‹ Les Maladies ÉvitablesChapitre 36 sur 41 · L'HYGIÈNE BIEN APPLIQUÉE · texte numérisé non relu

L'HYGIÈNE BIEN APPLIQUÉE

tu veux la santé, prépare la lutte contre les bacilles. » L'organisme doit être en état de perpétuelle défense, car dès qu'il faiblit, le bacille triomphe. De là en outre la nécessité, en temps d’épidémie, de rendre l'alimentation plus tonique pour augmenter le taux de la vitalité.

2° Il faut combattre le germe ; il n’est pas nécessaire de le tuer, il suffit de le rendre impuissant et incapable de se développer; l'assainissement de l'air et du sol, l'usage d'une eau potable organiquement et microorganiquement, la surveillance des aliments, tant au point de vue des falsifications que des contaminations, permettront d'obtenir ce résultat.

Toutefois la prophylaxie du terrain seule, comme la prophylaxie du germe seule, resteront inefficaces ; il faut les pratiquer l’une et l’autre à la fois. « L'incendie n’est pas proportionné à l’étincelle qui lui a donné naissance, mais à la combustibilité et à l’agglomération de matières qu’elle rencontre. » La combustibilité et l’agglomération de matières sont en raison de l’état du terrain et des milieux ambiants. Si le terrain est mauvais, si l’air est vicié, si l'eau est contaminée, le germe, trouvant autour de lui toutes les circonstances favorables à son développement, sera très redoutable; si au contraire le terrain est bon, l'air sain, l’eau pure, le germe, réduit à ses propres forces, rencontrant de tous côtés des obstacles à son action, ne pourra rien, il sera inoffensif, Aussi, comme

l'a dit M. le Professeur Brouardel, « les cités qui seront pourvues d’eau pure, qui auront des maisons propres et dont les déjections seront enlevées sans contact possible avec l’air et l’eau, n’auront rien à redouter des épidémies, elles seront de roc, et les germes morbides mourront sur leur sol. On pourra mesurer le degré de civilisation d'un peuple au nombre de décès causés par la fièvre typhoïde, la variole, la tuberculose, en un mot par les maladies évitables. »

Enfin, en finissant cette étude sur les maladies évitables, il est nécessaire de constater le rôle prépondérant que prend l'hygiène dans les sociciés actuelles, puisque c’est grâce à l’hygiène, hygiène du terrain, hygiène des milieux, que nous avons l'espoir d’échap per aux maladies dites évitables.

L'hygiène est une science d'hier, car elle n’a véritablement pris place parmi les sciences médicales que depuis quelques années. Il y a trente ans, C’élait une science accessoire de la médecine, les chaires d'hygiène ne possédaient en province aucun titulaire. Les temps sont changés: non seulement les chaires d'hygiène ont des titulaires, mais tous les médecins actuels ne doivent plus être seulement des pathologistes et des thérapeutes, luttant contre des symptômes, ils doivent être en outre des hygiénistes, prévenant l'apparition des symptômes.

Actuellement le médecin civil n’est encore appelé d'ordinaire que par un client déjà malade; il est un

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