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CHAPITRE XX

Maladies de la gorge. — Végétations adénoïdes et grosses amygdales.

Sommaire. — Traitement général du lymphatisme qui amène parfois la guérison ou une régression suffisante.

Mais si les végétations adénoïdes sont abondantes, si elles ont entraîné une complication, si l’on a acquis la conviction que le traitement marin ne suffira pas à les guérir, alors les enlever.

Gette petite intervention est très bénigne ; elle dure une demi-minute ; elle peut se faire avec ou sans anesthésie? au choix des parents.

Conduite à tenir en présence des grosses amygdales.

Dans une plage faite pour les enfants lymphatiques l’on devine qu’il nous arrive souvent des enfants atteints de végétations adénoïdes du pharynx et d’hypertrophie des amygdales.

Au même titre que l’adénite cervicale ces affections relèvent généralement de la scrofule et dans les deux cas il s’agit d’une hypertrophie du système lymphoïde accrue par les infections qui ont leur siège dans les cavités de la bouche et du nez.

On connaît la physionomie spéciale de ces enfants dont l’ensemble des traits du visage constitue ce qu’on appelle le faciès adénoïdien.

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Le visage est pâle, la bouche entrouverte, la lèvre supérieure épaisse, courte ; le maxillaire supérieur paraît atrophié et les pommettes aplaties ; le nez semble avoir subi un arrêt de développement, diminué dans tous ses diamètres. Les ailes du nez etle front sont sillonnés de veines bleuâtres. Les yeux paraissent être à fleur de tête, les plis naso-géniens tendant à s’effacer ainsi que les plis naso-malaires.

Les végétations adénoïdes peuvent s’accuser encore par des signes rationnels qui sont : la gêne de la respiration nasale caractérisée par le ronflement, l’agitation, les troubles de la voix et de la prononciation, les modifications de l’odorat et du goût, l’altération surtout de l’audition qui se manifeste par la surdité, d’abord passagère puis plus ou moins permanente.

Elles s’accusent parfois par de la toux, de la dyspnée, de la laryngite striduleuse, de la céphalie frontale, de la paresse de l’intelligence.

L’enfant d’un de mes amis était le dernier élève de sa classe, je l’ai opéré de végétations adénoïdes énormes, il est passé quelques mois après au tout premier rang et a étonné par sa vivacité ceux qu’il désespérait par son hébétude.

Enfin les végétations peuvent entraîner des déformations thoraciques qu'il faut bien distinguer de celles du rachitisme et un arrêt dans la croissance et le développement progressif du corps.

Ces signes rationnels survenant chez des en-

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fants dont la physionomie a le cachet si spécial dont nous avons parlé, doivent faire penser h l’existence de végétations adénoïdes, mais c’est seulement lorsqu’on aura pratiqué le toucherpharyngien qu’il sera permis d’affirmer l’existence des végétations.

Le doigt introduit dans l’arrière cavité des fosses nasales reconnaît si elles existent, si elles sont volumineuses, si elles sont à la voûte ou sur la paroi postérieure du naso-pharynx, médianes ou latérales, si elles sont dures ou molles. Ce toucher demande quelques secondes à peine. Voilà le seul procédé de diagnostic sans appel.

Quelle sera notre conduite en présence de cette affection fréquente et que quelques praticiens veulent attaquer dès qu'ils l’aperçoivent, dès qu’ils la soupçonnent même.

Si les végétations sont peu volumineuses, j’estime qu’il ne faut point faire d’intervention chirurgicale.

Que dirait-on du médecin qui, mis en présence des petites adénites cervicales si fréquentes chez l’enfant prendrait le bistouri dans tous les cas?

N’avons-nous pas vu que ces cas guérissaient toujours ou presque toujours sous l’influence d’un séjour prolongé à la mer?

11 en est de même pour les végétations adénoïdes (si proches parentes des hypertrophies des ganglions lymphatiques), on les voit très souvent disparaître spontanément à la mer. Un des plus grands spécialistes, dont personne ne récusera

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l’au torité, M. Lermoyez, l’a constaté maintes et maintes fois comme moi.

Ne sait-on pas d’autre part que ces végétations subissent, même sans aucun traitement, une régression spontanée à l'approche de la puberté. On se comportera donc en présence de ces végétations peu volumineuses et lorsqu’il n’existe pas de complications auriculaires ou autres, comme on le fait en présence des polymicro-adénites de la région cervicale; on attendra la guérison de l’action de la mer et d’un traitement général du lymphatisme et particulièrement de l’usage de l’huile de foie de morue, et l’on désinfectera le pharynx par quelques douches nasales. La belle avance d’enlever les végétations si le lymphatisme persiste, elles pourront se reproduire le lendemain !

Mais, si les végétations sont abondantes, si elles ont entraîné une complication, si l’on a acquis la conviction, comme lorsqu’il s’agit d’une adénite cervicale, que l’air de la mer ne les impressionne plus, alors on les enlèvera.

La petite opération peut se faire sans chloroforme si les parents le désirent, elle dure à peine quelques secondes, elle est d’une bénignité absolue. On aura soin d’enlever les végétations méthodiquement, complètement et l’on instituera ensuite un bon traitement général.

L’ablation bien faite, bien complète suivie encore d’un séjour assez prolongé à la mer, voilà le meilleur moyen d’empêcher les récidives.

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Les soins consécutifs se bornent à quelques injections antiseptiques légères.

Notre conduite est la même en présence des hyperthrophies amygdaliennes.

Pour extirper complètement les amygdales, le bistouri vaut mieux que l’amygdalotome ; mais, pour opérer avec le bistouri, il faut une plus grande habileté.

Pour enlever les végétatious adénoïdes, nous nous servons soit du couteau de Gosstein, soit de l’anneau tranchant de Schmidt.

Lorsque l’enfant présente à la fois des végétations adénoïdes et une hypertrophie des amygdales, nous faisons l’ablation dans une seule séance; le tout ne dure pas une minute.

Nous avons soin de commencer par l’amygdalotomie ; commencer par les végétations, serait nous exposer à être gêné par le sang lorsqu’on passerait ensuite à l’ablation des tonsilles.

Les résultats opératoires de l’extirpation des végétations adénoïdes sont excellents.

Tous les troubles disparaissent rapidement et la croissance reprend sa marche progressive.

Mon ami, le docteur Malherbe, a montré, et j’ai constaté comme lui, que c’est surtout immédiatement après l’intervention que ces résultats sont le plus marqués.

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