‹ Les maladies microbiennes des animaux (volume 2)Chapitre 149 sur 156 · III. — Diagnostic · texte numérisé non relu

III. — Diagnostic

La mammite streptococcique ne peut être confondue avec les mammiles parenchymateuses, toutes accompagnées de signes évidents d’inflammation locale et d'une altération initiale de la sécrétion. Seule, la mammite tuberculeuse pourrait être soupçonnée en quelques cas ; il est à remarquer que le « nœud de la mamelle » débute toujours en un même point, à l’origine du trayon, alors que l'induration tuberculeuse siège ordinairement dans la profondeur de la glande ; le caractère enzootique de la mammite ne laisse d’ailleurs aucun doute sur sa nature; enfin, il est toujours facile d’assurer le diagnostic par l’examen bactériologique.

Étiologie. — Étude expérimentale.

La virulence est étroitement limitée à la mamelle atteinte et à son contenu.

La contagion constitue la cause presque exclusive delà maladie. Dans une étable infectée, la transmission s’opère d une vache à une autre par l’intermédiaire des trayeurs. Non seulement ceux-ci négligent de se laver les mains après chaque mulsion, mais c’est une habitude, en nombre de régions, de malaxer le trayon, au début de la traite, avec le lait qu’on vient de recueillir. On s’explique aussi que dans les pays d’élevage, alors que les veaux tètent directement les mères, « l’induration de la mamelle » se montre toujours à l’état sporadique, alors qu’au contraire la marche est nettement épizootique dans les vacheries industrielles.

La transmission indirecte, par l'intermédiaire des litières souillées, paraît ne jouer qu’un rôle insignifiant.

MAMMÏTES.

La diffusion de la maladie est assurée par l’introduction d’une vache atteinte dans une étable. En quelques circonstances, les vachers des étables envahies portent l’infection dans une étable voisine en y pratiquant la mulsion des vaches saines.

L’observation démontre que la maladie procède presque toujours d’une contagion évidente; on peut admettre cependant que le streptocoque est capable d’une vie saprophytique sous certaines conditions et qu’il provoque une infection directe en quelques cas exceptionnels.

La mammite est reproduite expérimentalement, chez la chèvre en lactation, par l’inoculation dans la mamelle d’une culture virulente ; après quinze jours environ, la glande inoculée montre un noyau induré et le lait présente les altérations habituelles. L’inoculation sous-cutanée des cultures ou du lait à la vache, au porc, au lapin, au cobaye, à la souris blanche ne produit aucun effet. L'inoculation intra-péritonéale au chien, au chat, au chevreau, au cobaye, au lapin est également inoffensive.

La pathogénie est facilement prévue. Le microbe pénètre dans la glande par le canal du trayon, il atteint le sinus galactophore et il cultive dans le liquide accumulé pour gagner les gros canaux glandulaires. Le streptocoque provoque une inflammation catarrhale de la muqueuse et une induration du tissu cellulaire interstitiel qui aboutit à l’atrophie du parenchyme.

Traitement.

Une guérison complète est possible alors que l'on intervient dans les premières périodes. Les injections pratiquées dans le trayon avec une solution à 4 p. 100 d’acide borique donnent des résultats excellents (Nocard et Mollereau). On injecte, aussitôt après la traite, 100 à 150 grammes de la solution tiède ; l'opération est pratiquée deux ou trois fois, à cinq ou six jours d'intervalle. Le noyau induré disparaît graduellement et le lait reprend ses caractères normaux. Les solutions de sublimé (Eggeling) ou d’acide phénique (Eber) ont été employées dans le même but.

Si les lésions sont anciennes et l'induration considérable, on ne peut espérer une guérison complète ; le mieux est de renouveler l’injection d’acide borique quatre ou cinq fois, à douze heures d’intervalle ; on provoque généralement la suppression complète de la sécrétion et l’animal cesse d’être dangereux au point de vue de la contagion.

Page 1