CHOLÉRA DES CANARDS
forme et leurs dimensions, de celles du choléra des poules et de la septicémie des lapins. »
En raison des caractères de la maladie et des analogies du microbe avec celui du choléra des poules, Corail et Toupet tendaient à considérer le choléra des canards comme une forme atténuéedu choléra des poules. Cette opinion ne saurait cependant être admise, puisque les poules et les pigeons qui ont résisté à l’inoculation du virus n’ont pas acquis l’immunité contre le choléra des poules; de plus, la bactérie des canards est facultativement anaérobie, et les cultures sur gélatine des deux microbes ont des aspects différents. Il s’agit d’une maladie nouvelle, propre au canard et différente du choléra des poules.
Étude clinique.
« La maladie est caractérisée par de la diarrhée, de l’affaiblissement progressif et des tremblements musculaires. La mort survient en deux ou trois jours.
« A l’autopsie des animaux morts spontanément, on trouve des ecchymoses très marquées de la surface du péricarde viscéral, parfois môme de la péricardite, de la congestion du foie et une dégénérescence ; la surface péritonéale de l’intestin est très congestionnée, souvent avec de petites ecchymoses. Le péritoine, môme lorsqu’il ne présente pas de lésion visible à l’œil nu, est parsemé à sa surface de bacilles divers, provenant d’une migration à travers les parois de l’intestin. La muqueuse intestinale est très congestionnée, surtout au niveau du gros intestin, qui est distendu par une sécrétion muco-sanguinolente. »
Étiologie et étude expérimentale.
Les canards seuls, et même certaines races exclusivement, contractent naturellement la maladie. Ainsi les canards domestiques, y compris les labradors, sont tous tués, alors que les espèces sauvages et exotiques sont épargnées.
La contagion s’exerce, sans aucun doute, par les voies digestives. A la suite de l’ingestion expérimentale du virus, mêlé aux aliments, les sujets meurent en un à trois jours, en présentant les lésions de la maladie spontanée.
L inoculation sous-cutanée tue les canards de toutes les races ; mais alors que les animaux des variétés domestiques succombent
20 LES SEPTICÉMIES HEMORRAGIQUES.
en un ou deux jours, les autres résistent parfois pendant onze et quinze jours.
Les poules, les pigeons et les cobayes résistent à l’inoculation sous-cutanée des cultures ; le lapin n’est tué que par de grandes quantités de virus (2 centimètres cubes de la culture) et dans quelques cas seulement.
Prophylaxie.
Particulière à une seule espèce, la maladie est de beaucoup moins redoutable que le choléra des poules. Les mesures sanitaires conseillées contre celui-ci suffiraient à enrayer promptement la contagion.