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INTRODUCTION

Les Mammifères appartiennent à la grande division des animaux vertébrés et, dans cette catégorie, ils occupent le rang le plus élevé, puisque chez eux l'organisation acquiert son plus haut degré de perfection ; ils jouissent, en effet, des sensations les plus délicates et les plus multiples, comme ils font preuve des mouvements les plus variés ; mais c'est surtout par leur instinct, qui est souvent porté jusqu'à ses dernières limites de développement, qu'ils se font particulièrement remarquer, si bien que, chez un grand nombre d'espèces, on serait tenté de croire que ces êtres sont doués d'une certaine lueur d'intelligence.

" Sans nier, dit Clans, l'abîme profond qui sépare l'intelligence humaine de l'intelligence des Mammifères les mieux doués, on peut cependant affirmer que les conditions élémentaires de l'entendement et de la sensibilité se rencontrent aussi dans ce qu'elles ont de plus essentiel chez ces animaux. Le Mammifère possède le discernement et la mémoire, il peut former des idées, juger et faire des inductions ; il témoigne du penchant et de l'amour pour celui qui lui fait du bien, de l'aversion, de la haine et de

la colère contre son ennemi. Les facultés intellectuelles des Mammifères sont susceptibles de développement et de perfectionnement, restreints cependant dans des limites relativement étroites, suffisamment indiquées par l'absence du language articulé. La docilité de certains ]\Iammifères, la faculté avec laquelle on les dresse et on les élève, ont fait d'eux les animaux domestiques, les compagnons de l'homme. Toujours le penchant naturel et inconscient, l'instinct, en un mot, joue un grand rôle dans la vie des Mammifères. C'est lui qui pousse de nombreuses espèces à construire de vastes galeries et des édifices, dont le perfectionnement nous étonne. " (i)

Les Mammifères se distinguent facilement des autres classes de vertébrés par l'ensemble des principaux caractères ci-après énumérés : par leur sang chaud et rouge, leur circulation double, leur viviparité, leur corps recouvert de poils, en tout ou en partie, sauf chez quelques espèces qui en sont totalement dépourvues ; mais ils sont surtout caractérisés par la présence d'organes de lactation propres à la sécrétion d'un liquide qui doit servir à l'alimentation des petits durant leur première période d'existence.

Les Mammifères possèdent tous une charpente osseuse qui se compose de pièces solides et réunies les unes aux autres au moyen de ligaments, Tassem^ blage de ces os constitue le squelette. Il sert à sou-

(i) Claus, Traité de Zoologie, p. 1458.

tenir les parties molles qui le recouvrent, à protéger les organes les plus essentiels à la vie, à déterminer les formes et les proportions des animaux. Organe

FiG. I.— Squelette du cheval.

I, Maxillaire inférieur ; 2, vertèbres cervicales ; 3, vertèbres dorsales ; 4, vertèbres lombaires et sacrées ; 5, vertèbres caudales j 6, apophyses épineuses ; 7, omoplate ; 8, humérus ;9, cubitus et radius; 10, carpe ; 11, métacarpe ; 12, phalanges ; 13, bassin ; 14., fémur ; 15, 16, péroné et tibia ; 17, calcaneum ; 18, taise ; 19, côtes ; 20, rotule.

passif de la locomotion, le squelette, muni de ses muscles qui en forment la partie active, sert encore au transport de l'individu d'un lieu à un autre, et la réunion des deux constitue ce que l'on appelle organe de la locomotion. Les os sont formés d'une substance organique, 1 ^osseine^ et de substances inorganiques telles que le carbonate et le phosphate de chaux ; ils s'accroissent et s'entretiennent par

l'extérieur, au moyen du périoste^ membrane qui les enveloppe.

