DYSENTERIE ÉPIZOOTIQUE DES TOULES ET DES DINDES
nant ni le Gram, ni le Weigert, cultivable dans les bouillons et sur les différents milieux solides.
La maladie se rapproche en tous points de Y entérite infectieuse de Klein ; les caractères différentiels indiqués par Lucet n’ont rien d'essentiel et il est probable qu'il s’agit du meme microbe observé à des degrés divers de virulence.
Étude clinique. — Symptômes. — Au début, les sujets atteints perdent l’appétit; ils restent isolés; la crête pâlit; la température rectale s’élève de 1 ou 2 degrés. Plus tard apparaît de la diarrhée; les matières rejetées, d’abord vert bleuâtre, deviennent ensuite jaunes, striées de sang; les plumes sont hérissées, les ailes pendantes; les malades sont somnolents ; la marche est titubante. Dans une dernière période, la faiblesse est extrême, la température s’abaisse de 1 à 3° au-dessous de la normale et la mort arrive après 9-13 jours de maladie.
Quelques animaux succombent en une vingtaine de jours seulement, après avoir présenté des alternatives d’amélioration et d’aggravation ; d’autres guérissent complètement.
Lésions. — Les lésions varient suivant la rapidité de l’évolution. Dans la forme aiguë habituelle, on trouve le sang incoagulé; le péricarde renferme un liquide séreux, grisâtre; le myocarde est ramolli et ecchymosé; le foie, volumineux, est friable et gorgé de sang; la rate se montre aussi hypertrophiée ; l’intestin, congestionné, renferme du mucus et un liquide verdâtre.
Alors que la maladie s’est prolongée, on note de la myocardite parenchymateuse; le sang est pâle, grisâtre; le foie est gris et atrophié.
Le sang, le contenu de l’intestin et toutes les pulpes d’organes renferment la bactérie spécifique.
Étiologie. — Étude expérimentale. — Les poules et les dindes sont seules infectées, indépendamment de toute influence d'âge ou de race. L'alimentation animale aurait pour effet de développer une réceptivité spéciale; les animaux trouveraient les microbes pathogènes dans les liquides en fermentation provenant des fumiers et des étables ; l'affection ne serait pas transmissible par cohabitation (?). L'ingestion des organes provenant d’animaux atteints transmet à coup sûr la maladie ; au contraire, l’ingestion des cultures reste sans effet. L’inoculation sous-cutanée des sucs organiques ou des cultures ne tue que dans la moitié des cas.
Les cultures sont sans action sur \e pigeon et sur le cobaye ; elles ne tuent le lapin que par injection intra-veineuse.
Prophylaxie. — La maladie sera prévenue par l’installation d’une basse-cour éloignée des fumiers, munie d’abreuvoirs entretenus propres et approvisionnés d’eau de bonne qualité ; on donnera une nourriture végétale et l’on empêchera 1 ingestion des détritus d'origine animale (Lucet).
L isolement des malades, l’évacuation des locaux et des parcours contaminés devront être conseillés.
LES SEPTICÉMIES HEMORRAGIQUES.
§ 4. — SEPTICÉMIE DES POULES
(G. Lisi) (1).
La maladie est observée, en 1892 et dans l’été de 1893, dans les départements de Carrare et de Massa. Toutes les poules des basses-cours envahies succombent en quelques jours.
La bactérie isolée, morphologiquement semblable à celle du choléra des poules, est aérobie et anaérobie. Elle cultive bien dans le bouillon peptonisé et sur gélatine, mais ne se développe pas sur gélose et sur pomme de terre.
Étude clinique. — Les symptômes sont analogues à ceux du choléra aigu; les poules tombent comme foudroyées, sans signes précurseurs, ou bien elles paraissent tristes pendant quelques heures et succombent ensuite. On n’observe ni diarrhée, ni cyanose de la crête et des muqueuses.
Lésions. — Les muscles sont ramollis, de teinte foncée; le foie est congestionné et friable; la rate est volumineuse; les poumons sont sains ou hypérémiés; le cœur renferme du sang noir et coagulé ; le péricarde contient un liquide trouble.
Étude expérimentale. — Tous les tissus renferment la bactérie, sous la forme de diplocoques. Les cultures tuent la poule , le pigeon, le canarcl , le moineau, le lapin, le cobaye, le chien... La souris blanche est presque toujours réfractaire.
Les passages successifs à travers le cobaye ou le lapin exaltent la virulence; la bactérie tue en un temps très court tous les animaux, la souris blanche y comprise. Le chien succombe en 36-72 heures à l’inoculation de produits virulents.
La bactérie donne des toxines dans les bouillons; l’injection à la souris blanche de 2 centimètres cubes du mélange filtré d’une culture en bouillon et d’alcool à 80° (?) détermine une paralysie immédiate et la mort en deux heures.
§ 5. — MALADIE DES DINDONS
(Mac Fadyean) (2).
La maladie est observée en Angleterre, en 1892; elle sévit dans un seul élevage.
Étude clinique. — Les symptômes ne sont pas mentionnés. Les lésions portent sur le poumon, sur le péricarde et sur l’intestin. Le péricarde, seulement ecchymosé en quelques cas, renferme en d’autres un exsudât fibrineux adhérent à la surface du cœur; le poumon est
(1) G. Lisi. Di una setticemie virulenta nei polli... Clinica veterinaria, 1895, p. 176.
(2) Mac Fadyean. Epizootie pneumo-pericarditis in the lurkey. Journal of cornpar. pathol. and therap., t. VI, 1893, p. 334.