peu coûteux (brûleurs à plateaux garnis de grosse toile d’amiante et autres) ont donné lieu tout récemment à des essais qui ont paru démontrer la destruction des bacilles tuberculeux et diphtéritiques et des microbes de la suppuration par la vaporisation du formol. L’un d’eux brûle un liquide dit Holzine, composé de solution d’aldéhyde formique, 60 p. 100, dans alcool méthylique (espritde-bois) 40, avec une petite quantité de menthol (2 p. 100 environ). Le prix serait de 10 fr. le kilo environ et la quantité nécessaire serait de 3 centimètres cubes pour 1 mètre cube d’espace à désinfecter, soit 30 centimètres cubes ou 30 grammes environ pour 10 mètres cubes d’espace, soit deux cuillerées à bouche environ (une cuillerée à bouche contenant de 15 à 20 grammes).

La vaporisation est obtenue par la combustion d’un charbon à combustion lente, analogue, à ce point de vue, au charbon des chaufferettes, mais ne dégageant pas, est-il dit, d’oxyde de carbone.

La durée de l’opération serait de 3 heures. Si ces résultats étaient confirmés dans la pratique, il y aurait là un mode d’emploi facile et applicable en tous lieux de la désinfection par les gaz. L’avenir prononcera. Jusqu’à présent toutefois, il est bon de le répéter, le formol n’est qu’un désinfectant de surface et n’a pas encore donné la preuve qu’il puisse être considéré comme le désinfectant idéal qu’il peut être un jour.

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Il est vendu dans le commerce sous forme d’un liquide incolore, doué d’une odeur vive, âcre et piquante qui pénètre les étoffes et notamment les objets de literie dans lesquels elle se maintient pendant longtemps. Il durcit le cuir et il n’est pas certain qu’il ne détériore pas certaines étoffes. Il est dangereux à respirer.

La solution livrée au commerce contient 40 p. 100 de formol ; elle coûte 12 francs et plus le kilogramme (le litre). Étendue de 2 fois son poids d’eau et additionnée de sel de cuisine, elle sert à imbiber des linges qu'on suspend dans la pièce et qui y dégagent des vapeurs de formol.

Étendue de 10 fois son volume d'eau, elle est parfois employée dans la désinfection par lavage du mobilier hospitalier.

Mesures à prendre dans un appartement ou dans un hôtel particulier.

Supposons un malade dans un appartement assez vaste ou un hôtel particulier.

Dès qu'une maladie contagieuse est soupçonnée par l’entourage, il faut faire appeler le médecin et commencer, même avant son arrivée, l’isolement du malade, qui sera maintenu ou non suivant que le médecin aura reconnu ou non l’existence de la

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maladie soupçonnée, et prendre d’emblée toutes les précautions antiseptiques indiquées plus haut. Pour pratiquer l’isolement, il faut, en principe, faire choix pour le malade d’une chambre isolée ou retirée et indépendante des autres pièces, sauf, toutefois, d’un cabinet de toilette ou d’une pièce, antichambre ou autre, pouvant en tenir lieu. La chambre doit être suffisamment spacieuse, d’aération facile et munie d’une cheminée.

Tout ce qui est inutile et peut être enlevé avant même que le malade y ait pénétré : tentures, rideaux, tapis, meubles capitonnés, parce qu’ils deviendraient des réceptacles de microbes; les tableaux et objets d’art, parce qu’ils pourraient plus tard être détériorés lors de la désinfection qu’ils devraient subir. Toutefois, s’il est des tentures et des objets, garnitures de glaces en étoile ou autres de déplacement difficile, qu’on ne puisse ou ne veuille enlever, il faut les envelopper très exactement avec de la lustrine ou une étoffe de fil ou de coton lisse et bien tendue qu’on pourra éponger de temps à autre avec la solution antiseptique et qui protégera les étoffes ou objets placés au-dessous. On fera de même pour les tapis cloués qu’on ne pourrait ou ne voudrait enlever.

