V. — PROPHYLAXIE DE L’INFECTION INTESTINALE
Considérations générales.
Résumé pathogénique. — Comme nous l’avons vu en étudiant l’étiologie de l’entérite : elles sont rares les entérites causées par un microbe spécifique ou même par un microbe spécial^ mais elles se produisent alors sous forme épidémique envahissant le service des nourrissons presque entier, y compris sœurs et gardes.
L’entérite ordinaire mais qui est aussi de na-
ENTÉRITE
ture injectieiise, est due le plus souvent, à des microbes multiples vivant en symbiose et appartenant au groupe des microbes septiques et pyogènes qui se trouvent si fréquemment à l’état de faible virulence sur le sol, dans les poussières et dans le voisinage immédiat de l’homme et qui pénètrent avec une extrême facilité dans le tube digestif du nourrisson par la salive, la nourriture ou les objets que le nourrisson porte à sa bouche.
Mais, tandis que ces microbes ne représentent pour l’adulte en général que des saprophytes sans danger, ils peuvent facilement déployer leurs propriétés pathogènes vis-à-vis du nourrisson qui n’a point d’acide chlorhydrique libre dans son estomac, qui ne dispose que d’un épithélium intestinal peu résistant et qui est ainsi presque dépourvu de moyens de défense.
Logements encombrés. — C’est pour cette raison, comme le fait remarquer Escherich (1), que l’entérite s’observe surtout dans les logements étroits, mal aérés, peu ensoleillés et encombrés, où de nombreux habitants vivent ensemble et où les sécrétions humaines, les poussières, la saleté s’accumulent, où la cha-
(1) Escherich, Deutsche Klin., p. 147.
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leur humide enfin peut favoriser encore la virulence de tous ces germes.
Infection buccale. — Ces germes ne pénètrent pas seulement dans la bouche du bébé avec un lait injecté par les maladies de la vache ou adultéré par les poussières de l’étable, car le lait est le plus souvent cuit, mais avec toute espèce de nourriture : avec l’eau et avec surtout le sucre qui ne sont pas stérilisés.
Ces germes pénètrent plus souvent encore dans le tube digestif avec la salive souillée par l’air respiré et les poussières qu’il contient, avec les objets sales : biberons, suçons, jouets, anneaux, que le bébé met continuellement à la bouche ; par le mamelon du sein injecté par les staphylocoques ; par les doigts du bébé enfin, mais surtout par les doigts des gardes qui donnent souvent à manger aux enfants, qui leur lavent la bouche, qui leur donnent leur suçon après avoir changé les langes et sans s’être soigneusement désinfecté les mains.
Infection anale. — Mais ce n’est pas seu lement par la bouche que l’infection peut se faire, c’est encore par l’anus au moyen de langes souillés par des selles entéritiques et qui ont été
ENTÉRITE
simplement lavés au lieu d’être d’abord lavés et ensuite désinfectés à V étuve.
L’infection anale peut encore se produire au moyen du thermomètre rectal commun dont on se sert pour prendre la température à plusieurs enfants au lieu d’individualiser soigneusement les thermomètres dans les selles des nourrissons.
C’est enfin au moyen des sondes intestinales et des seringues à lavement qui n’ont pas été soigneusement désinfectées.
Ces faits que nous résumons encore une fois de plus ici étant donnée leur immense importance nous indiquent aussi la vraie méthode prophylactique pour éviter la contagion de l’entérite non seulement dans la famille, mais surtout dans les services des nourrissons.
ASEPSIE PÉDIATRICALE
Le nourrisson, sans moyens de défense biologique, est plus exposé que tout autre à voir ses muqueuses s’infecter.
Aussi faut-il créer dans les services de nourrissons surtout, mais aussi dans la famille, une asepsie pédiatricale analogue à celle que l’on cherche à obtenir dans l’entourage des opérés
ASEPSIE PÉDIATRICALE
et des accouchées sous forme cV asepsie chi^ rurgicale et d’asepsie obstétricale.
Gela ne sera pas plus difficile à obtenir. 11 faut seulement l’enseigner et l’exiger.