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III. — DracnosrTic

L'anémie progressive, l’amaigrissement et les troubles de la locomotion caractérisent la maladie.

L'examen du sang, surtout pendant les accès fébriles, et l'inoculation à la souris ou au chien, permettent de reconnaître sûrement l'affection dès les premières périodes.

Étiologie — Étude expérimentale.

Matières virulentes.— Le sang est virulent dès l’hyperthermie initiale et pendant tout le cours de la maladie. Les parasites sont

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rencontrés aussi dans les exsudats des séreuses et des articulations ; ils peuvent passer dans l'urine avec le sang épanché.

Réceptivité. — Le cheval est surtout exposé et, à un moindre degré, le mulet, puis l'âne. -

Le bœuf, le mouton, la chèvre et le porc résistent à l'infection accidentelle et réagissent faiblement à la suite de l’inoculation.

Le chien est très sensible; le chat résiste beaucoup plus longtemps.

Diverses espèces sont encore aptes à l’évolution ou à la culture muette du trypanosome; les résultats d'Elmassian, de Zabala et de Lignières permettent de classer les animaux réceptifs dans l’ordre suivant : souris blanche, rat blanc, souris grise, rat gris, tatou, chien, cheval, mulet, certains singes, cabiai (Hydrochœærus capybara), âne, coati, lapin, chat, cobaye, mouton, chèvre, bœuf, porc.

Contrairement à l'opinion de Voges, les oiseaux sont tout à fait réfractaires. |

Modes de l'infection. — Le mal de cadera est observé seulement en certaines régions ; depiès les clscivalicrs Ce Licaca Kemmerich, il ne sévit que dans le voisinage des marais (Voges). La maladie disparaît dès que les chevaux sont conduits dans des campements secs et élevés.

Il est rare que les animaux entretenus dans des écuries soient frappés ; les victimes appartiennent aux troupeaux d'élevage, abandonnés en liberté dans les prairies.

. L’affection ne se transmet pas par cohabitation; cependant l’observalion démontre que de nombreux foyers ont été créés par l'importation d'animaux malades.

On peut prévoir que la maladie est inoculée, comme le surra et le nagana, par quelque insecte armé. Zabala et Voges soupçonnent la « mosca brava » {Stomoxys calcitrans), qui s’alimente à la fois de sang et de produits végétaux, de servir d’intermédiaire; mais différentes espèces de taons et de moustiques sont suspects aussi. Les insectes recueilleraient les parasites sur les malades, réalisant un procédé indirect de la contagion, ou peut-être sur d’autres animaux, capables d’héberger indéfiniment les hématozoaires et d’assurer leur conservation.

Mode de la pénétration du virus. — L'inoculation d’une trace de sang virulent. dans la peau ou le tissu sous-cutané, assure

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l'infection chez le cheval. Les premiers troubles débutent, après 2 à 9 Jours, par une hyperthermie de ® et plus, coïncidant avec l’apparition des trypanosomes dans le sang. La fièvre tombe après 1 ou 2 jours, pour reparaîitre après 5 à 6 jours; ces oscillations se renouvellent, à des intervalles assez réguliers, pendant la plus grande partie de l’évolution; elles sont moins apparentes dans les dernières périodes et la température oscille alors entre 38°5 et 595. L'appétit persiste; la soif est augmentée. Il ne se produit pas encore d’amaigrissement; mais il n’est pas rare d'observer des éruptions cutanées très fugaces, qui rappellent celles de la dourine. Ce sont de très petits boutons lenticulaires, analogues à ceux de l’urticaire. L’éruption confluente peut disparaître en quelques heures, pour se reproduire le lendemain et les jours suivants. Parfois, l'accès de fièvre est accompagné d'hémoglobinurie et suivi d’une légère hématurie.

Un deuxième stade est marqué par des troubles croissants de la locomotion, de l’atrophie musculaire, de la parésie et la présence d'œdème aux organes génitaux et dans les parties déclives.

Dans une dernière période, la station devient pénible, puis impossible; la température s’abaisse au-dessous de la normale; la cornée est opaque et des signes d’iritis sont observés (Lignières). La mort arrive après 15 jours à 4 mois.

La maladie inoculée suit une marche analogue chez le mulet: l’évolution est ralentie chez l’âne.

Le bœuf ne présente aucun accident à la suite de linoculation; il cultive cependant l’hématozoaire; on ne décèle pas les parasites à l'examen direct; mais le sang est virulent pendant 4 à 5 mois. — Le mouton et le porc se comportent de même (1).

Chez le chien, l'hyperthermie survient après 4 jours environ; il se produit ensuite un amaigrissement considérable; des œædèmes envahissent la région génitale et la tête; le malade ne mange plus; bientôt il ne peut ni se déplacer, ni se tenir debout; tout à fait inerte, il est insensible aux excitations et à la douleur. La mort arrive après 1 à 2 mois (2).

(1) D’après Lignières, Zabala et Voges, le mouton et la chèvre sont tués, par cachexie, en trois mois et plus.

(2) Lignières retrouve chez le chien les altérations oculaires constatées chez le cheval. Il existe une iritis exsudative, avec hypopion, rappelant assez bien ce que l’on observe dans la fluxion périodique du cheval. Si l’on considère d'autre part que la fluxion est une maladie « à foyers », comme la malaria ou la piroplasmose, on est porté à soupçonner qu’un protozoaire pourrait être la cause de la maladie

(Lignières).

