‹ Les maladies microbiennes des animauxChapitre 95 sur 107 · PP OT AT · texte numérisé non relu

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MAL DE CADERA. | 631

L3 L3 ? 4 D. . . e juin, c'est-à-dire dans le dernier mois de la monte. » (Schneider et

Buffard.)

Les dispositions tendant à protéger les étalons de l’État prescrivent de refuser la saillie à toute jument présentant quelque indice de maladie ; les gardes-étalons doivent laver la vulve à l’eau fraîche et à la main, puis enduire d'huile d'olive les lèvres de la vulve; la verge de l’étalon est également lavée aussitôt après la saillie. Les étalons doivent être visités avant chaque saillie; celle-ci est refusée si quelque signe suspect (lésions locales, boiteries, plaques cutanées) vient à être constaté (1).

Ces mesures pourraient être complétées par le refus de la saillie à toute Jument qui aurait été déjà couverte, pendant la saison de monte, par un étalon n’appartenant pas au service des remontes. « Mais ce qu'il faut surtout empêcher, ce sont les saillies clandestines faites, en dehors des marchés, par des baudets non déclarés. »

(Schneider et. Buffard.)

Législation. — France. — Les animaux atteints sont placés sous la surveillance d’un vétérinaire délégué à cet effet et marqués. IL est interdit de les employer à la reproduction pendant tout le temps qu'ils sont tenus en surveillance. Il est en outre défendu de les vendre; toutefois cette interdiction pourra être levée pour les mâles après castration.

À la frontière, les malades sont repoussés après avoir été marqués. Les chevaux entiers malades ou suspects sont admis à l'importation si les propriétaires s'engagent à les faire émasculer dans un délai de 15 jours. (Art. 47, 48 et 70, 3 6 du Décret de 1882.)

En Algérie, en territoire civil, les animaux atteints sont abattus sur l’ordre du maire ou de l'administrateur. Les sujets mâles sont dispensés de l’abatage à condition d’être châtrés (Art. 15 du Décret du 12 novembre 1887). En territoire de commandement, les dispositions appliquées sont prévues par une ancienne instruction du ministère de la guerre. |

En Allemagne, les animaux affectés sont surveillés et la reproduction leur est interdite. En Autriche, en Bulgarie, en Hongrie, en Roumante, la loi ordonne la castration des étalons; les juments sont marquées au feu et soustraites à la reproduction.

$ 4. — MAL DE CADERA.

Historique. — On connaît depuis longtemps, en certaines régions de l'Amérique du Sud, une maladie enzootique du cheval caractérisée par

(1) Un cours très complet est professé chaque année aux chefs de station, avant la saison de la monte.

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une paralysie progressive du train postérieur, terminée par la mort. L’affection est désignée, en général, sous le nom de « mal de cadera » (maladie de la croupe), exprimant le symptôme le plus évident.

Le mal de cadera est étudié au Brésil, en 1889, par Rebourgeon (1) qui recherche en vain une bactérie pathogène et conclut à une infection par un élément morbide insaisissable, miasme infectieux ou poison malarique. Leclerc (2) fournit, en 1899, une nouvelle description clinique et croit rencontrer une bactérie pathogène.

Elmassian (5) démontre, en 1901, à l’Institut bactériologique d’Assomption, que le mal de Le est dû à un trypanosome parasite.

Voges (4) confirme la découverte d’'Elmassian et son collaborateur Zabala (5) donne une étude clinique et expérimentale de la maladie. Voges (6) publie en 1902 une étude d'ensemble sur la maladie et fait connaître en détail les résultats de ses recherches. Lignières (7) précise et rectifie dans un important mémoire les données acquises Li apporte nombre de faits nouveaux.

Parasitologie (8). — Le parasite du mal de cadera (Trypanosoma equinum; Voges) (9) a le même aspect général que les autres types pathogènes. Il mesure 24 à 26 & de longueur,.le flagelle y compris, sur À à 2 y d'épaisseur. Le flagelle représente le tiers ou le quart de la longueur du corps. La caractéristique de l’hématozoaire est l'absence d'un centrosome volumineux et fortement coloré comme celui des autres trypanosomes; le centrosome est représenté par un simple renflement arrondi de l'extrémité du flagelle, qui ne se colore pas plus fortement que le flagelle luimême.

(1) REBOURGEON. Note sur le mal de cadera. Recueil de médecine vétérin., 1889. p. 85.

(2) LecLerc. ET mal de caderas. Broch., 15 p., Buenos-Aires, 1899.

(3) ELMAssrAN. Mal de caderas. Broch., Asunciôn, mai 1901, et Revista veterinaria, t: VIL190104p41

(4) Voces. Das « Mal de caderas » der Pferde in Südamerika. Berliner thierärzti. Wochenschrift, 1901, p. 597.

(>) ZABALA. Mal de cadera. Anales del departamento nacional de higiene, t. 1901, p. 49, et Brochure.

(6) Voces. Das Mal de caderas. Zeitschrift für Hygiene, t. XXXIX, 1902, p. 523.

(7) J. LiGNIÈRES. Contribuciôn al estudio de la Tripanosomosis de los Equideos sudamericanos.... Boletin de agricultura y ganaderia (Republica argentina), 1 septembre 1902, p. 843. |

(8) LIGNIÈRES. Loc. cit.

