‹ Les maladies microbiennes des animaux (volume 2)Chapitre 145 sur 156 · M AM MITE STREPTOCOCCIQUE DES VACHES · texte numérisé non relu

M AM MITE STREPTOCOCCIQUE DES VACHES

§ 1. — MAMMITE STREPTOCOCCIQUE DES VACHES.

On désigne sous ce nom une mammite contagieuse des vaches laitières, déterminée par un streptocoque spécifique.

Historique. — La maladie est observée à Berlin, par Gerlach (1), en 1852; elle est décrite comme une inflammation catarrhale, localisée à la muqueuse du canal et au sinus galactophore ou étendue à tous les canaux glandulaires d’une région, exprimée surtout par le développement de noyaux durs, plus ou moins volumineux, dont l’évolution ne provoque point les accidents inflammatoires intenses qui accompagnent la mammite parenchymateuse. La môme année, Eberhardt (2) observe de nombreux cas de la môme affection dans les environs de Fiilda. Franck rapporte les accidents

la pénétration de micro-organismes, introduits par le canal du trayon et cultivant dans les réservoirs. Ziirn (3) retrouve la môme forme; il insiste sur l’absence des accidents inflammatoires et il considère la maladie comme contagieuse.

En 1884, Nocard et Mollereau (4) étudient l’affection ; ils montrent qu’elle est fonction d’un microbe spécifique qu’ils isolent et qu’ils cultivent; ils indiquent en même temps les modes de la contagion et ils précisent les conditions de la prophylaxie et du traitement.

Kitt (5) publie l’année suivante le résultat de recherches expérimentales sur le môme sujet; il propose de désigner l’affection sous le nom d'agalaxie catarrhale contagieuse.

De divers côtés, la maladie est signalée : Dieckerhoff(6) l’observe en Allemagne ; Bang (7), en Danemark ; Faletti (8), en Italie.

En Suisse, Hess et Borgeaud (9) décrivent la même maladie sous le nom de « gelber Galt » ; ils retrouvent le streptocoque

(1) Gerlach. — Bericht über die ambulatorische Klinik der KÔnigl. T hierarzneischide zu Berlin... Magazin fur Thierheilk., t. XX, 1 85 i, p. 301.

(2) Eberhardt. — Calarrhalische Euler entzündung bei Kühen. Id. , 185G, p. 37.

(3) Zurn. — Ansteclcende Eulerkrankheit bei Kühen. Deutsche Zeitschr. fur Thierin . ,

t. III, p. 381.

(4) Nocard et Mollereau. — Sur une mammite contagieuse des vaches laitières. Bulletin de la Soc. centr. de raéd. vét. 1884, p. 303 et 1885, p. 296. Id. Annales de l'Institut Pasteur, t. I, 1887, p. 109.

(5) Kitt. — Loc. cit-, p. 21.

(G) Dieckerhoff. — Euler entzündung. Landwirthschaftl. Thierzucht, 1884.

(7) Bang. — Aarsagerne lit Yverbetündelse hos Kviiget. Tidsskr. for Veterin., 1888, p. 19.

(8) Faletti. — Mastite parenchimatosa contagiosa deile vacche. Il medico veter., 1887, p. 484.

(9) Hess et Borgeaud. — Euter entzündung contagiôse oder « Gelber Galt » der Kühe , Schweizer Archiv fur Thierheilk., t. XXX, 1888, p. 97.

MAMMITES.

étudié par Nocard et Mollereau. D’après E. Zschokke (1), la mammite à streptocoques se montrerait, en nombre de régions, sous une forme sporadique.

Les études de Kitt et de Adametz (2) démontrent l’identité du streptocoque du « gelber Galt » avec celui de Nocard et Mollereau.

Bactériologie. — Le microbe de la mammite se présente, dans le lait, sous la forme d'un streptocoque, composé de grains arrondis ou ovoïdes mesurant à peine 1 de diamètre. En règle générale, les chaînettes sont d’autant plus longues que la lésion est plus récente et l’évolution plus aiguë. Dans les bouillons, les chaînettes, librement développées, forment de longs chapelets onduleux.

Le streptocoque se colore facilement par les couleurs d’aniline et notamment par le bleu de Loffler ; il prend mal le Gram et le Weigert. Le microbe esta la fois aérobie et anaérobie.

La culture est obtenue sur différents milieux. Dans les bouillons de viande, simples ou glycérinés, on obtient, en vingt-quatre heures, une culture abondante qui forme un léger dépôt blanchâtre au fond du vase; le liquide conserve sa limpidité. Neutre ou alcalin au moment de l’ensemencement, le bouillon est nettement acide après 24-48 heures et l’acidité augmente ensuite graduellement. Dès que l’acidité est accusée, la culture s’arrête et la virulence disparaît rapidement. Sur gélatine, en surface, le streptocoque donne de petites colonies translucides, blanchâtres, qui se réunissent en une mince pellicule à bords nettement délimités; par piqûre, on obtient sur le trajet de nombreuses colonies blanchâtres, opaques, granuleuses, dont l'entassement forme une ligne épaisse, à bords dentelés; le milieu n’est jamais liquéfié. Sur gélose , les caractères sont identiques aux précédents, mais la culture est encore moins abondante. Dans le lait, le développement est rapide ; en 24-48 heures, parfois plus tôt, le lait est transformé en un bloc compact, résistant, d'où exsude, les jours suivants, un sérum incolore, limpide, très acide.

Le microcoque se reproduit par division ; l’article s’allonge, puis il subit en son milieu un étranglement graduel, les deux articles nouveaux restant liés entre eux par un fil muqueux qui maintient faiblement adhérents tous les grains de la chaîne.

(1) E. Zschokke. — Beitrag zur Kenntniss des gelben Galles. Landw. Jahrbuch der Schveiz, t. VII, 1893, p. 200.

(2) Adametz. — Beitrag zur Kenntniss der Streptokokken der gelben Galt. Journal fur Landwirthschaft., t. XLII, 1894.

MAMMITE STREPTOCOCCIOUE DES VACHES.

Le microbe est pathogène pour la vache et pour la chèvre, s’il est introduit directement dans la mamelle en lactation. Son inoculation dans toute autre condition ne produit aucun effet, chez quelque espèce que ce soit.

Distribution géographique. Fréquence. — Étudiée dans la banlieue de Paris par Nocard et Mollereau, la mammite streptococcique est signalée à l’état épizootique dans 1 Oise (Cagny), en Brie (Remy, Hollard) et sur divers autres points.

En Suisse, le « gelber Galt » est connu par les éleveurs depuis plus d’un demi-siècle ; en outre de la forme enzootique ordinaire, la maladie se montre aussi sous un type sporadique en presque toutes les régions. (Zschokke.)

En Allemagne, l’affection est signalée à la fois en Bavière, en Prusse, en Saxe ; elle sévit également en Italie.

Étude clinique.

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