Chez les Mammifères le squelette se compose de trois parties, la tête^ le tro7ic et les membres ; la tête se partage elle-même en deux sections, le a^âne et la face. Le crâne, placé à la partie supérieure et postérieure de la tête, a la forme d'une boîte ovalaire, et se compose des os suivants : en avant, au-dessus des yeux, \ç:fro7ital; en haut et sur les côtés, les ^^n^ pariétaux ; en arrière, V occipital ; sur les côtés à la partie inférieure, les temporaux ; en bas et en avant, Vethmdide ; également en bas et au centre, le sphèndide. La face est située en avant et au-dessous du crâne ; elle se divise en mâchoire ou maxillaire supérieur et en mâchoire ou maxillaire inférieur ; la première est formée par les os maxillaires supkrietirs^ palatins^ malaires^ nasaux^ lacrymaux^ les cornets i7îférieurs et le vomer^ ce dernier seul étant impair ; la mâchoire inférieure est formée d'un seul os. L'os hyoïde^ qui est situé à la base de la langue, peut être considéré aussi comme faisant partie de la face, de même que les dents qui garnissent les mâchoires. Les dents se partagent en incisives^ en canines et en molaires ; ces dernières se divisent ordinairement en vraies et qw fausses molaires om prémolaires. Les os de la tête sont solidement liés ensemble, à l'exception de la mâchoire inférieure qui s'articule avec le temporal.

Le tronc ou colonne vertébrale est formé d'anneaux osseux traversés par la moelle et hérissés

d'apophyses plus ou moins développées parmi lesquelles se distinguent surtout, par leur grande étendue, les apophyses épineuses situées sur le dos et les apophyses transverses, sur les côtés. Le tronc est divisé en régions ce^-vicale^ dorsale ou thoracique^ lombaire, sacrée et caudale ou coccygien?ie.

La région cervicale se compose toujours de sept vertèbres, quelle que soit la longueur du cou, à l'exception toutefois du Lamantin qui n'en a que six et des Bradypes dont le nombre est de huit ou neuf. La première vertèbre qui s'articule avec la tête à l'occiput, par deux condyles, a reçu le nom à^atlas^ et la seconde, celui à^^axis ; ces deux vertèbres sont les plus mobiles et suffisent à tous les mouvements de la tête. La région dorsale comprend de dix à douze vertèbres, mais on en rencontre ordinairement douze ; ces dernières se distinguent par le grand développement de leurs apophyses épineuses. La région lombaire se compose de deux à neuf vertèbres, mais en moyenne il y en a de cinq à sept ; ces vertèbres présentent un corps plus considérable que les autres, avec des apophyses transverses très développées. Les vertèbres sacrées se soudent de très bonne heure, de manière à ne former qu'une seule pièce appelée sac mm.

Enfin la région coccygienne ou caudale, qui termine la colonne vertébrale, prend chez quelques mammifères un très grand accroissement et les vertèbres se chiffrent parfois jusqu'à quarante.

La poitrine ou le thorax est une grande cavité

osseuse de forme ovoïde, occupant la partie antérieure du tronc et renfermant les organes essentiels à la circulation et à la respiration ; cette cavité est formée sur les côtés, par les côtes, qui sont unies aux vertèbres dorsales d'où elles se dirigent tranversalementen voûte, pour s'articuler avec le sternum^ os allongé et aplati d'avant en arrière, placé à la partie antérieure et moyenne de la poitrine, et qui résulte lui-même de la jonction de plusieurs pièces ; il porte, chez quelques espèces, une crête au milieu. Un certain nombre de côtes, à la partie postérieure? ne se rendent pas au sternum, mais elles s'unissent entre elles à leur extrémité par des cartilages ; on les nomme alors fausses côtes. Les côtes correspondent toujours en nombre égal aux vertèbres dorsales.

On appelle bassiii une vaste cavité osseuse située à la partie inférieure du tronc, s'articulant en arrière avec le sacrum ; le bassin est formé de deux os irréguliers, larges et plats, nommés os illiaques^ i7ino7nmès^ ou os des hanches, et chacune de ces pièces est elle-même formée de trois os : Vilezim^ le pubis et ViscJiiiun.

Le bassin sert de point d'appui aux membres postérieurs, et lorsque ces derniers manquent, comme dans les Cétacés, le bassin n'existe pas. On y remarque cependant, situés dans les chairs, deux os représentant les ischions.