(9) Lignières propose le nom de T. Elmassiani qui est inacceptable. La priorité de la découverte d’Elmassian n’est pas douteuse et mériterait cet hommage, mais on ne saurait modifier une désignation antérieure régulière. Laveran a donné l'exemple de cette soumission aux règles de la nomenclature en abandonnant, pour le parasite de la dourine, la désignation de T. Rougeti, pour accepter celle qui avait été choisie antérieurement par Doflein.

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La multiplication s'opère uniquement par division longitudinale. Le noyau grossi se segmente, ainsi que le flagelle, en deux, trois ou quatre parties, sans que l’on puisse reconnaître une division centrosomique correspondante. Les parasites de nouvelle formation ont un volume presque égal à celui de l'individu dont ils procèdent.

L'agglutination est obtenue avec divers sérums; les expériences de Lignières portent sur du sérum de rat, recueilli chez un animal sacrifié pendant une pullulation parasitaire ; on mélange une partie de sang à deux parties de sérum. L’agglomération est marquée avec les sérums normaux de mouton, de porc, de lapin et de cheval, et surtout avec les sérums de bœuf, de mouton, de porc et de chat infectés. par les trypanosomes; elle est légère avec les sérums normaux de bœuf, d'homme, de rat et de chat; elle est nulle avec les sérums normaux de grenouille, de poule, de cobaye et de chien. On obtient un sérum fortement agglutinant en injectant, à plusieurs reprises, du sang parasité dans les veines de bovidés guéris; les trypanosomes, agglomérés en masses énormes, deviennent granuleux et sont détruits en quelques minutes dans les parties centrales, tandis qu’ils restent vivants à la périphérie pendant un temps beaucoup plus long. L’agglutinine est altérée après chauffage à 55-58° pendant trois quarts d’heure; elle est détruite après une demi-heure à 64°.

Les trypanosomes vivent pendant quelque temps dans le sérum de diverses espèces; ils résistent jusqu’à 10 jours dans le sérum de poule et y subissent des modifications curieuses. Les éléments se mettent en boule et le flagelle peut disparaître; le noyau se décompose en granulations. Ces altérations sont visibles 4 ou 5 jours avant la mort, . tandis que le parasite est nettement mobile. « Le rôle des granulations nucléaires, fortement chromatophiles, mérite d'appeler l’attention.... Avant de les considérer comme un produit de dégénérescence, il faudrait rechercher si elles constituent des formes de résistance du parasite ou si elles représentent simplement une phase d'un mode de multiplication resté inconnu jusqu'ici... Le sang de certains animaux, surtout celui de la vache et du porc, ne renferme aucun trypanosome flagellé décelable, même après centrifugation; cependant il contient des germes virulents, puisque son inoculation aux animaux sensibles reproduit la maladie, avec des trypanosomes normaux. Si ces formes existent chez la vache et le pore, pourquoi ne pourraient-elles se former chez d'autres espèces plus sensibles, surtout chez celles qui pré-

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sentent des rémissions de plusieurs semaines? Ces formes de résistance expliqueraient le parasitisme latent, au moins en ce qui concerne certains trypanosomes, et en particulier celui de la dourine de l'âne, comme l'ont indiqué Buffard et Schneider... » (Lignières.)

Épidémiologie. — La maladie est signalée seulement dans l’Amérique du Sud. Elle paraît avoir son centre géographique dans la région équatoriale. Au Brésil, le mal de cadera sévit dans tout le bassin de l'Amazone; les provinces de Paru, Maranhô, Cearü, Goya, Matto-Grosso et surtout l’île de Marajo sont infectées en permanence. Dans la République Argentine, certaines localités marécageuses perdent 25 à 100 pour 100 de leurs chevaux. Au Paraguay, la région du sud (districts de Caàzapa, Colonie nationale et Maciel) éprouve des pertes considérables.

Étude clinique.

J. — SymPTÔMES (1).

Les premiers troubles sont peu évidents. L’amaigrissement attire d’abord l'attention; il est progressif, rapide, malgré la conservation de l'appétit. L’hyperthermie apparaît ensuite; d'abord peu accusée, elle atteint peu à peu 59° à 59°,5, quelquefois 40 à 41°, pour tomber brusquement à la normale pendant les jours suivants. Ces oscilla- . tions se suivent avec une certaine régularité et la courbe a quelques caractères typiques.

Le symptôme dominant consiste en une forte parésie des membres postérieurs. L'animal marche en traînant les pieds; les membres amaigris n’ont plus la force de supporter le corps et, à chaque pas, la croupe balance de droite à gauche (mal de cadera); parfois la paralysie atteint inégalement les deux membres et

le malade prend des attitudes variées pendant la marche. Il n'existe pas d'autre trouble fonctionnel grave. L’appétit reste normal;

quelquefois, l’urine renferme des traces de sang et d’albumine. Dans une dernière période, la station est impossible. L'animal cherche un point d'appui qu'il refuse de quitter; à défaut de celuici, il écarte les membres antérieurs et postérieurs et demeure immobile et chancelant. La chute se produit; relevé, le malade retombe et devient incapable de se soutenir à nouveau. La paralysie progresse; l’anus reste béant; le rectum paralysé est bourré

(1) ELMassran. Loc. cit., p: 3.

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