Le singe réagit comme le cheval à la suite de l’inoculation. Souvent la face est envahie par un œdème considérable; les troubles de la locomotion sont très intenses (Elmassian).

Le lapin meurt en 50 jours environ; on note des œdèmes, localisés de préférence sur les organes génitaux, de la conjonctivite et de l’opalescence de la cornée, de l’amaigrissement et de la cachexie. — La marche de la maladie est très lente chez le cobaye; certains des incculés succombent après 2 à 6 mois, après avoir présenté de l’amaigrissement et des œdèmes à la base du cou; d’autres guérissent tout à fait; les parasites ne sont décelés dans le sang qu’à de longs intervalles et pendant quelques heures seulement: ils sont moins rares dans les œdèmes. — Le rat et la souris sont tués en 7 à à 10 jours; les hématozoaires apparaissent dans le sang- ‘du 4% au 5° jour; leur nombre augmente pendant les deux jours suivants.

Im ingestion de doses massives de sang frais, répétée pendant plusieurs Jours ne produit aucun effet sur les animaux les plus sensibles (Zabala).

L’injection dans les veines a les mêmes conséquences que l’inoculation cutanée; elle abrège en général la durée de la maladie.

Pathogénie. — Les procédés de l'invasion parasitaire rappellent ce que l’on observe dans le surra. Après une période d’incubation de durée un peu variable, les trypanosomes font irruption dans le sang et la fièvre apparaît en même temps. Après une crise d’hyperthermie, les hémalozoaires disparaissent, tandis que la température retombe à la normale. Les oscillations se reproduisent ensuite, la fièvre coïncidant avec la présence des parasites dans le sang. Ces invasions successives ont pour conséquence une destruction des hématies, dénoncée par l’anémie progressive; le nombre des globules rouges tombe à 2 millions et demi chez le cheval et à 4 million et demi chez le chien (1). |

Les troubles des dernières périodes rappellent ceux de la dourine et, quant à l'aspect général des infections, le mal de cadera établit une forme de passage entre la dourine et le surra. Les troubles de la locomotion paraissent liés à une intoxication spéciale de la cellule nerveuse.

(1) Lignières signale une curieuse particularité : dès le moment où les trypanosomes pénètrent dans le sang, et pendant les 3 ou 4 jours qui suivent, il est fréquent de noter une augmentation du nombre des hématies, des : globules blancs et de la quantité d’hémoglobine.

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Résistance du virus (1). — Les parasites conservent leur vitalité dans le sang frais pendant 2 à 3 jours. L'addition d’eau distillée (1 partie) à du sang virulent (2 parties) tue les hématozoaires en moins d'une 1 heure, à des températures de 37° ou de 20°. La chaleur tue en 5 minutes à 53°, en 8 minutes à 45°, en 15 minutes à 44, en 20 minutes à 45, en 45 minutes à 42, en 4 heures à 41°, en 5 à 6 heures à 400.

Les trypanosomes résistent bien au froid; ils conservent leur vitalité et leur virulence pendant 2 à 5 jours à 0°, pendant plus de 24 heures à

— 9°, pendant plus de 2 heures à —1(0°; mais ils succombent après 4 à 9 heures à cette dernière température.

Sous l'influence des antiseptiques, les parasites s’agglutinent et forment des amas qui résistent assez bien à l’action destructrice. L'agglutination est très marquée avec le permanganate de potasse. « L’acide phénique, le crésyl et le lysol sont surtout actifs; viennent

ensuite : le permanganate de potasse, le sublimé corrosif et l'acide borique » (Lignières).

Immunisation. — Les tentatives d'atténuation du virus n’ont donné aucun résultat. Le sang du cheval malade, défibriné et conservé à l’étuve, à diverses températures, produit une évolution plus ou moins retardée, mais toujours mortelle, ou bien il ne détermine aucun accident et ne confère pas d’immunité (Zabala).

Le bœuf qui a subi une évolution virulente est ensuite réfractaire aux inoculations massives (20 c.c. dans les veines) (Lignières); toutefois son sérum ne possède pas de pouvoir immunisant

(Zabala).

Traitement. — Prophylaxie.

On ne connaît pas de traitement efficace. Lignières a expérimenté, sans résultat, les sels de quinine et les cacodylates (arrhénal), administrés par les voies digestives et par injections souscutanées.

L'évacuation des prairies basses infectées est plus facile à conseiller qu'à réaliser. L'entretien des chevaux dans des écuries closes, avec doubles portes en treillis, n'est encore possible qu’en de rares occasions. L’abatage total des malades, chevaux, ânes ou mulets, peut être recommandé en raison de l'issue toujours fatale de la maladie; il diminue les chances de l'infection en supprimant

(1) Licnières. Loc. cil., p. 853.

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sa source la plus certaine; toutefois, il est très probable que les trypanosomes sont entretenus par d’autres hôtes et l’on ne saurait attendre de cette mesure la suppression de la contagion. Les cadavres .des animaux infectés, morts ou abattus, seront enfouis ou protégés, pendant 2 ou 3 jours au moins, contre les piqûres des

insectes. : |

TABLE DES MATIÈRES

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