Les membres antérieurs ou thoraciques comprennent : V épaule^ formée par V omoplate^ et unie au

sternum par la clavicule, lorsqu'elle existe ; Vhumerus^ le cubitus et le radius, le carpe et le ynétacarpe.

Le carpe est formé de deux rangées de petits os ; la première rangée comprend le scaphdïde, le sentihcnaire, le pyramidal et le piciforme ; la seconde, le trapèze, le trapèzdide, le grand os et Vos crochu ; puis le jnétacarpe composé de quatre ou cinq os, parfois d'un seul, auxquels s'ajoutent les doigts variant en nombre de un à cinq et munis de trois phalanges chacun ; cependant le cinquième ou le pouce, lorsqu'il existe, n'en a ordinairement que deux.

Les membres postérieurs comprennent \^ fémur, qui s'articule avec le bassin, le tibia et le péroné ou Jibula, et le tarse, lequel comprend deux rangées de petits os, qui sont V astragale, le calcaneum ou talo7i, le scaphdide, les trois os cunéiformes et le cubdide. Le métatarse correspond aux parties analogues des membres antérieurs. Au devant de l'articulation, entre la jambe et la cuisse, se trouve enclavé dans les tendons, un os aplati que l'on appelle rotule.

Les divers mouvements exécutés par les animaux ont tous pour résultat le déplacement de quelques os du squelette, qui est revêtu d'organes essentiellement contractiles, appelés muscles et solidement fixés aux os par des fibres blanches serrées dont l'assemblage prend le nom de tendons ; il existe dans les chairs des membranes de même nature appelées aponévroses.

Sous l'action du système nerveux, les muscles ont

la faculté de se contracter ou de s'allonger pour faire mouv^oir ensemble ou séparément les différentes parties du squelette. Les muscles que l'on appelle communément la chair^ sont composés de fibres charnues groupées en faisceaux, de grandeur et de formes variables, généralement de couleur rouge, conséquence du sang dont elles sont imprégnées.

La direction des muscles est ordinairement parallèle, perpendiculaire ou oblique à l'axe du corps ou à celui des membres, et leurs fonctions varient suivant la place qu'ils occupent. Distribués dans toutes les parties du corps, ils sont en nombre considérable et quelques anatomistes en comptent plusieurs centaines qui tirent leurs noms de leur position, de leur forme ou de leur usage. Leur énumération serait trop longue à faire ici.

Les pertes incessantes occasionnées dans l'économie animale par l'action des organes du mouvement, sont réparées au moyen de matières animales ou végétales qui, par suite de certaines modifications, s'assimilent à l'individu qui se les approprie. C'est à ces diverses transformations des aliments qu'on a donné le nom de digestion^ et les organes qui contribuent à l'accomplissement de cette fonction se nomment appareils digestifs.

L'appareil digestif se compose d'un tube de longueur variable qui forme, dans l'intérieur du corpSy plusieurs détours ; il présente sur son parcours des renflements plus ou moins considérables dans lesquels les aliments subissent leurs transformations*

L'orifice antérieur du canal digestif s'ouvre par une large cavité nommée bouche^ dans laquelle se trouvent les appareils de la mastication^ de Vinsalivatio7i et de la dèghititioit^ et où les aliments subissent leur première préparation. Organe de préhention, la bouche, toujours fendue transversalement, est munie à l'extérieur de deux lèvres mobiles et charnues et à l'intérieur, de deux mâchoires garnies de dents, à l'aide desquelles les matières alimentaires sont divisées et broyées ; c'est ce qu'on appelle la mastication. On y rencontre aussi des glandes dont la fonction est de sécréter la salive, liquide alcalin qui sert à humecter et à réduire en pâte les aliments divisés par les dents ; c'est l'insalivation. La déglutition ou le passage des aliments dans l'estomac s'opère au moyen de la langue qui, en s'appliquant à la voûte du palais, chasse ces matières dans le pharynx^ commencement du canal intestinal proprement dit, puis de là dans Vœsophage et enfin de ce dernier dans Vestoniac qui y fait suite» Ce transport des aliments est effectué par les contractions successives des muscles du pharynx et des fibres de l'œsophage.

