‹ Les maladies évitablesChapitre 44 sur 62 · TYPHUS · texte numérisé non relu

TYPHUS

chats, qui sont les agents directs de la contagion.

Typhus. — Le typhus est une maladie qu’engendre la misère et que propage la contagion. Elle sévit surtout sur les adultes. Il est contagieux pendant toute sa durée. Il se propage de proche en proche par l’atmosphère qui entoure immédiatement le malade, par la literie et les vêtements. Les germes morbides résident dans les organes respiratoires et sans doute aussi sur la peau ; aussi ce sont les crachats, les mucosités nasales, les pellicules d’épiderme qui les transportent au dehors et qu il faut surtout surveiller pour éviter la transmission de la maladie par leur intermédiaire. Les déjections du malade (excréments) paraissent en contenir aussi et entraîner la contagion. En temps de paix, le typhus est rare, mais il est transporté parfois cependant par les mendiants ambulants, les saltimbanques, les nomades divers.

Durée de la période de contagiosité après guérison : 15 à 20 jours.

Durée de la période d’incubation : 12 jours en général, parfois plus ou moins.

Précautions hygiéniques. — Isolement des malades et des suspects, large aération, crachoir avec antiseptique. — Précautions générales d antisepsie et de désinfection très strictement prises et suivies. — La garde doit sortir deux fois par jour (toutes les pré-

TUBERCULOSE

cautions indiquées étant prises) et ne doit pas coucher dans la chambre ; si elle y couche, elle doit coucher le plus loin possible du lit du malade et assurer l’entrée continue d’une certaine quantité d’air extérieur.

Tuberculose. — La contagion de la tuberculose se fait par les crachats . — Il faut pour l'éviter isoler et détruire les crachats. — La tuberculose est la maladie qui fait le plus de victimes. Elle cause encore aujourd’hui en France l/7e environ des décès. Elle est surtout fréquente dans les villes. C’est une maladie contagieuse, microbienne, évitable. Elle naît d’un microbe qui nous vient du dehors. Elle se propage généralement par la dissémination des crachats desséchés qui voltigent avec les poussières. Elle est guérissable dans un grand nombre de cas. Il ne faut donc pas la considérer comme fatale dans son origine et sa terminaison. On peut l’empêcher de se développer et on peut l’arrêter et l’entraver dans sa marche, et surtout dans sa propagation, mais il faut absolument pour cela que le malade s’y prête et il doit s’y prêter d’autant, mieux qu’en prenant les précautions nécessaires pour préserver ses semblables, il se met lui-même dans de meilleures conditions pour guérir.

Il ne faut pas confondre les mots tuberculose et phtisie. Celle-ci n’est que la conséquence éloignée

Yubërculose.

de ia tuberculose, et le tuberculeux peut y échapper, dans un grand nombre de cas, quand la tuberculose est reconnue et soignée au début.

L’agent spécial de transmission de la tuberculose est un microbe (bacille de Koch). Le tuberculeux n’est dangereux pour son entourage que par ses crachats qui contiennent un très grand nombre de ces microbes. Il ne l’est nullement par son haleine.

La tuberculose, comme toutes les autres maladies microbiennes, ne naît pas toute seule ; il faut deux conditions réunies : une graine et un terrain apte à la faire germer. La graine, c’est le bacille de Koch venu du dehors ; le terrain apte à la faire germer, c’est un organisme peu vigoureux ou prédisposé soit par l’hérédité, soit par des maladies, alcoolisme, diabète, grippe, bronchites, rougeole par exemple, soit par affaiblissement de l’organisme, tenant à la vie enfermée, au manque d’air et de propreté dans l’habitation, à l’excès de travail, à l’insuffisance de nourriture, à certaines professions. La graine sommeille souvent pendant un temps très long dans l’organisme et peut même n’y germer jamais, mais germe à peu près sûrement sous l’influence des causes ci-dessus.

Cette graine vient du dehors, sauf les cas, relatif Vement rares, d’hérédité directe. Elle est répandue partout dans l’entourage du tuberculeux qui crache, -

TUBERCULOSE

car ses crachais en sont pleins, et, desséchés, ils en livrent à l’air des quantités énormes qui voltigent sous forme de poussière. Aussi en trouve-t-on non seulement sur les parois des salles où vivent des tuberculeux crachant, mais dans l’arrière-gorge des personnes qui les entourent, prêts à envahir cellesci sous l’influence d’une des causes mentionnées plus haut.

