HISTOIRE DE LA MALADIE
Antécédents du malade. — • Une anamnèse bien prise et qui doit porter avant tout sur l’alimentation du bébé pourra bien souvent nous faire soupçonner que nous avons à faire avec une affection plus grave. Lorsque nous apprendrons en effet que l’enfant n’a jamais pu réussir à prendre du poids avec les essais les plus divers et que malgré une alimentation hygiéniquement dosée et préparée, il n’a jamais prospéré et qu’à chaque essai d’augmentation de nourriture, il a réagi par des diarrhées et des pertes de poids.
Tout cela nous fera déjà entrevoir une diminution de tolérance alimentaire plus grave que celle d’un bébé simplement dyspeptique.
Marche de la maladie. — L’histoire de la Combe. — Mal. gaslro-inteslinales. 23
DYSPEPSIES
maladie devra à son tour éveiller nos soupçons lorsque nous apprendrons qu’elle date de la naissance ou de plusieurs mois en arrière, qu’elle a été par moment fébrile, et qu’elle s’est accompagnée de chutes de poids graves.
Il en sera de même s’il y a eu des infections cutanées, s’il y a eu des infections parentérales, phénomènes morbides qui sont tous deux de nature à diminuer la tolérance alimentaire du bébé.
Antécédents héréditaires. • — Enfin on s’informera de l’hérédité de l’enfant ; on cherchera à savoir si ses parents étaient tarés^ si l’enfant a présenté des manifestations diathésiques : lymphatisme, diathèse exsudative, etc., toutes causes qui sont encore de nature à diminuer le pouvoir de tolérance de l’enfant vis-à-vis de la nourriture.
ÉPREUVES AU un ENTA! R ES
Mais tout cela ne peut que fortifier nos soupçons.
Seul, comme le démontre si bien Finkelstein, seul un régime d’épreuve pourra nous permettre de doser la réaction de l’enfant, seul il nous permettra de mesurer exactement l’insuffisance de sa
tolérance et d’apprécier ses chances de guérison.
Ces régimes d’épreuve consistent en :
10 Une sous-alimentation.
2® Une sous-alimentation croissante.
Épreuve de sous-alimentation.
Donnons à notre nourrisson un régime d’une valeur calorifique inférieure à la normale :
L’enfant dyspeptique diminue de poids d’une manière modérée, mais seulement pour quelques jours, car il s’adapte bientôt à la sousalimentation et son poids reste stationnaire. Ses selles s’améliorent et diminuent en nombre. La température devient plus normale.
L’enfant dysthrepsique. — Pas de diminution, quelquefois même légère augmentation de poids. Diminution du nombre des selles, amélioration de leur consistance. La température devient normale.
Le dysthrepsique comme le dyspeptique^ mais mieux que lui^ s'adapte à la sous-alimentation et en profite.
L’enfant athrepsique. — Il diminue chaque jour de poids sans adaptation aucune à la sousalimentation.
Le nombre des selles et leur aspect anormal
DYSPEPSIES
ne se modifient pas. La température de l’enfant devient de l’hypothermie. Le pouls se ralentit encore plus.
Épreuve de sous-allmentation croissante.
Nous avons ainsi au moyen de la sous-alimentation distingué le dysthrepsique de l’athrepsique. Gomment distinguer le dysthrepsique du dyspeptique.
Augmentons la nourriture jusqu’à la ratio minima correspondant à 70 calories par kilogramme et montons peu à peu à la ratio optima de 100 calories par kilogramme. Ce qui nous donnera une sous-alimentation croissante.
Le dysthrepsique montre de suite une diminution de poids, des selles nombreuses et anormales, et pour peu que nous poursuivions l’expérience, l’hypothermie, le ralentissement du pouls nous indiquent que nous marchons grand train à Vathrepsie et nous font bien vite revenir à la sous-alimentation.
Le dyspeptique supporte très bien la ratio minima et ne commence à manifester des troubles que lorsqu’on dépasse sa dose de tolérance qui se rapproche de la ratio optima.
On le voit, Vépreuçe de la sous- alimentation
degré de la dyspepsie totale 357
et Vépreiwe de la sous- alimentation croissante nous montrent de suite le degré de dyspepsie organique totale dont souffre notre enfant et nous permettent de le classer soit dans la dysthrepsie avec son pronostic encore favorable si le traitement est bien administré, soit dans V athrepsie où le pronostic est presque fatal quel que soit le genre de traitement que l’on adopte.
Enfin Vépreuoe de la sous -alimentation croissante nous a montré en même temps quel est le degré maximum de nourriture que nous pouvons donner sans danger et quel est le degré de tolérance que nous ne pourrons dépasser.
RÉACTION A L'INFECTION PARENTÉRALE
Nous le savons, le dysthrepsique et Fathrepsique n’ont aucune résistance vis-à-vis des infections et ce caractère négatif peut donc devenir un élément important de diagnostic.
Aussi faut-il toujours surveiller les réactions que font ces enfants aux infections accidentelles. Lorsqu’une infection minime qui, chez les voisins, passe inaperçue amène une diminution invraisemblable de poids et des symptômes
DYSPEPSIES
anormalement graves, cela montre que la tolérance à l’infection a baissé parallèlement avec les moyens de défense de l’organisme et que l’enfant tend à devenir athrepsique.
VI. — SIGNES DIFFÉRENTIELS DES DYSPEPSIES DYSPEPSIE SIMPLE ET INANITION
On peut confondre la dyspepsie simple avec V inanition par sous-alimentation quantitative ou avec V inanition par sous -alimentation qualitative telle qu’elle se produit avec une alimentation uniformément farineuse ou avec le lait albumineux.
Épreuve normo-alimentaire.
Dans V inanition le poids augmente.
Dans la dyspepsie le poids reste stationnaire.
Dans Vathrepsie le poids diminue.