Comme le pharynx se trouve situé près de l'épine dorsale, en arrière du larynx, les aliments, dans leur trajet, passent au-dessus du tube respiratoire. L'orifice de ce tube se ferme par une valvule, Vèpiglotte^ qui empêche les aliments d'y pénétrer ; les fosses nasales sont également protégées contre les matières

lO

alimentaires par le voile du palais, repli de la peau interne, qui en ferme momentanément l'entrée.

L'estomac est une sorte de sac déterminé par une dilatation plus ou moins considérable de l'intestin, dont l'orifice supérieur, le cardia^ communique avec l'œsophage, et l'inférieur, \^ pylore^ avec le duodemim. Il est situé à la partie supérieure et gauche du ventre au-dessous du diaphragme^ membrane musculaire mince, très large et placée obliquement entre le thorax et l'abdomen. A peine les aliments sont-ils entrés dans l'estomac qu'ils sont pressés de toute part par les contractions de ses parois, s'imprègnent du suc gastrique, sécrété par ses follicules, puis transformés en une pâte homogène et grisâtre, qu'on nomme le chyme^ ils passent par petites portions dans le duodénum ou commencement de l'intestin grêle, pour y subir une seconde digestion au <:ontact de la bile et du suc pancréatique sécrétés par deux glandes, le foie et le pancréas. Le foie, qui sécrète la bile, est partagé en lobes ; il occupe le haut de l'abdomen vers la droite, s'appuyant contre l'estomac. Le pancréas est une glande oblongue placée transversalement dans un repli du duodénum ; le suc qu'il sécrète a beaucoup d'analogie avec la salive.

La seconde digestion achève de transformer la masse alimentaire en substance nutritive et la sépare en deux parties, les excrème^its et le chyle ; les premiers sont rejetés au dehors après avoir parcouru toute la longueur du canal intestinal, et le

chyle est absorbé sur son parcours par les vaisseaux chylifères pour se mêler au sang et porter dans toutes les parties de l'être, l'aliment nécessaire à l'entretien de la vie.

Les intestins sont maintenus en place par le péritome^ membrane qui les recouvre en partie ou les embrasse dans ses replis. A la suite de l'estomac, l'intestin se divise en deux parties : l'une antérieure, plus étroite et plus longue, est Vintestin grêle ; l'autre postérieure, plus large et plus courte^ est le gros hitestiii. La longueur du canal intestinal varie ; il est, en général, plus long chez les Herbivores que chez les Carnivores.

L'estomac n'est pas conformé de la même manière chez tous les Mammifères ; il est très simple chez les Carnassiers et plus encore chez les Phoques et les Marsouins, tandis qu'il est beaucoup plus compliqué dans les Herbivores et surtout les Ruminants, comme on le verra plus loin.

Chez tous les Mammifères la respiration est aérienne, même chez ceux qui vivent dans l'eau ; elle consiste dans l'acte par lequel le sang noirâtre ou veineux est mis en contact, dans les poumons, avec l'air atmosphérique qui le transforme en sang rouge ou artériel ; elle s'effectue à l'aide des poumons qui en sont les principaux organes ; ces derniers sont au nombre de deux, inégaux, celui de droite étant le plus gros, de forme conoïde, entourés d'une membrane séreuse nommée plèvre ; ils sont de nature spongieuse, de couleur rosée, et sont divisés

en un ou plusieurs lobes. Ils occupent, avec le cœur, toute la cavité thoracique.

L'air qui est amené aux poumons, passe par la bouche ou les narines et pénètre dans un canal qui s'ouvre dans le gosier à la base de la langue et an devant de V œsophage ; ce canal, à son ouverture, forme le larynx^ organe de la voix, puis se continue jusque dans la poitrine par la trachée artère ; cette dernière est formée de plusieurs anneaux cartilagineux et élastiques, excepté en arrière oii elle est simplement membraneuse, puis elle se bifurque en deux tubes appelés broncJies^ qui pénètrent dans les poumons en se ramifiant.

