CHAPITRE III
Considérations générales sur le traitement local des tuberculoses externes.
Sommaire : Nous avons déjà dit dans notre introduction que les tuberculoses locales sont des maladies toujours curables tant qu'elles ne se compliquent pas d'infections secondaires.
L'on n'ouvrira donc jamais la porte à ces infections secondaires, et pour cela l'on n'ouvrira jamais au bistouri les foyers tuberculeux, car dans ce cas, tôt ou tard, quoiqu'on fasse, ces. foyers ouverts s'infecteraient.
La thérapeutique que nous préconisons n'est pas celle du ne rien taire. Notre thérapeutique sera au contraire très
active. Elle consistera à attaquer le mal chaque fois que nous pourrons atteindre sûrement le foyer tuberculeux, et c'est non seulement possible, mais facile dans le cas d'abcès froid reconnu ; à modifier le foyer en y introduisant à l'aide de très fines aiguilles des liquides modificateurs de la tuberculose.
Cette thérapeutique a deux avantages : le premier de guérir plus souvent et dans un temps généralement plus court.
Le deuxième, c'est de ne supprimer que le mal, de laisser intactes, non seulement toutes les parties saines voisines de l'organe malade, mais de celui-ci même toute la charpente c'est-à-dire de ne pas mutiler les malades, de procurer les guérisons orthopédiques et esthétiques les meilleures qu'il est possible de souhaiter.
En un mot, notre thérapeutique guérit toujours, elle guérit intégralement bien souvent tandis que tous les autres , traitements tuent souvent, et mutilent toujours.
Parmi les liquides modificateurs connus, il n'en est pas un qui soit véritablement spécifique de la tuberculose, mais il en est plusieurs et même un assez grand nombre qui, bien maniés, conduiront à la guérison.
La technique des injections est aussi importante que le choix des liquides.
Parmi ces liquides modificateurs les plus communément employés sont l'iodoforme dans l'éther ou dans l'huile d'olives ou dans la glycérine, et le naphtol camphré.
Ce dernier est d'un emploi beaucoup plus délicat que l'iodoforme. Par contre il guérit certains foyers contre lesquels l'iodoforme est impuissant.
Le naphtol camphré est inoffensif pourvu qu'on ne l'injecte que dans des cavités à paroi tuberculeuse déjà bien constituée ; l'absorption sera ici très lente.
Injecté dans le tissu cellulaire ou dans une cavité virtuelle, ou dans un ganglion dur, le naphtol camphré est dangereux, même à la dose de quelques grammes.
Nous nous servons généralement d'un mélange de 1/4 de naphtol camphré et 3/4d'étheriodoformô.
On peut guérir avec d'autres liquides et même avec la
TABLE DES MATIÈRES
solution du chlorure de zinc (non pas au 1/10, parce qu'elle est à ce titre trop douloureuse, mais au 1 /50), mais pour guérir avec ce liquide, comme avec tous les autres, il faut l'injecter non pas en dehors des toyers tuberculeux comme on L'a dit, mais dans ces foyers euxmêmes