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MORVE ET FARCIN

Morve et fa rein. — La morve est virulente et contagieuse. Le farcin n’est que la manifestation extérieure de la morve. Elle est communiquée à l’homme par le cheval, l’âne, le mulet. Elle se propage par le jetage (écoulement par le nez) des animaux morveux et par le pus des plaies et abcès dits farcineux qu’ils ne tardent pas à présenter. Elle peut naître par infection, mais elle résulte le plus souvent d’une inoculation par une plaie, piqûre, égratignure de la peau ou par les muqueuses.

Les agents habituels de transmission sont les animaux eux-mêmes, les couvertures, les harnachements, les écuries, mangeoires, râteliers et la paille de litière, et après abatage des animaux, leur peau et leurs crins.

La morve atteint surtout les palefreniers, les équarrisseurs, les vétérinaires, les tanneurs.

Précautions hygiéniques. — Abatage immédiat de l’animal morveux et enfouissement très profond en recouvrant le cadavre de chaux vive. — Désinfection absolue des locaux. Destruction par le feu de la paille de litière. — Pendant toutes ces opérations, précautions antiseptiques sévères comme pendant la vie de l’animal reconnu malade. — Protéger surtout les mains, recouvrir les écorchures de collodion, ne pas porter les mains au visage et surtout au nez, à la bouche, aux yeux. — Laver fré-

PSITTACOSE.

quemment le visage comme les mains avec la solution antiseptique.

La viande d’animaux morts de la morve et du charbon ou abattus comme suspects de ces maladies, ne doit jamais être mangée, ni donnée à manger à d’autres animaux.

b) Maladies se développant par contagion , sans inoculation proprement dite.

La tuberculose , la diphtérie , dont il a été parlé, se rencontrent chez des animaux et peuvent se transmettre des animaux à l’homme.

Psittacose ou maladie des perruches infectieuses. — La psittacose est une maladie microbienne, infectieuse, transmise à l’homme par les perroquets et les perruches. — Elle affecte l’allure de la pneumonie infectieuse ou de la fièvre typhoïde et en a toute la gravité. Elle sévit sur les individus de tout âge, mais est surtout grave chez les adultes et les individus âgés, — son agent spécial est un microbe, un bacille (découvert par Nocard).

C’est tout particulièrement par les selles des perruches et perroquets qu’il est éliminé et transporté de l’animal à l’homme. Les matières souillent les plumes, se dessèchent et se répandent ensuite à l’état dépoussiéré qui transporte la maladie.

Les personnes soignant les oiseaux malades con-

PSITTACOSE.

tractent et transportent parfois le germe cle la maladie.

La période d’incubation parait être de quelques jours, six à dix environ. — La virulence du bacille persiste longtemps, même après lamort de ranimai.

Précautions hygiéniques. — Ne jamais conserver des oiseaux et spécialement des perroquets et perruches dans les chambres à coucher.

Prendre à l’égard des animaux et de leur cage toutes les précautions d’isolement et d’antisepsie générale recommandées, dès que l’un d’eux paraît malade, qu’il est triste, qu’il mange mal, qu’il a la plume hérissée, qu’il a de la diarrhée.

Éviter surtout que ses excréments ne se dessèchent et se répandent, ne pas toucher à l’oiseau sans se laver après, avec une solution antiseptique et surtout ne pas lui donner à manger de bouche à bec et chercher à le réchauffer en le mettant à son contact.

En cas de mort, brûler le corps et désinfecter la cage ou le perchoir à fond ou mieux les brûler.

A toutes ces précautions la destruction immédiate de l’oiseau malade et la désinfection ou destruction par le feu de la cage ou du perchoir sont encore préférables.

Les animaux, les insectes surtout, sont assez souvent les agents de transport et de transmission,

MALADIES PARASITAIRES EXTERNES

par inoculation ou autrement, des diverses maladies contagieuses : charbon, morve et farcin, tuberculose, cancer, ophtalmie ; il est bon de le rappeler ici et de recommander les mesures de précaution que comporte cette constatation.

§ 5. — Maladies parasitaires.