Dans l'inspiration, les poumons se dilatent par suite de Pair qui les pénètre ; la cavité de la poitrine s'agrandit et le diaphragme, qui a la forme d'une voûte, se contracte et refoule en bas les viscères abdominaux ; l'air est ensuite expulsé au dehors par les contractions des poumons, qui reviennent sur euxmêmes, par celles des muscles de la poitrine qui en diminuent la capacité, et aussi par celles des muscles de l'abdomen qui refoulent les viscères avec le diaphragme.

Si la respiration est une des conditions essentielles à l'entretien de la vie, la circulation n'en est pas moins une fonction également indispensable de l'existence. En effet, c'est par la circulation que les principes nutritifs sont transportés dans toutes les parties de l'organisme. Le cœur^ les artères et les veines^ voilà ce que l'on appelle appareil de la circu-

lation, et le sang en est le liquide qui l'alimente. Le cœur est un organe musculeux, de forme conique, entouré d'une membrane séreuse nommée péricarde ; il est placé dans la poitrine sur la ligne médiane, dans l'espace qui sépare les deux poumons ; sa pointe est considérablement inclinée vers la gauche. Cet organe est creux et offre quatre cavités : deux supérieures, les oreillettes^ et deux inférieures, les vejitricules ; une cloison médiane et imperforée sépare le ventricule et l'oreillette droite de ceux de la partie gauche. On appelle artères les vaisseaux qui partent du cœur, et on nomme veines ceux qui ramènent le sang au cœur. Le tronc principal des artères, 1 ^aorte^ sort du ventricule gauche du cœur, se recourbe à une courte distance en forme de crosse, et descend le long de la colonne vertébrale, distribuant des artères plus petites qui se ramifient elles-mêmes dans toutes les parties du corps ; une autre artère sort du ventricule droit pour se ramifier dans les poumons, après s'être divisée en deux branches. Les artères sont formées de tuniques résistantes et très extensibles, leur permettant de supporter sans se rompre les mouvements des liquides qui s'y précipitent. Les veines, également distribuées dans toutes les parties du corps, ont pour fonction de ramener le sang noir au cœur par la vei7ie cave supérieure et la veine cave inférieure. Les veines sont d'une texture moins résistante et moins extensible que les artères, aussi le sang y coule d'une manière plus uniforme ; elles ont aussi des ramifica-

lions plus nombreuses et sont situées moins profondément. De l'extrémité des artères, le sang passe aux veines à travers de fines ramifications que l'on nomme réseau capillaire.

La circulation est double chez les Mammifères, Le sang est toujours rouge ; il est composé du plasma^ de gaz en dissolution et de globules ; ces derniers sont des corps solides, microscopiques, et se partagent en globules rouges et en globules blancs ; le plasma, qui est la partie liquide, est incolore et renferme les éléments réparateurs des organes ; on y rencontre dissouts de V albicmiiie^ de XdL fibrine., des sels et autres matières ; dans les gaz en dissolution se retrouvent de Voxigène^ de V azote et de V acide carbonique. C'est à la présence des globules rouges que le sang doit sa coloration.

Sous l'action des contractions musculaires du ventricule gauche, le sang est lancé dans l'artère aorte qui le distribue dans tout l'organisme, puis il est ramené par les veines caves dans l'oreillette droite du cœur ; il descend alors dans le ventricule droit qui se contracte et le repousse dans les poumons par l'artère pulmonaire, où il vient en contact avec l'air atmosphérique qui lui communique de l'ôxigène, et le débarrasse de l'acide carbonique dont il est chargé. C'est alors qu'il reprend sa couleur vermeille. Des poumons, le sang revient par les quatre veines pulmonaires dans l'oreillette gauche pour descendre dans le ventricule du même côté qui le pousse de nouveau dans l'aorte.

Entre les oreillettes et les ventricules, il existe une valvule qui se ferme au moment où les ventricules se contractent pour empêcher le sang de remonter dans les oreillettes ; il en existe également une à l'entrée des artères afin que le sang ne puisse revenir vers le cœur, lorsque ce dernier se dilate.

