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CHAPITRE IV

Abcès froid.

Sommaire : La manière dont il traite les abcès froids est la pierre de touche qui permet de juger le chirurgien appelé à traiter les tuberculoses externes.

Car l’abcès froid c’est toute la tuberculose externe sous la forme suppurée : c’est-à-dire sous la seule forme qui appelle l’intervention active du chirurgien.

L'abcès froid, avons-nous dit, c’est la tuberculose suppurée, quel que soit l’organe primitivement atteint.

La chose est évidende lorsque le tubercule est né et s’est développé dans les tissus mous.

Mais c’est encore rigoureusement vrai pour la tuberculose qui a son point de départ dans les organes profonds, os ou jointure. L’abcès froid de la coxalgie ou du mal de Pott n’est en réalité que le prolongement du foyer profond, qu’un diverticule ou, si l’on veut, une « extériorisation » de ce fover.

Le chirurgien qui ouvre l’abcès froid de la coxalgie ou du mal de Pott va donc ouvrir en réalité le foyer tuberculeux de la hanche et des vertèbres.

La conduite à tenir en présence d’un abcès froid est identique dans tous les cas, qu’il s’agisse d’un abcès essentiel, ou d’un abcès froid symptomatique.

Il y a trois traitements de l’abcès froid :

1° L’extirpation sanglante : à repousser, parce que trop souvent elle ne guérit pas et que par contre elle amène toujours des dégâts considérables.

2° L’abstention, qui escompte la résorption spontanée de l’abcès. Cette attitude est préférable à la précédente, mais moins bonne que la suivante.

3° Le traitement par les ponctions et les injections modificatrices qui guérit sûrement, qui guérit vite, qui guérit sans mutilation.

C’est parce que la guérison est beaucoup plus assurée ainsi et qu’en traitant l’abcès on peut agir très favorablement sur le foyer profond (os ou jointure) d’où vient l’abcès, que le traitement actif par les injections est bien préférable à l’abstention — tout au moins dans les cas où l’abcès froid est facilement accessible.

Il n’y a pas un cas où l’ouverture de l’abcès s’impose (à moins qu’il n’existe une fièvre persistante trahissant une infection surajoutée).

Lorsque la peau est rouge et que cette ouverture paraît inévitable à tous, on peut encore l’éviter à peu près toujours par des ponctions évacuatrices fréquentes faites pendant quelques jours sans injections consécutives, mais ce traitement demande en ce cas une grande minutie et une grande dépense de temps.

Il est même bon nombre de cas où l’ouverture étant produite, on peut encore employer cette méthode des ponctions et des injections : c’est lorsque l’ouverture est petite et qu’une infection secondaire n’a pas encore pu se faire.

Il suffit, pour que la guérison se fasse, qu’on trouve le moyen de conserver le liquide modificateur dans la cavité, d’une injection à l’autre.

C’est uniquement dans le cas où l’abcès est le siège d’une infection secondaire (par une faute d’antisepsie généralement commise en faisant une ponction ou une injection) que son ouverture s’impose. Il faut même ne pas trop retarder, dans ce cas, l’ouverture du foyer ; cette infection secondaire amènerait sans cela des dégénérescences viscérales .

On traitera ensuite ces fistules par des pansements et des injections de liquides antiseptiques et modificateurs.

En résumé, il ne faut jamais ouvrir les abcès froids essentiels ou symptomatiques.

TABLE DES MATIÈRES

Et cependant, tous les jours des centaines de médecins, sous mille prétextes dont aucun n’a de valeur réelle, ouvrent les abcès froids,

Du fait de cette ouverture, la situation de leur malade est très aggravée.

A côté de ceux-là, il est heureusement quelques autres médecins — trop rares — qui non seulement n’ouvrent pas les abcès froids — mais encore savent profiter de l’existence de -cette cavité pour y porter des substances modificatrices qui vont, de là, atteindre et tarir la source première (os ou jointure) d’où vient l’abcès.

Ces derniers médecins, loin d’aggraver la situation du malade, l’ont guéri, non seulement de son abcès, mais très souvent de la maladie des os ou des articulations qui avait engendré l’abcès.

On est donc autorisé à dire que la date d’apparition de l’abcès est une date néfaste pour les malades soignés par les premiers (médecins) et une date plutôt heureuse pour les malades soignés par les deuxièmes . . 101

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