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alors que le virus est ramené au tégument par la circulation sanguine et une éruption généralisée s’opère.
Les données qui précèdent permettent d’interpréter l’aspect clinique des diverses manifestations vaccinales : chez le cheval, l’inoculation s’opère très ordinairement par les voies respiratoires et l’éruption généralisée est la règle; chez la vache, au contraire, la pénétration résulte presque toujours d’une effraction du tégument au niveau de la mamelle et une éruption locale est seule observée.
Résistance du virus. — La résistance du vaccin aux divers agents est à peine étudiée et les quelques connaissances acquises sont fournies indirectement, par des faits d’observation.
La dessiccation n’altère en rien la virulence ; celle-ci persiste après plusieurs semaines dans les croûtes ou dans les poussières. La chaleur aurait une action très marquée; d’après Copeman, le vaccin serait stérilisé par le chauffage à 60° et, d’après Cory, à 48° seulement(?).
Mélangé à la glycérine, le vaccin, conservé en tubes scellés, à l’abri de la lumière, conserve parfois sa virulence pendant huit et dix mois. 11 est à cet égard des différences marquées, liées probablement à la composition des mélanges et aux propriétés des germes étrangers qu’ils renferment.
Variations de la virulence. — Immunisation. — I. — Le
virus possède toute son activité dans l’éruption du horse-pox naturel. Transmis, accidentellement ou expérimentalement, à l’homme ou à la vache, le virus équin subit immédiatement une atténuation marquée.
La culture en série sur la génisse conserve indéfiniment au vaccin un même degré de virulence, à cette condition que tous les vaccinifères possèdent une même réceptivité. Si certains donnent une éruption avortée ou retardée, indiquant une réceptivité moindre, le virus subit une atténuation nouvelle qui tend à se perpétuer. Cet affaiblissement accidentel est plus fréquent encore lors de passages successifs sur l’enfant ou sur l'homme, en raison de l’immunité partielle d’un grand nombre d’individus. Le « vaccin humain » n’a pu être entretenu pendant de longues années, de bras à bras, que par une sélection constante des vaccinicoles, le virus à inoculer n’étant pris que sur les plus belles éruptions, c’est-à-dire chez les individus possédant un maximum de réceptivité.
Tel qu’il est atténué par un seul passage artificiel à travers la génisse, le virus d’origine équine ou bovine convient parfaite-
ÉTUDE EXPÉRIMENTALE DE LA VACCINE
ment pour l’inoculation à l’homme. L’on a dû se préoccuper plutôt d’entretenir cette virulence que de l’affaiblir, mais le passage momentané sur certaines espèces animales fournirait, s’il en était besoin, de nouveaux degrés d’atténuation.
L’immunisation conférée, chez toutes les espèces, par une évolution pustuleuse sur les téguments est très rapidement établie; lors d’inoculation artificielle (vaccination), elle est constatée ordinairement dès le cinquième jour. L’évolution des accidents à la suite d’une contagion naturelle par les voies respiratoires étant sensiblement plus tardive (huit jours au moins chez le cheval), une inoculation vaccinale sera préservatrice d une infection accidentelle opérée au même moment. De même, chez 1 homme, l’inoculation du vaccin préservera aussi, le plus souvent, des conséquences d’une infection variolique simultanée.
L’immunité conférée par une première atteinte a une durée très variable suivant les espèces et suivant la marche de 1 infection. Chez le cheval, l’immunité paraît n’être conférée souvent que pour quelques mois seulement ; chez les bovidés, sa durée, plus longue à coup sûr, est imparfaitement déterminée ; la Commission lyonnaise a constaté qu’après quatre mois la résistance des animaux vaccinés une première fois est absolue.
IL — L’injection intra-veineuse de lymphe vaccinale permet d’obtenir l’immunisation chez toutes les espèces. Les recherches de Straus, Chambon et Ménard (1) montrent qu’il suffit d’une très faible quantité de vaccin (une goutte ou une fraction de goutte) pour rendre le veau réfractaire.
La transfusion du sang d’un animal enqpleine éruption à un animal sain de même espèce permet encore de créer l’immunité ; mais, « pour obtenir cet effet avec une certitude à peu près absolue, il faut transfuser des quantités considérables de sang, quatre, cinq à six kilogrammes. (Straus, Chambon et Ménard.) On s’explique que Maurice Raynaud n’ait pu obtenir l’immunisation du cheval par la transfusion de cinq cents à mille gramme^de sang provenant d’un animal porteur d’une belle éruption.
Le sérum des animaux vaccinés, la lymphe vaccinale stérilisée (Janson, Kramer et Royce), non plus que le sang des animaux immunisés ne possèdent de propriétés vaccinantes. On peut transfuser la presque totalité du sang d’un veau qui a cultivé le vaccin, à un autre veau, sans diminuer la réceptivité de celui-ci.
(1) Straus, Chambon et Ménard. — Recherches expérimentales sur la vaccine chez le veau. Société de biologie, 2 'l décembre 1 890.
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