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CHAPITRE VI

La dyspepsie, on ne saurait trop le répéter, est une maladie causée par une disproportion entre les aliments qui doivent être digérés et les sucs qui doivent les digérer.

La dyspepsie peut donc être causée par Valiment lui-même lorsqu’il est donné en trop grandes quantités (suralimentation)^ ou sous une forme moins assimilable (malalimentation), c’est la dyspepsie alimentaire.

La dyspepsie peut en second lieu être causée par les sucs digestifs insuffisamment concentrés ou sécrétés, c’est la dyspepsie organique.

Ces deux causes peuvent être enfin réunies, ce qui arrive fréquemment : car toute dyspepsie alimentaire de longue durée affaiblit l’organisme du bébé et produit à la longue une dyspepsie organique, c’est la dyspepsie mixte.

Il va sans dire que le traitement de la dyspepsie alimentaire, qui est le plus souvent une dyspepsie aiguë et accidentelle, sera absolument différent de celui de la dyspepsie organique qui est

le plus ordinairement une dyspepsie habituelle, subaiguë ou même chronique d’emblée. Aussi diviserons-nous tout naturellement notre étude en deux chapitres :

1° Le traitement de la dyspepsie alimentaire ;

2° Le traitement de la dyspepsie organique.

Toute dyspepsie a pour conséquence forcée la formation d’un résidu alimentaire indigéré perdu pour l’organisme et qui le plus souvent devient la proie des microbes du tube digestif.

Ces microbes transforment ce résidu alimentaire, suivant sa nature élémentaire, ternaire ou quaternaire, en produits de fermentation ou de putréfaction qui intoxiquent l’organisme.

U auto-intoxication d’origine alimentaire est donc la conséquence forcée de toute dyspepsie, car elle engendre des résidus alimentaires capables dêtre transformés par les microbes de V intestin^ et là est tout le danger de la dyspepsie.

1. Supprimons dans l’alimentation du BÉBÉ l’élément qui CAUSE LE RÉSIDU ALIMEN-

TAIRE et nous supprimerons du même coup tout danger.

Il ne nous restera plus, comme conséquence de la dyspepsie que l’inconvénient déjà sérieux de faire subir à l’organisme la perte (Vun élément alimentaire souvent important^ mais qui dans la grande majorité des cas peut être remplacé.

2® Remplaçons dans l’alimentation l’élément INDIGÉRÉ PAR UN AUTRE ÉLÉMENT ALI- MENTAIRE DE VALEUR CALORIFIQUE SENSIBLE- MENT ÉGALE ET QUI LUI SERA ENTIÈREMENT DIGÉRÉ.

Tel est le double problème qui se pose devant le médecin chaque fois qu’il doit traiter un cas de dyspepsie et c’est de sa solution exacte que dépend tout le succès du traitement.

Cette solution varie suivant le genre de dyspepsie :

Dyspepsie alimentaire.

Lorsqu’il s’agit d’une dyspepsie alimentaire, qu’elle soit une dyspepsie quantitative ou une dyspepsie qualitative, le problème est relativement aisé à résoudre.

La disproportion entre l’aliment et les sucs digestifs est ici causée par V aliment qui a été intro-

duit OU bien en trop grande quantité ou bien en mauvaise qualité dans le tube digestif par des repas trop gros, trop fréquents ou trop riches, ou sous une forme qui est mal adaptée aux ferments digestifs du bébé.

Dans tous ces cas, comme nous venons de le voir il s’est produit dans le tube digestif un résidu alimentaire indigéré qui a modifié le milieu intestinal et favorisé le développement d’une flore microbienne anormale dans l’intestin.

Dans la dyspepsie alimentaire ce sont surtout les bactéries saccharo et lypolytiques qui prédominent et qui donnent lieu à la production d’une quantité considérable diacides gras volatils qui irritent la muqueuse gastro-intestinale et produisent des vomissements et des diarrhées. C’est en effet par ces moyens que l’organisme cherche à se débarrasser naturellement de ces corps qui, par leur accumulation, pourraient devenir nuisibles.

Des recherches modernes dues à Huldschinsky (1) ont du reste démontré qu’en cas de suralimentation la formation des acides gras volatils pouvait déjà se produire dans V estomac et

(1) Huldschinsky. Zeits. f. KiruL, 111, p. 386.

SOUS l’influence seule du ferment lypolytique de l’estomac.

Que le résidu alimentaire fermente déjà dans l’estomac ou seulement dans l’intestin, peu nous importe.

Le fait à retenir est qu’il fermente et que la cause première de sa production est une imprudence alimentaire.

Le problème est donc simple à résoudre : pour empêcher toute fermentation, il faut :

a) Éliminer le résidu alimentaire présent DANS LE tube DIGESTIF.

b) Modifier le milieu microbien qui s’est, sous SON influence, acclimaté dans l’intestin.

c) Empêcher toute production nouvelle

DE RÉSIDU ALIMENTAIRE EN SUPPRIMANT l’iM-

prudence alimentaire.

Ainsi sans supprimer aucun élément alimentaire nécessaire à la nutrition du bébé, il nous sera facile de remporter une victoire rapide et définitive.

Dyspepsie organique.

Mais il n’en est plus de même lorsqu’il s’agit d’une DYSPEPSIE organique.

L’insuffisance des sucs digestifs n’est plus

accidentelle dans la dyspepsie organique et causée par une imprudence facile à éviter ; elle est durable, constitutionnelle souvent, en tout cas inhérente à l’organisme lui-même.

Il en résulte que :

lo La disparition du résidu alimentaire NE peut être ORTENUE QU’eN DIMINUANT LA NOURRITURE JUSQu’a LA SOUS- ALIMENTATION ET EN NE CONSERVANT LES ÉLÉMENTS ALIMEN- TAIRES QUE PROPORTIONNELLEMENT A l’ ACTI- VITÉ ENCORE EXISTANTE DES SUCS DIGESTIFS.

Mais cette sous-alimentation forcée implique en elle-même le second problème dont nous avons déjà parlé et qui est bien plus difficile à résoudre que le premier, c’est de :

2® Remplacer les éléments alimentaires ÉLIMINÉS PAR d’autres QUI SOIENT DIGÉRÉS ET ASSIMILÉS, QUI PUISSENT SUFFIRE A LA CROISSANCE ET QUI SOIENT CAPABLES d’eNTRE- TENIR LA VIE DU NOURRISSON.

Telles sont simplement exposées les difficultés que nous aurons à vaincre en présence d’un cas de dyspepsie.

Voyons maintenant comment peu à peu nous avons appris à les résoudre d’une manière presque satisfaisante.

Trois indications se posent en présence d’une dyspepsie alimentaire :

a) Evacuer le résidu alimentaire contenu DANS l’intestin ET QUI FERMENTE.

h) Modifier le milieu microbien qui s’est acclimaté dans l’intestin sous l’influence DE LA fermentation.

c) Empêcher la formation d’un nouveau RÉSIDU alimentaire.

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