Mus decumanus, Pallas
I/C Surmulot.
D'ail gris brunâtre, plus clair en dessous, avec les pattes d'un blanc sale ; queue presque aussi longue que la tête et le coip3.
Fig. 8. — Le Surmulot.
Tout le monde connaît ce détestable voisin que l'on nomme le Rat, et qui semble ne s'attacher à l'homme que pour lui nuire. On le rencontre en effet presque partout où ce dernier a fixé sa demeure ; il choisit pour domicile les caves, les greniers, les écuries, les granges, les jardins, les cours, ks égouts, les quais, se fixe dans les vides des boiseries, entre l'épaisseur des planchers ; enfin partout où la vie lui paraît facile, sans toutefois s'éloigner trop des habita-
lions, et il transporte dans son nid tout ce qu'il peut traîner. De granivore qu'il était à l'origine, il s'est fait carnassier et même omnivore ; il mange la chair des animaux même en putréfaction, des ordures aussi bien que des fruits et des graines de toutes sortes ; il tue les jeunes poussins qu'il mange ; il pénètre aussi dans les endroits où l'on engraisse les porcs et il ronge parfois la peau et les oreilles de ces animaux que l'excès de graisse rend insensibles ou incapables de se défendre ; il aime également les oeufs, le lait, etc., enfin il s'attaque à tout, et l'homme n'a aucune boisson ni substance alimentaire que le Rat ne consomme pas, et ce qu'il ne peut manger, il le salit ou le ronge.
Pour se procurer sa nourriture rien ne l'arrête : il ronge les bois les plus durs, perce des trous sous les constructions, désagrège le mortier entre les pierres des murs et finit souvent, avec le temps, par se frayer un passage ; il ronge même le plomb et l'étain pour satisfaire ce désir irrésistible de ronger ; enfin il fait autant de dégâts qu'il peut en faire, et les propriétaires de bâtiments oii l'on emmagasine les céréales, les fruits et autres substances alimentaires ne connaissent que trop ses multiples déprédations.
Le Rat est hardi et rusé, il ne donne pas toujours dans les pièges qu'on lui tend ; il est aussi courageux que féroce et il défend bravement sa vie contre les belettes, les chats et autres ennemis.
Le Rat nage très bien, et peut même parcourir d'assez longues distances sur l'eau.
La femelle met au monde de sept à douze petits chaque fois et cela plusieurs fois dans l'année ; aussi le Rat se multiplie-t-il avec une étonnante rapidité, et riiomme est souvent impuissant à le combattre. Heureusement que les chiens, les chats, les belettes, les oiseaux de proie, les maladies, ainsi que la guerre qu'ils se font entre eux, diminuent de beaucoup leur nombre.
Toutefois cela n'empêche pas qu'ils pullulent dans les villes, et si nous voulons avoir une idée approximative de leur nombre, nous n'avons qu'à jeter les yeux sur les deux statistiques suivantes, prises dans la ville de Paris : ainsi en quatre semaines, dans un seul abattoir, on en a tué seize mille, et dans cette année néfaste de 1871, plus de six cent mille furent capturés dans les égouts.
L'Orient paraît être la patrie du Rat, d'où il aurait pénétré en Europe au XVIIIe siècle ; puis vers 1775 il faisait son apparition en Amérique, transporté par des vaisseaux voiliers.