Maladies parasitaires. — A côté des maladies transmissibles par des microbes transportés par l’air ou par les excrétions des malades, il en est d’autres qui se transmettent les unes par le contact d’un malade ou des objets à son usag'e, les autres par l’alimentation et qui sont dues à des parasites plus gros et plus facilement reconnaissables. Ce sont les maladies dites parasitaires. Les premières, que nous appellerons maladies parasitaires externes , rentrent dans cette catégorie des maladies évitables qu’on peut appeler les maladies de saleté ; ce sont surtout la gale et les teignes (farcin, herpès tonsurants et sycosis, pelade).

Maladies parasitaires externes. —La gale est due à la présence et à la multiplication dans l’épiderme d’un parasite (sarcopte) qui y trace des sillons visibles à l’œil nu et provoque des démangeaisons très vives et des éruptions dues en partie au grattage qu’entraînent celles-ci.

MALADIES PARASITAIRES EXTERNES

Elle se contracte par un contact prolongé, nuit passée à côté d’un galeux par exemple, et d autant plus facilement que l’individu se tient moins propre.

Précautions hygiéniques. — Propreté scrupuleuse. — Éviter le contact des galeux et des objets à leur usage. Après le traitement (par le soufre, le baume du Pérou, le pétrole ou le sublimé), désinfecter tous les vêtements, linges de corps et de couchage par les vapeurs de soufre brûlé.

Teignes. — Les teignes sont des maladies des poils et de la partie de la peau qui les engendre. Elles s’observent spécialement au cuir chevelu et à la peau et font tomber par plaques les cheveux ou la barbe. Elles sont causées par des parasites végétaux, des champignons.

Elles sont caractérisées par des éruptions et des pertes de poils circonscrites, plus ou moins étendues, de forme circulaire, avec délimitation généralement nette entre la partie malade et la partie saine.

Les teignes ne guérissent que lentement et sont sujettes à récidives. Si elles ne sont pas soignées, les cheveux ou poils ne repoussent pas. Elles sont essentiellement contagieuses pendant toute leur durée. Les individus malingres, mal soignés, malpropres, les contractent beaucoup plus facilement que les autres. Les enfants y sont beaucoup plus sujets que les adultes.

MALADIES PARASITAIRES INTERNES

Précautions hygiéniques. — Propreté scrupuleuse. — Eloig-ner le teigneux des autres enfants. — Eviter qu’il prête sa coiffure à un camarade et qu’il ne prenne celle d’un autre et, pour plus de sûreté, dans son intérêt et dans celui de l’entourage, lui raser la tête et la couvrir d’un bonnet ou d’un emplâtre prescrit par le médecin.

Désinfecter les vêtements, la coiffure surtout, par des lavages antiseptiques fréquents.

A Vécole. — Renvoyer le teigneux et désinfecter tous les objets à son usage, notamment : vêtements de classe, porte manteau, bureau. Faire, pendant quelques jours, laver tous les jours la tête de ses voisins avec une solution antiseptique et désinfecter les coiffures de tous les élèves.

Un grand nombre de maladies de la peau, teignes et autres, sont transmises par les coiffeurs et leurs instruments : brosses, ciseaux, rasoirs, etc. Le public doit exiger d’eux qu’ils désinfectent ces objets par des lavages désinfectants ou par la chaleur.

Maladies parasitaires internes. — Les maladies parasitaires internes sont dues à la présence d’animaux (dits entozoaires), particulièrement de vers dans le corps de l’homme.

Les principaux de ces vers sont :

1° Les grands vers cylindriques rosés ou jaunâtres, semblables aux grands vers de terre, qu’on appelle

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les lombrics (ascarides lombricoïdes) et qu’on trouve parfois très nombreux dans les selles des enfants. Ils habitent les intestins ;

2° Les oxyures vermiculaires, les plus petits vers de l’homme (longs de 3 à 10 millimètres), qui se montrent surtout chez les enfants où ils habitent la partie la plus inférieure de l’intestin et le pourtour de l’anus, et de là gagnent parfois les parties voisines où ils causent, comme à l’anus, de très pénibles démangeaisons ;

3° Les tænias, dits vers solitaires, qui, suivant qu’ils sont à l’état d’œuf, de larve ou de ver, habitent la chair des animaux et de l’homme et l’intestin de l’homme et qui se présentent sous l’aspect d’un ruban de fil blanchâtre de quelques millimètres à un centimètre de largeur et formé d’anneaux de cinq millimètres environ de hauteur, soudés les uns aux autres pour former une longueur totale de 5 à 6 mètres, parfois même de 20 à 40 mètres ;

4° Les trichines, qui habitent passagèrement les intestins de l’homme, et peu après sa chair, ses muscles, et qui causent des accidents graves.

