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CHAPITRE VII

STATISTIQUES COMPARANT LA MORBIDITÉ ET LA MOR- TALITÉ SUIVANT LES PROGRÈS DE L'HYGIÈNE. — MALADIES ÉVITABLES ET DÉPOPULATION.

Il ne suffit pas de dire que l’homme peut éviter les maladies infectieuses, qu'il n’a qu'à vouloir se préserver, pour échapper à la fièvre typhoïde, à la tuberculose, au choléra; il ne suffit pas de dire que l’eau, l'air, le sol, les aliments doivent être surveillés et rendus salubres ; il faut encore prouver que dès qu’une nouvelle mesure hygiénique est mise en vigueur, dès que les premiers principes d'hygiène pénètrent dans un pays, dans une classe de la société, aussitôt la morbidité et la mortalité diminuent. C’est là un encouragement prouvant que l’on est dans la bonne voie et qu’en améliorant chaque jour davantage la salubrité des milieux environnants, on préservera les organismes contre les agents infectieux.

« Les villes qui ont consenti à appliquer avec méthode les procédés d'assainissement, ont vu presque complètement disparaître les maladies évitables, » a

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dit M. le Professeur Brouardel à l'Exposition d’hygiène (1).

En effet, si l’on jette un coup d’œil sur les statistiques de morbidité et de mortalité des principales villes d'Europe, on constate que la morbidité et la mortalité décroissent en raison inverse de l'augmentation des travaux de salubrité et de l'application des mesures sanitaires. Les pays où les règlements sanitaires sont le plus anciennement et le plus énergiquement appliqués sont aussi ceux où la mortalité s’est abaissée à son taux le moins élevé; et dès qu’un pays donne de l'extension à l'hygiène publique, surveille les différents éléments de contagion, aussitôt une amélioration dans la santé publique se fait sentir.

Ainsi la mortalité par maladies transmissibles s’est abaissée à Bruxelles, dès les premiers mois qui ont suivi la création du bureau d'hygiène.

En Italie, de 1864 à 1870, la mortalité par maladies contagieuses était de 30,2 p. 1000; depuis la miseen vigueur de la loi sanitaire qui organisait la prophylaxie des maladies microbiennes dans tout leroyaume, la mortalité est tombée à 27,3.

En Espagne au contraire, où l’on commence seulement à décider des mesures sanitaires dans les grandes villes, et où plusieurs contrées méconnaissent encore tout à fait l'hygiène prophylactique, la morta-

(1) Brouardel, Discours à l'inauguration de l'Exposition d'hygiène (Ann. d’hyg., 1895, t. XXXIV, p. 96).

lité ne varie pas et se maintient toujours à 30 p. 1000. Or, précisément, l'Espagne et l'Italie se trouvent dans des conditions analogues de latitude: ces deux pays avaient autrefois la même moyenne de mortalité ; elle a diminué dans celui des deux où l'hygiène a été introduite; elle est restée stationnaire dans l’autre ; il faut donc attribuer aux mesures sanitaires la différence de mortalité, puisque, tout restant égal dans l’un et dans l’autre, l'hygiène a été la seule modification.

Des villes comme Saint-Pétersbourg, Budapesth, qui ont été longtemps les villes les plus insalubres de l’Europe, se sont transformées complètement sous l'influence des progrès de l'hygiène et ont maintenant une mortalité comparable à celle des autres villes de l'Europe.

La ville de Vienne, en Autriche, ne connaît plus la fièvre typhoïde depuis sa nouvelle canalisation des eaux (Springer).

La ville de Paris possède aujourd'hui une organisation sanitaire et les effets en sont déjà très appréciables. La loi du 30 novembre 1892, qui rend obligatoires la déclaration d’un certain nombre de maladies confagieuses et la désinfection consécutive, porte ses fruits, puisque, dans une communication à la Société de médecine publique et d'hygiène professionnelle (22 -janvier 1896) M. A.-J. Martin a constaté que la mortalité a diminué à Paris, et cette diminu-

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