La contagion est réelle, positive, démontrée par des expériences et des faits indéniables (1), il faut que chacun le sache, mais heureusement elle ne se

(1) On voit parfois, chez des employés de bureau ou des ouvriers, la famille épargnée parce que le malade, occupé hors de chez lui pendant toute la journée et n’y rentrant que le soir, n’y crache guère que le matin au réveil et alors il crache dans son vase de nuit, tandis que ses camarades sont pris parce que, pendant toute la journée, à l’atelier ou au bureau, il crache un peu partout.

M. Marfan, a cité un fait de contagion dans un bureau, particulièrement intéressant, instructif et attristant, et M. Lardier un fait semblable dans une école et il en existe beaucoup d’autres !

1° Un employé de bureau, tuberculeux, crache partout dans son bureau contenant 22 employés. En deux ans, sur ces 22 employés, 14 deviennent tuberculeux (il y avait là les deux conditions réunies : contagion et vie enfermée); le bureau, ayant été désinfecté et l’emploi du crachoir ayant été rendu obligatoire, il ne s’y est plus produit un seul cas de tuberculose.

2° Un maître d’école phtisique reste pendant deux ans en fonctions dans une école. Deux de ses adjoints meurent de phtisie aiguë ; trois élèves de sa classe sont pris de tuberculose. Les parents s’insurgent, on le déplace, et finalement, devant l’opposition de la population, on le met à la retraite. Tout cela eût pu être évité par l’emploi constant du crachoir.

TUBERCULOSE

fait pas aussi facilement et aussi rapidement que celle de beaucoup d’autres maladies contagieuses. Ün ne contracte pas la maladie en respirant le même air que le malade, en le soignant, en vivant auprès de lui, si on n’absorbe pas les poussières infectées par ses crachats desséchés. Aussi la tuberculose ne donne-t-elle pas lieu à des épidémies. Quand elle se produit dans la famille, ce n’est qu’à la longue, après une cohabitation prolongée, et pas toujours.

Sous ce rapport et sous bien d’autres, elle ressemble à la lèpre dont on s’est débarrassé en isolant les lépreux dans les léproseries, et il est certain qu’on se débarrasserait de la tuberculose en isolant absolument les tuberculeux qui crachent et en les empêchant ainsi de la semer avec leurs crachats.

Mais on ne saurait préconiser un semblable moyen quand on en possède d’efficaces, permettant au tuberculeux de vivre de la vie commune sans danger pour ceux qui l'entourent.

Précautions hygiéniques. — La tuberculose est la maladie des villes, des lieux encombrés, du manque d’air et de lumière, des locaux surpeuplés. Dans les organismes soumis à des influences néfastes, le microbe tuberculeux trouve d’excellentes conditions de développement, tandis qu’il trouve des conditions contraires dans des organismes soumis à des influences hygiéniques favorables ; la vie au grand

TUBERCULOSE

air est par cela meme la meilleure des précautions hygiéniques pour le tuberculeux. Elle est réalisée par le séjour à la campagne, à des hauteurs différentes suivant les cas, dans un air pur et en un lieu aussi ensoleillé que possible (dans ceux des établissements spéciaux, appelés sanatoriums , qui sont installés dans de bonnes conditions, par exemple).

Dans l’intérêt du malade aussi bien que dans Celui de l’entourage, il faut, sinon isoler le malade dans ces établissements, au moins isoler, désinfecter et détruire ses crachats qui le réinfectent sans cela Constamment et qui infectent les personnes qui les respirent avec l’air à l’état de poussières ou les absorbent avec leurs aliments. Il faut donc éviter avant tout que les crachats soient projetés partout où ils peuvent se dessécher, sur le sol de la chambre, autour du foyer, dans un mouchoir, dans un crachoir garni de sciure de bois ou autre corps léger, dans les voitures, sur le sol de la rue.

Toutes les expectorations pouvant contenir des microbes dangereux et celles des tuberculeux contenant le microbe particulièrement redoutable de la tuberculose, tout malade qui crache, qu’il ait de l’angine, de la bronchite simple ou de la. bronchite tuberculeuse, doit être muni, quand il sort, d’un crachoir 'portatif et avoir toujours chez lui à sa portée soit ce ■crachoir, soit un crachoir fixe placé de telle façon

TUBERCULOSE

qu’il crache dedans et non tout autour. Ces crachoirs doivent toujours être garnis de solution antiseptique forte, vidés deux fois par jour au moins dans les fosses d’aisances et lavés tous les jours à l’eau bouil-

Fig. 6. — Crachoir du Dr Petit.

lante additionnée de quelques cristaux de soude, 50 grammes environ pour un litre.

Quand il est fait usage de mouchoirs, ce qui est une pratique détestable au point de vue de l’hygiène, ils doivent être fréquemment changés et plongés aussitôt dans une solution antiseptique. Il en est de même de tout le linge de corps.

