‹ Les Maladies Par Carence: Vitamines et SymbiotesChapitre 14 sur 15 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

Parvenu au terme de cette étude, il serait quelque peu léméraire de notre part de vouloir donner à nos conelusions ce ton tranchant et sans réplique qn'autoriserait seul l'examen d'un problème solutionné d'une façon définilive. La question des maladies par carence ne nous semble pas précisément répondre à cette condition ; les théories succèdent aux théories et si les belles recherches expérimentales que nous avons décrites ont fait faire un grand pas à l'interprétation pathogénique de ces affections, on ne peut se dissimuler que bien des points importants restent encore dans l'ombre.

Aussi nous permettra t-on de laisser ici de côté ce point de vue purement théorique et de faire ressortir au contraire lintérêl très grand que présente pour le médecin la connaissance des manifestations de la carence ainsi que des moyens de guérir et surtout de prévenir ces accidents redoutables.

Sans parler du béribéri, du scorbut et de la pellagre contre lesquelles le thérapeute, nous l'avons vu, possède des armes efficaces, la notion de carence doit maintenant être présente à l'esprit du praticien dans une foule de manifestations pathologiques moins bien caractérisées ou

dont la banalité vient au contraire parfois masquer la véritable nature. Par 1x, nous avons surtout en vue ces divers élals de précarence si bien décrits par MM. Weill et Mouriquand et dont la pathologie infantile nous donne de nombreux exemples.

Les conceptions diététiques actuelles dominées par la préoccupation, légitime du reste, d'assurer à l'enfant une alimentation de digestion facile et d'autre part de réduire au minioumn les chances d'intoxication gastro-intestinale, ont été cause de l'usage de plus en plus répandu de laits conservés et de farines hautement blutées et stérilisées. Le médecin, grâce à la notion de carence, saura rendre responsables ces régimes exclusifs et trop longtemps continués de cetle atteinte lente et progressive de l’état général de ces douleurs qui accompagnent les premiers pas de l'enfant, au point de rendre parfois la marche impos- -sible et.qui ne font que traduire ane anémie et une asthénie progressives. Le changement de régime, Padjonetion de jus de fruits aux aliments seront suivis de véritables résurrec{tions.

Les mêmes considérations peuvent trouver leur place dans l'étude des divers régimes alimentaires de l'adulte. Chez. celui-ci, si la question de la carence ne se pose guère, du moins dans nos région, lorsqu'il esten bonne santé et dans des conditions normales d'existence, il n’en va.plus de même lorsqu'une alimentation restreinte à base le plus souvent d'aliments conservés, fui est imposée par les circonstances ou que la maladie l'oblige à se soumettre à un régime strict.

La question du régime alimentaire dans les divers états pathologiques a toujours préoccupé les médecins ; mais si dans la plupart des manifestations infectieuses aiguës, on n’a guère à envisager la notion de carence, vu

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la courte évolution de la maladie, cette notion reprend tous ses droits et doit être bien présente à l'esprit du médecin toutes les fois qu'ils’agitd’affections chroniques ou de longue durée. En ce qui concerne en particulier le traitement diététique des dyspepsies, n’a-t-on pas abusé dans ces dernières années des pâtes alimentaires et des farineux donnés exclusivement et d'une façon prolongée ? Sous prétexte de désintoxication, le régime des farineux, par l'inappétence progressive qu’il entraine et les troubles de dénutrition qui s’ensuivent ne conslitue-t-il pas à la longue un remède pire que le mal ?

Getts nécessité d'élargir autant que possible le régime des dyspeptiques, sans craindre d'introduire dans leur alimentation des légumes frais et même des fruits, ne doit plus, grâce à la notion de carence, être méconnue des médecins.

Dans un autre ordre d'idées, certains auteurs vont même plus loin et Rénon se demande si la carence en privant l'organisme des « substances ferments » indispensables à la nutrition ne le prédisposerait pas à l’invasion bacillaire. Les améliorations obtenues chez les tuberculeux par la viande crue ou le jus de viande crue ne seraient-elles pas dues en partie à l’état « vivant » de ces substances ?

Par les considérations qui précèdent et sans vouloir citer d’autres exemples qu’on trouverait nombreux nous croyons donc pouvoir affirmer que la notion de carence, par les multiples conséquences pratiques qui découlent de sa connaissance, doit non seulement intervenir dans le traitement du béribéri, du scorbut et de la pellagre mais encare dominer l'étude de la diététique.

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