Ces vers, quels qu’ils soient, ne se forment pas de toutes pièces dans le corps humain, ils viennent du dehors à l’état d’œufs ou à l’état d’embryons.

Les lombrics proviennent de l’eau employée en boisson, des eaux stagnantes principalement et de

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l’eau des puits dans lesquelles il y a des infiltrations de déjections humaines. Ils proviennent aussi des fruits et légumes qui ont été arrosés avec ces eaux et qui sont mangés crus.

Les oxyures ont la même provenance que les lombrics et se propagent comme eux, par l’eau et les aliments, mais aussi par contagion. Ils se réveillent à la chaleur du lit et peuvent alors atteindre une personne partageant le lit d’une autre qui en est atteinte.

Les trichines sont apportées par la chair du porc, chez qui elles sont assez fréquentes, surtout dans certains pays étrangers, l’Allemagne en particulier. Elles résistent à un froid intense et à la chaleur à laquelle est habituellement soumis un jambon pour sa cuisson. Elles restent vivantes pendant longtemps ; elles causent des accidents très graves et souvent la mort.

Cysticerques et échinocoques. — Les cysticerques et les échinocoques sont des larves de tænia, mais de deux tænias différents. Ils proviennent des animaux et pénètrent dans le corps de l’homme ou des animaux à l’état d’œufs (œufs des tænias), qui sont introduits dans les voies digestives, soit avec la chair même des animaux malades, soit avec l’eau, les fruits et légumes non cuits qui en contiennent accidentellement.

MALADIES PARASITAIRES INTERNES

Ces œufs ainsi portés dans l’intestin s’y transforment en larves qui traversent ses parois et cheminent dans l’organisme pour se fixer enfin sur un point quelconque (1).

Une fois dans les tissus, les cysticerques et les échinocoques y causent des accidents semblables, plus ou moins graves suivant l’organe atteint, mais avec cette différence que les échinocoques, jouissant de la propriété de pouvoir se reproduire, donnent lieu à la formation de tumeurs assez fréquentes et souvent dangereuses qu’on appelle des kystes hydatiques. Ces kystes se développent souvent dans le foie.

Le cysticerque nous vient spécialement du porc, très sujet au tænia et, par lui, de sa chair mangée crue ou peu cuite, ainsi que de l’eau, des fruits et des légumes souillés par ses déjections.

L’échinocoque nous vient du chien. Le chien est en effet très sujet à une espèce particulière de tænia (tænia échinocoque) qui sème partout les œufs d’où naissent en nous les échinocoques (2).

C’est avec l’eau, les fruits et les légumes souillés que ces œufs pénètrent en nous.

(1) Ces larves ne deviennent plus tard des vers que si elles sont ingérées par un autre animal et portées ainsi avec les aliments dans son intestin.

(2) Les chiens prennent ce ver en avalant la chair crue de mouton ou du bœuf qui contient souvent des échinocoques, lesquels, dans l’intestin du chien, se transforment en tænia échinocoque, dernier terme de leur développement.

MALADIES PARASITAIRES INTERNÉS

Tænùi. — Le tænia est le dernier terme d’évolution de la larve appelée cysticerque. Il se développe dans l’intestin par transformation de celle-ci, et celle-ci est portée dans l’intestin par la viande crue ou insuffisamment cuite du porc (porc dit ladre), et aussi, pour certains tænias, par la viande crue ou peu cuite du bœuf, du veau et de certains poissons.

Précautions hygiéniques. — Les précautions hygiéniques à prendre pour éviter ces diverses espèces de vers consistent donc en : eau pure (eau de source, eau filtrée, eau bouillie, suivant les circonstances). — Grand lavage de tous fruits et légumes touchant au sol ou l’avoisinant, — viandes bien choisies et suffisamment cuites, surtout pour la charcuterie.

Traitement des chiens ayant le tænia, et précautions spéciales de propreté à l’égard des fruits et légumes, s’il y a dans le voisinage des chiens atteints de tænia.

§ G. — De quelques maladies transmissibles de

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