Dans son propre intérêt comme dans celui de son entourage, le tuberculeux doit de plus se soumettre aux obligations suivantes :

Occuper une chambre à part (ou tout au moins

TUBERCULOSE

un lit à part, s’il est impossible de lui réserver une pièce]. La chambre doit être à cheminée, sans rideaux ni ornements inutiles. Ses fenêtres doivent être largement ouvertes plusieurs fois par jour. Elle doit être tenue très propre, fréquemment lavée et essuyée sans jamais être balayée à sec ni époussetée. Elle doit être désinfectée par des lavages antiseptiques portant sur tous les points, tous les deux à trois mois si le malade l’occupe seul, tous les quinze jours s’il l’occupe avec une autre personne.

Le malade doit se laver fréquemment les mains, la figure (moustache et barbe surtout), la bouche, le nez avec des solutions antiseptiques, et se laver toujours les mains avant les repas.

En dehors des crachats, il est d’autres déjections du malade qui contiennent des bacilles tuberculeux: cè sont : le pus provenant de diverses lésions, suppurations osseuses, tumeurs blanches, abcès froids, ganglions scrofuleux ; les matières fécales provenant d’ün intestin atteint d’ulcérations tuberculeuses ; les urines provenant d’un rein ou d’une vessie présentant les rîiêmes lésions. Des mesures d’antisepsie et de désinfection doivent être prises vis-à-vis de ces déjections comme vis-à-vis des crachats.

La pénétration des germes tuberculeux se fait spécialement par les voies respiratoires; ce sont elles qu’on doitle plus soigner quandon est prédisposé àcon-

TUBERCULOSE

tracter la tuberculose soit par hérédité, soit par suite de maladie, soit par cohabitation avec un tuberculeux.

Mais la pénétration des germes se fait aussi par les voies digestives dans lesquelles ils sont portés avec certains aliments, le lait et les viandes notamment.

Le lait provenant de vaches tuberculeuses tue un grand nombre d’enfants ; le remède est la stérilisation dii lait.

Les viandes tuberculeuses doivent être rejetées de la cbnsonlmation .

Les enfants nés de tuberculeux ne doivent par être élevés au contact dti malade ; si la mère est tuberculeuse, ils ue doivent pas être allaités par elle: ils doivent être, autant que possible; envoyés en nbUVHce à la campagne. Si cela ne se peut et si la mère est tuberculeuse, ils doivent être nourris au lait stérilisé. Les enfants un peü plus âgés présentant qdelques indices de tuberculose évitent la phtisie par un séjour plus bu moins long dans les colonies sanitaires du bord de la mer (1), et plus tard dans

(1) Ces établissements dits sanatoriums pour enfants et adolescents, établis sur les bords de la mer, ont donné d’excellents résultats : augmentation considérable de poids dès les premiers mois du séjour (Àrmàingand) ; 70,7 p. 100 de guérisons auxquelles il faut ajouter 8 p. 100 d’améliorations, à Banyuls-sur- Mer; 74,51 p. 100 de guérisons, plus 11,76 p. 100 d’améliorations à Cannes (De ValCourt).

Les sanatoriums pour adultes donnent aussi de très bons résultats, mais les grandes différences de gravité des cas traités ne permettent pas d'établir de statistiques semblables aux précé-

TUBERCULOSE

les colonies ou dans les établissements spéciaux établis sur des montagnes plus ou moins hautes où l’air est particulièrement pur et l’atmosphère particulièrement limpide.

Plus tard, ils doivent être dirigés vers des carrières ou des occupations ne nécessitant pas la vie enfer- ; mée, n’exposant pas à absorber des poussières, mais leur permettant la vie au grand air ou même les y j obligeant. La vie des champs leur est très favorable ; le travail dans les manufactures leur est fatal.

Certains animaux deviennent fréquemment tuberculeux ; tels les vaches, les bœufs, les chevaux, les oiseaux, les chats, les chiens ; ils peuvent communiquer la tuberculose ; la vache par le lait ; la vache, le bœuf, le cheval, les oiseaux par la viande mangée peu cuite, par le séjour prolongé dans les étables, dans lesquelles se dessèche et voltige le microbe expulsé par le jetage de ces animaux, les chats par le jetage dans les pièces habitées ; il y a lieu de les isoler ou de les détruire dès qu’ils présentent des signes de tuberculose, car ils deviennent un danger pour l’homme et pour l’enfant surtout.

Se rappeler surtout que la contagion de la tuberculose se fait par les crachats et que le meilleur moyen de V empêcher est de les isoler et de les détruire.

dentes, car, à côté de simples tuberculeux, on y soigne souvent des tuberculeux arrivés déjà à un degré de phtisie très avancé.

Page 1