Si Ton compare ensemble le système nerveux chez les vertébrés, cet agent indispensable des fondions de la sensibilité et du mouvement, on constate qu'il est construit absolument d'après le même plan dans tous les animaux de cette catégorie, mais son volume acquiert un développement et une perfection d'autant plus grands que l'on se rapproche davantage des animaux supérieurs.

Le système nerveux préside aux fonctions de relation comme à celle de nutrition ; c'est par lui que les impressions reçues par les organes des sens sont communiquées au cerveau ; c'est également par lui que les ordres sont transmis à l'organisme ; en un mot, il préside à toutes les attributions de ce que Ton appelle la vie animale^ c'est-à-dire la sensibilité^ la volonté et l'instinct.

L<e système nerveux se divise en système nerveux cérébro-spinal^ et en système nerveux gang Ho n7iaire ou sympathique. Le premier consiste en une masse nerveuse plus ou moins considérable, située à l'intérieur du crâne et de la colonne vertébrale ; sur les parois de cette dernière sortent des nerfs sensitifs et moteurs qui se distribuent dans toutes les parties de l'animal. On donne le nom ^encéphale à cette por-

— lotion de la masse nerveuse située à l'intérieur du crâne, et de moelle épinière à celle qui, sous la forme d'un gros cordon blanchâtre, est située à l'intérieur de la colonne vertébrale. Organe d'une extrême importance et à structure très délicate, l'encéphale est protégé contre les agents extérieurs par le crâne qui est très résistant, et à l'intérieur par trois membranes, une fibreuse très forte adhérant au crâne, la dure-mère^ une seconde séreuse, V arachnoïde^ ainsi nommée par ce qu'elle ressemble à une toile d'araignée, et la troisième, cellulaire, X^l pie-mère^ dont la texture est très délicate et qui recouvre immédiatement l'encéphale. Entre la pie-mère et l'arachnoïde il existe un liquide qui protège encore le cerveau. La moelle épinière est également enveloppée par les mêmes membranes et protégée par les vertèbres qui s'entrelacent toutes afin d'offrir plus de résistance aux secousses extérieures. Les deux parties principales que renferme la boîte crânienne sont le cerveau et le cervelet ; le premier est un organe très volumineux occupant toute la cavité supérieure du crâne ; il est de forme ovalaire et est divisé sur la ligne médiane en deux parties, nommées hémisphcres^ à la surface desquelles se voient de nombreux sillons et plusieurs éminences contournées sur elles-mêmes, que l'on appelle circonvoltUio7is cérébrales. Cependant les Rongeurs en ont peu et quelques autres mammifères en sont dépourvus. Le cervelet, situé à la partie postérieure et inférieure du crâne, est bien moins considérable que le cerveau, et d'une

nature moins consistante. Les nerfs rachidiens sont des espèces de cordons blancs qui prennent naissance à la moelle épinière, à l'intersection des vertèbres, par deux racines, l'une antérieure et l'autre postérieure, qui s'unissent à leur sortie des vertèbres ; une partie de ces nerfs entre en communication avec le système nerveux ganglionnaire,et l'autre se distribue dans la partie postérieure et antérieure du corps. Ces derniers ont pour fonctions de transmettre au cerveau les sensations de ces divers organes, et de communiquer aux muscles l'influence de la volonté émanant du cerveau. On a constaté par des expériences que la racine antérieure des nerfs rachidiens préside aux mouvements et est insensible à la douleur, tandis que la racine postérieure produit la sensibilité seulement.

On compte une quarantaine de paires de nerfs, dont une douzaine sortent du crâne et les autres de chaque côté de la colonne vertébrale. Ils tirent leurs noms de leur position et de leurs fonctions. Parmi ceux qui innervent particulièrement la tête, on retrouve les 7ierfs olfactifs^ optiques^ aicditifs^ trijumaux et autres.

Le système nerveux ganglionnaire se compose d'un grand nombre de petits filets nerveux, réunis en petites masses que l'on nomme ^langlions^ liées entre elles par des cordons fnédullaires^ et distribuées le long de la partie antérieure de la colonne vertébrale. Le système nerveux ganglionnaire préside aux fonctions de la nutrition, de la respiration, de

la circulation et de la digestion, d'une manière régulière et périodique, indépendamment de la volonté.