Gomme mobilier, la chambre du malade ne doit en principe contenir que les objets suivants:

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Le lit, qui sera de préférence un lit en fer, sans rideaux, placé en position de lit de milieu ;

Une table ordinaire en fer ou en bois, qu’on puisse laver ;

Un guéridon servant de table de nuit ;

Une ou deux chaises cannées ou recouvertes de molesquine;

Un grand vase ou seau en bois, en porcelaine, faïence ou tôle émaillée et une cuvette ;

Un fauteuil en molesquine ou en cuir, et au besoin, un lit recouvert d’un drap dans la journée, pour la garde-malade, peuvent être joints au mobilier indispensable. On peut aussi égayer un peu la pièce, dans laquelle le malade va être obligé de rester pendant longtemps dans l’isolement, en y mettant quelques objets sans valeur, qu’on brûlera après, quelques gravures à bon marché par exemple.

Le cabinet de toilette doit contenir tous les objets de toilette et de nettoyage nécessaires, mais rien que ceux-là.

Il doit être d’abord nettoyé de fond en comble, toutes les tablettes, tous les tiroirs étant vidés de leur contenu qui est porté ailleurs et toutes les tentures qu’il peut contenir étant enlevées, puis il est garni :

D’un pot à eau et de deux cuvettes;

De deux brocs et de deux seaux et d’un grand

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récipient quelconque, le tout en porcelaine, faïence métal émaillé ou bois ;

Dune à deux grosses brosses à mains communes, en bois et crin, d’un cure-ongles et d’un savon;

D’une brosse à tête, d’un peigne, d’un flacon d’eau de Cologne ou d’alcool.

Sur une table ou tablette spéciale, des serviettes de toilette et du linge de rechange pour le malade et pour son lit, le tout recouvert d’un linge ;

Suspendus à des crochets, des vêtements de toile, de fil ou de coton, sarraux ou grandes blouses et tabliers ;

Deux bonnets simples ou des foulards.

Avec cela, des chaussures de chambre, et, pour le nettoyage, un balai, une brosse, des éponges, des morceaux d’étoffe pour garnir le balai.

Le pot à eau et l’un des brocs contiendront de l’eau. Deux autres récipients seront garnis de l’une des solutions antiseptiques indiquées dans le cours de cet article.

Dans les deux seaux ou baquets destinés à recevoir les eaux de lavage et les linges enlevés au malade, il sera mis une petite quantité d’une des solutions antiseptiques. Sur tous les vases contenant de la solution antiseptique, on collera une grande étiquette (deux au besoin) sur laquelle seront écrits en gros caractères ces mots : poison, et au-dessous le nom

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de 1 antiseptique, sublimé, sulfate de cuivre ou autre.

La grosse brosse à ongles ainsi que le cure-ong’les sont particulièrement utiles parce qu’il se loge constamment sous les ongles des poussières qui, dans le cas de maladies contagieuses, peuvent en transporter le germe.

Le peigne et la brosse doivent être fréquemment trempés dans une solution antiseptique.

Les vêtements, sarraux ou blouses et tabliers sont destinés à remplacer ou à recouvrir les vêtements de dessus des personnes qui approchent le malade, afin qu’en sortant de sa chambre elles n’emportent pas sur leurs propres vêtements les germes de la maladie qui peuvent voltiger avec les poussières dans l’air de la chambre.

Les bonnets simples et foulards sont destinés à protéger les cheveux des femmes comme le sarrau protège leurs vêtements.

Le balai, la brosse et les éponges doivent rester à 1 usage exclusif de la chambre du malade et du cabinet ; ils n’en doivent pas sortir. Le balai sera de préférence un balai de crin, mais quel qu’il soit, il est bon qu’il soit recouvert, au moment de son emploi, d’un linge ou d’une étoile imbibée de solution antiseptique pour ne pas faire voltiger les poussières.

