‹ Les maladies microbiennes des animaux (volume 2)Chapitre 92 sur 156 · CULTURE DU VACCIN · texte numérisé non relu

CULTURE DU VACCIN

postérieure des fesses est condamnable en raison des causes

évidentes de souillures.

Toute la surface d’inoculation est tondue, puis rasée après un savonnage préalable ; il est plus simple, mais non indispensable, de faire cette opération sur l’animal couché. Des tables spéciales sont employées dans les instituts vaccinaux pour coucher et fixer les animaux, mais il est facile encore d’en éviter l’emploi. Il est bon de pratiquer la toilette locale quelques heures au moins avant l’inoculation; si l’on néglige cette précaution, la congestion du derme expose à de petites hémorragies, au niveau des stries d inoculation.

L’inoculation se fait sur l’animal debout: un aide tient la tête et applique des mouchettes s’il est nécessaire ; un autre immobilise avec une plate-longe le membre postérieur, du côté de 1 opérateur. On pratique sur la région préparée, avec la lancette à grain d’orge, des scarifications verticales, longues de un à un centimètre et demi, espacées de trois à quatre centimètres, disposées régulièrement en quinconces. Les incisions doivent entamer légèrement les couches superficielles du derme; il faut que le sang perle entre les lèvres écartées delà plaie, sans toutefois s’écouler alors que les lèvres sont rapprochées. Après qu’une ou deux rangées de stries ont été pratiquées, on procède à l’insertion de la matière d inoculation ; celleci est recueillie sur la lancette et déposée dans chaque strie, en avivant un peu celles qui paraissent trop peu profondes.

On peut disposer 120-160 scarifications sur un même animal sans aucun inconvénient.

L’application de tabliers ou de toiles sur la région inoculée peut être conseillée. Le collier de bois est utile; il est rare cependant que les animaux cherchent à lécher la région.

IL — Récolte et préparation du vaccin.

a. Récolte du vaccin. — L époque de la maturité des pustules varie suivant diverses conditions; si la récolte peut être pratiquée souvent le quatrième ou le cinquième jour, elle est possible le septième jour seulement en d’autres circonstances.

La récolte se fait sur l’animal couché ; elle n’exige qu’un très simple appareil instrumental : un mortier, qui servira à la préparation de 1 électuaire, un bistouri convexe à lame assez large, une pince à anneaux, à mors longs et étroits. Le mortier est stérilisé au préalable a 1 autoclave ou dans l’eau bouillante; les instruments sont flambés.

VACCINE

HORSE-POX

COW-POX

La pustule vaccinale fournit trois parties distinctes ; une croule de revêtement, la lymphe, c’est-à-dire un liquide clair, qui s’échappe après 1 enlèvement de la croûte, la pulpe ou produit de grattage du derme infiltré. La croûte, bien que très virulente, nous paraît devoir être rejetée ; parmi les souillures diverses qu’elle a subies, des germes dangereux peuvent se trouver, et cette seule considération justifie son élimination. De toutes les parties, le produit de grattage du derme est évidemment la plus précieuse ; elle fournit une matière relativement pure et extrêmement riche en éléments virulents (1).

La technique delà récolte est des plus simples; on soulève la peau au niveau de la pustule et l’on applique la pince à la base du pli formé; on fait sauter la croûte avec le bistouri et l’on recueille, autant que possible, la lymphe sur la lame de l’instrument; dès que l’écoulementacessé, on gratte légèrement mais longuement le derme, qui se présente aréolé, exsangue, et qui fournit une pulpe rosée formée de débris de tissus imprégnés de liquide.

Si quelques pustules donnent du pus, on évitera de les utiliser.

b. Préparation de l’électuaire vaccinal. — Le vaccin recueilli dans le mortier comprend un liquide trouble, épais, rosé et une masse pulpeuse. On procède à une trituration complète, destinée à obtenir un mélange parfaitement homogène. A ce moment, on ajoute peu à peu, en continuant à triturer, une quantité deglycérine neutre égale, en poids, à la quantité de matière vaccinale obtenue. Le mélange donne une substance sirupeuse, de couleur jaune ou safranée, renfermant quelques fragments de poils arrachés des bulbes par le grattage des pustules.

L’électuaire est conservédans desampoules ou des tubesde verre. Ceux-ci sont remplis, par aspiration indirecte, opérée à l'aide d’un tube de verre, muni d’une effilure qui s’adapte sur le tube à remplir et pourvu d’un tampon d’ouate qui évite les souillures par la salive (2).

On laisse aux extrémités des tubes un espace libre de trois millimètres environ et l’on soude, dans la flamme chauffante d’un petit bec de Bunsen.

c. Conservation du vaccin. — Le vaccin ainsi préparé est conservé

(1) Des discussions interminables et souvent puériles se sont élevées sur les propriétés respectives de la croûte et de la lymphe. 11 tombe sous le sens que la lymphe, dilution virulente, est beaucoup moins active que la croûte qui représente une lymphe concentrée par l’exsiccation.

Certains instituts emploient encore exclusivement la croûte.

(2) Les inconvénients de l’aspiration directe avec la bouche, telle qu’elle est pratiquée dans certains instituts, sont trop évidents pour quil soit besoin de les mentionner.

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