A. — TRAITEMENT DE LA DYSPEPSIE ORGANIQUE PARTIELLE
Lorsque l’insuffisance alimentaire porte sur un des éléments alimentaires ou plutôt, comme il vaudrait mieux dire, principalement sur un de ces éléments, car même partielle, l’insuffisance touche la digestion tout entière, le résidu alimentaire qui en résulte et qui va devenir la proie des microbes et des ferments du tube digestif donnera lieu suivant sa nature chimique à des produits variables de décomposition.
Ces produits toxiques vont à leur tour exercer sur l’organisme une action particulière qui se manifestera par un tableau clinique spécial et ce tableau clinique ne se modifiera qu’avec la disparition de ce meme résidu alimentaire qui l’avait provoqué.
Il en résulte que dès que nous aurons trouvé et enlevé le résidu alimentaire coupable^ tous les symptômes de la dyspepsie partielle s’évanouiront.
Mais pour obtenir non pas seulement une guérison apparente m.ais bien une réparation du bébé^ il faut enlever l’élément coupable longtemps, quelquefois même pour un temps qui peut se prolonger pendant des semaines et même des mois.
Il faut en effet, dans la grande majorité des cas, ce long espace de temps pour remettre l’enfant qui n’est plus intoxiqué dans la possibilité de se rétablir et de compenser son insuffisance alimentaire.
Or, cette réparation ne redeviendra complète qu’à la condition que le bébé reçoive une nourriture de valeur calorifique suffisante pour qu’il puisse refaire et remplacer les cellules déficientes et insuffisantes.
En résumé, le traitement de la dyspepsie partielle a donc pour but d’éviter toute formation de résidus alimentaires fermentescibles dans l’intestin du bébé. Aussi présente-t-il deux indications précises :
a) Diminuer dans la nourriture l’élément INDIGÉRÉ ET FERMENTESCIBLE, MAIS SEU- LEMENT* jusqu’au NIVEAU DE SA LIMITE DE TOLÉRANCE.
h) Satisfaire au besoin calorifique du
BÉBÉ QUI EST DE 100 CALORIES PAR KILOGRAMME- AGE, EN SUBSTITUANT AUX CALORIES INDIGÉ- RÉES, ET PAR CONSÉQUENT SUPPRIMÉES, UNE QUANTITÉ ÉQUIVALENTE DE CALORIES PRISES DANS LES AUTRES ÉLÉMENTS ALIMENTAIRES QUE LE BÉBÉ DIGERE.
Nous disons /cf/ogmmwe-dge et non kilogrammepoids^ car ces enfants sont presque tous très audessous du poids qu’ils devraient avoir, il ne faut donc pas, chez eux, calculer les calories d’après leur poids réel, mais d’après le poids normal qu'ils devraient avoir d après leur âge^ ce qui est très différent et important pour les calculs.
Ces deux postulats seront très différemment solutionnés suivant l’élément alimentaire qui
n’est pas toléré : albumine, graisses ou hydrocarbones.
Nous aurons donc à diviser notre étude du traitement des dyspepsies partielles en deux études distinctes :
Le traitement de la dyspepsie albumineuse ;
2° Le traitement de la dyspepsie toxique ou hydrocarbonée.
|o TRAITEMENT DE LA DYSPEPSIE ALBUMINEUSE.
Clinique.
Cette dyspepsie se caractérise cliniquement par de l’anémie, de la faiblesse musculaire, et surtout par un retard caractéristique des croissances pondérale et staturale, par un retard de croissance des dents et des ongles, enfin par des selles alcalines blanches ou pâles, grumeleuses, panachées, contenant des flocons blancs ou jaunes, formés de caséine et de savons gras alcalino-terreux.
Biologie.
Au point de vue biologique, on constate dans cette dyspepsie :
DYSPEPSIE albumineuse
lo Une diminution de tolérance pour l’albumine qui se retrouve dans les selles à l’état indigéré (Talbot, Ufîenheimer) et y cause une réaction alcaline.
Hydrocai'bones.
Sels alcalins.
Albumine.
Graisse.
Sels alcalinoterreux.
Fig. 33. — Limites de tolérance de la dyspepsie
albumineuse
• Il
2® Une légère diminution de tolérance POUR LES GRAISSES, leur utiüsation tombant de 94 p. 100 à 85 p. 100 (Bahrdt).
Les graisses sont éliminées de l’intestin grâce à la réaction alcaline, sous forme de savons gras de chaux et magnésie (Freund) qui augmentent de 18 p. 100 qui est la normale à 48 p. 100 (Bahrdt).
3® Une perte de sels alcalino-terreux de chaux et magnésie entraînés dans les selles par les acides gras intestinaux qu’ils doivent neutraliser.
40 Une tolérance normale pour les sels alcalins ;
5° Une tolérance parfaite pour les HYDROCARBONES qui, lorsqu’ils sont donnés en quantités suffisantes, neutralisent la réaction alcaline de la caséine grâce à leur propre réaction acide et font disparaître les savons gras des selles.
Indications thérapeutiques.
En présence de cette intolérance de la caséine, de la graisse et des sels alcalino-terreux et de cette parfaite tolérance des hydrocarbones et des sels alcalins nous devons dans la nourriture du bébé :
1° Diminuer la caséine et la graisse ;
2^ Augmenter les hydrocarbones au prorata de la ration calorifique indispensable.