Après chaque nettoyage, balai, brosses et éponges

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doivent être trempés dans la solution antiseptique. Tout linge et tout objet en général ayant été apportés dans la chambre du malade et même dans le cabinet de toilette seulement, n’en doivent plus sortir sans avoir été désinfectés.

En même temps qu’on installe le cabinet de toilette, il faut songer aussi à la nécessité de désinfecter les latrines au cours de la maladie et placer dans les cabinets une cruche ou un broc dans lesquels on maintiendra constamment de la solution antiseptique forte (du sulfate de cuivre de préférence) dont on arrosera largement les matières avant de les jeter dans la fosse et, aussitôt après, la cuvette et les tuyaux.

C’est aux personnes qui soignent le malade à veiller avec une scrupuleuse attention à l’application de ces mesures indispensables pour éviter sûrement la contagion. C’est, en effet, de ces précautions que dépend la propagation ou la non-propagation de la maladie. C’est autour du malade, dans sa chambre, qu’il faut la confiner, l’emprisonner, l’étouffer.

Les personnes entourant le malade pouvant être directement contaminées et risquant de porter au dehors la contagion, doivent prendre, dans l’intérêt de tous aussi bien que dans leur intérêt propre, toutes les précautions individuelles nécessaires. Si elles les prennent, elles peuvent sans danger pour

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elles-mêmes soigner le malade et sans inconvénient pour les autres sortir de la chambre et du cabinet pour aller respirer l’air du dehors pendant une à deux heures par jour, ce qui est indispensable au point de vue de l’hygiène si la maladie est de quelque durée.

En arrivant dans la maison ou l’appartement du malade, la garde-malade laisse dans l’antichambre ou ailleurs les vêtements qui lui sont inutiles pendant sa garde, puis elle passe dans le cabinet de toilette contigu à la chambre, et se conforme dès lors aux instructions résumées dans le tableau ci-dessous, qu’elle aura soin de copier en caractères gros et lisibles et d’afficher en un point du cabinet de toilette où il soit en évidence.

INSTRUCTIONS ET CONSIGNE POUR LES GARDES-MALADES Avant d'entrer dans la chambre du malade.

1° Pie vêtir le sarrau ou la grande blouse recouvrant tous les vêtements et allant jusqu’aux pieds. A défaut de sarrau, le remplacer par une grande chemise fermée aux poignets et au cou et un grand tablier. Fermer les vêtements aux poignets et au cou;

2° Ramener les cheveux sous le bonnet ou le foulard pour les femmes, et, s’il y a lieu, sous une calotte pour les hommes;

3° Mettre les chaussures de chambre ;

4° Se laver et brosser les mains et les ongles au savon

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d’abord, puis à la solution antiseptique (sulfate de cuivre ou sublimé)1, puis enfin à l’eau de Cologne ou à l’alcool.

En sortant de la chambre du malade .

1° Se laver et brosser les mains au savon et à la solution antiseptique ;

2° Remplacer les chaussures de chambre par les chaussures ordinaires, après les avoir lavées avec de la solution antiseptique ;

3° Enlever le bonnet ou foulard;

4° Enlever le sarrau ou la blouse ;

5° Se laver la figure (pour les hommes se laver spécialement la barbe et passer sur les cheveux la brosse trempée dans le sublimé) et les mains au savon et au sublimé, en ayant soin de se bien brosser les ongles.

6° Plonger de nouveau les mains dans la solution antiseptique.

Les essuyer avec un linge propre et les sécher avec l’eau de Cologne ou l’alcool.

Visites. — En principe, un malade atteint d’une maladie contagieuse ne doit pas recevoir de visites, mais en réalité il est le plus souvent impossible d’obtenir qu’il en soit ainsi. Il faut donc savoir quelles obligations il faut imposer aux visiteurs. Le médecin, d’ailleurs, qui, lui, doit voir tous les jours le malade, s’y soumet et donne l’exemple.

Les instructions concernant les visiteurs doivent être affichées à côté de celles concernant les gardesmalades.

(1) Voir leur composition p. 78 et suivantes.

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