LES
DYSTROPHIES INTESTINALES AIGUËS
DU
PRÉFACE
Les maladies gastro-intestinales du nourrisson ont depuis longtemps attiré l’attention des médecins, car ce sont elles surtout qui causent la mortalité si effrayante de l’enfant pendant la première année de sa vie. Aussi les travaux qui s’occupent de l’étiologie, de la pathogénie et du traitement de ces affections sont-ils extrêmement nombreux sans que l’on puisse prétendre que les résultats obtenus soient en rapport avec la somme énorme de travail qui y est condensée. Nous ne nous attarderons donc pas à énumérer et à discuter toutes les innombrables recherches publiées jusqu’à ce jour sur le traitement des maladies gastro-intes-
CoMBE. — Mal. gastro-intestinales. 1
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tinales des nourrissons ; nous nous contenterons d’en résumer les principales, tout en insistant plus particulièrement sur notre méthode personnelle de traitement qu’une pratique de bientôt vingt-cinq ans nous a permis peu à peu d’édifier en nous appuyant sur les travaux des pédiatres étrangers et sur nos propres recherches et expériences.
Placée par sa situation géographique entre les écoles française, allemande, autrichienne et italienne, étudiant dans leurs universités, suivant leurs congrès et lisant leurs travaux, l’école suisse, qui ne connaît pas de nationalisme scientifique, a le grand avantage de pouvoir avec éclectisme puiser dans tous les enseignements ceux qui lui paraissent les meilleurs sans s’occuper de quel pays ils lui viennent ni de quelle école ils émanent.
Aussi, après avoir passé par lathéoriesolidiste de notre maître Widerhofer, de Vienne, après avoir étudié les théories infectieuses de l’école américaine et toxi-infectieuse de l’école française, tendons-nous de plus en plus à nous rapprocher de la théorie humorale fondée par Czerny de Strasbourg et développée par les beaux travaux de Finkelstein de Berlin,
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travaux trop peu connus en France et que nous sommes très heureux de pouvoir vulgariser dans ce travail. En effet, ces pédiatres éminents unissent l’esprit le plus sagace et le plus observateur des meilleurs cliniciens aux connaissances les plus étendues du biologiste, du chimiste et du physico-chimiste.
Nous en arrivons de plus en plus à conclure, qu’à côté des infections microbiennes avec leurs intoxications secondaires^ nous devons faire, comme Czerny et Finkelstein l’enseignent, une place de plus en plus importante aux
INTOXICATIONS d’ORIGINE ALIMENTAIRE, OraÛS
auto-intoxications^ dont le rôle devient de plus en plus évident à mesure que l’on pénètre plus avant dans les connaissances de la chimie biologique, intestinale et métabolique.
Ce second groupe de causes est, en effet, de beaucoup le plus important^ contrairement à ce que l’on a cru pendant longtemps, suggestionnés qu’étaient médecins et public par les si brillantes découvertes de la bactériologie moderne.
Personne ne songe à nier que l’étude de la bactériologie n’ait été profitable à la pédiatrie comme aux autres branches de la médecine ; aussi devons-nous en diététique infantile nous
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conformer strictement à son enseignement et observer les règles de Vasepsie la plus rigoureuse. Nous savons et nous devons enseigner qu’un lait gâté ou adultéré par les microbes est nuisible au même taux que les autres aliments avariés et qu’il peut causer des intoxications graves et importantes. Nous enseignerons que la coction et la stérilisation du lait le débarrassent de la plupart des microbes et que l’on ne doit donner aux nourrissons qu’un lait provenant de vaches saines, nourries hygiéniquement, traites proprement, en plein air ou dans des étables bien aérées ; nous continuerons à enseigner que ce lait doit être de suite refroidi et maintenu au frais pendant le transport et stérilisé ou pasteurisé de suite à l’arrivée et donné à l’enfant dans des bouteilles stérilisées et avec des bouts de gomme aseptiques.
Il est certain que toutes ces coûteuses manipulations que la population pauvre peut heureusement trouver dans les Gouttes de lait sont utiles et qù’il faut les prendre, car on évitera ainsi une partie des entérites glaireuses qui sont certainement d’origine infectieuse ; celles tout au moins qui sont d’origine exogène.
Mais il serait erroné de croire, et les faits
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sont là pour le démontrer, qu’avec ces précautions on arrivera à supprimer les maladies gastro -intest ira Ides nourrissons, car on n’en supprime ue la plus petite, que la plus minime partie.
Les autres, et voilà sur quoi il faut insister dans notre enseignement, les principales parmi les maladies gastro-intestinales du nourrisson, ne sont en effet pas d'origine infectieuse.
Elles sont causées par V alimentation et les méthodes alimentaires ; elles n’ont rien à voir avec les microbes qui n’agissent dans ces cas que secondairement. Aussi n’est-il pas exact de décrire toutes les maladies gastro-intestinales du nourrisson sous le nom de toxi- infections, et cela d’autant plus que les recherches des pédiatres allemands de ces dix dernières années ont démontré que les troubles morbides produits par ces intoxications, bien loin de se localiser sur l’intestin, se généralisent à l’organisme tout entier et méritent non pas le nom d’affections gastro-intestinales, mais bien le nom de troubles de la nutrition, Ernàhrungst'ôrungen, que Gzerny a proposé et que nous désignons à notre clinique depuis bien des années sous le nom de Dystrophies intestinales.
PRÉFACE
Ces dystrophies, intestinales, suivant les causes qui les engendrent, sont rapides et présentent tous les caractères d’une intoxication aiguë : ce sont les dystrophies intestinales aiguës du nourrisson dont nous nous occuperons exclusivement dans ce travail.
Mais il en existe d’autres à évolution beaucoup plus lente et qui se présentent d’emblée, comme des troubles de nutrition lents et progressifs auxquels nous réservons la dénomination de dystrophies intestinales chroniques du nourrisson et que nous étudierons dans le second volume de cet ouvrage.
IIMTRODUCTION
Les causes des dystrophies intestinales aiguës sont extrêmement nombreuses mais nous pouvons les grouper en trois catégories :
Dystrophies d’inanition : Dystrophia e inanitione ;
2° Dystrophies d’alimentation : Dystrophia e alimentatione ;
30 Dystrophies d’infection : Dystrophia e infectione.