Les animaux émettent des sons divers pour exprimer les différents sentiments qui les animent ; ces sons se produisent par l'air qui, chassé des poumons, pénètre dans la trachée artère qui se resserre en fente à la partie antérieure pour former le larynx, organe essentiel à la production du son. Le larynx est tapissé à l'intérieur par des muscles dont deux surtout exercent les fonctions de cordes vocales ; ces dernières, en vibrant, permettent et interceptent alternativement le passage de l'air ; de là la production des sons. Les autres organes tels que les cavités buccale et nasale, et autres, ne servent qu'à modifier le timbre de la voix.

Le toucher réside dans la peau qui se partage en deux couches, l'une extérieure, Vepiderme^ et l'autre intérieure, le derme ; entre ces couches il existe une muqueuse qui contient du pigment^ matière colorante qui donne la couleur au poil et à la peau des animaux. Le derme est la partie la plus épaisse de la peau et aussi la plus importante ; c'est dans cette couche que s'implantent les poils ; c'est là que sont situées les glandes qui sécrètent la sueur ; c'est là aussi qu'aboutissent des muscles et des filets nerveux qui lui communiquent le mouvement et la sensibilité. Les muscles de la peau se nomment le peaucier qui, chez quelques mammifères, enveloppe presque tout le corps. Le sens du toucher réside plus par-

ticulièrement sur les parties nues des animaux, tels que les lèvres, le nez et autres.

Le sens du goût est celui qui perçoit et discerne la saveur des aliments ; il réside à la surface de la langue et surtout à sa base. C'est dans les papilles dont elle est hérissée et dans lesquelles aboutissent des filets nerveux, que s'opère la sensation gustative. Les papilles les plus remarquables par leur dimension et leur nombre sont placées à la base de la langue.

Le sens de l'odorat est celui qui perçoit les odeurs. Chez les Mammifères il existe deux fosses qui s'ouvrent à l'extrémité du museau et que l'on nommey^^^^^ nasales ; le réceptacle qui les entoure est désigné sous le nom de ^lez^ qui est quelque fois plus au moins allongé en forme de groin ou de trompe ; une cloison cartilagineuse le divise en deux parties. Le nez n'existe pas dans les Cétacés souffleurs, et les narines, désignées sous le nom à^èvents^ sont situées à la partie supérieure de la tête ; il n'y a qu'un évent chez les Dauphins. Les fosses nasales sont creusées dans trois cornets dans lesquels se distribue le nerf olfactif et qui sont à replis d'autant plus nombreux que l'odorat est plus subtil. Elles sont tapissées à l'intérieur par une muqueuse qui a reçu le nom de me^ibrane pittiitaire. Cette membrane n'est sensible aux odeurs que dans la partie qui tapisse la voûte des fosses nasales.

Dans l'aspiration, les particules qui s'échappent

des corps odorants, viennent frapper la partie supérieure de la muqueuse pituitaire et alors l'impression se produit.

Les yeux sont des organes globuleux placés dans des cavités osseuses appelées orbites et communiquant avec le nerf optique ; l'œil se compose de la rétine^ la choroïde avec Viris^ la sclérotique avec la cor7ièe^ le cristallin^ le corps vitrt^ et de diverses parties accessoires. La sclérotique est une membrane fibreuse, blanche, très solide, qui enveloppe le globe de l'œil ; elle devient transparente en avant et constitue alors la cornée ; la choroïde est une membrane vasculaire noircie par un pigment foncé surtout en arrière ; elle est située en dedans de la sclérotique et elle s'accroît en avant pour former l'iris ; le pigment qu'elle contient a pour effet d'éteindre les rayons lumineux qui ont traversé l'œil. Chez les Carnassiers, les Ruminants, les Solipèdes et les Pinnipèdes, la choroïde offre un tapis formé soit de cellules soit de fibres, et c'est à la présence de ce tapis que l'œil de ces animaux a la faculté de luire dans l'obscurité. La rétine, partie essentielle de l'œil, est une membrane nerveuse qui tapisse la surface interne de la choroïde ; elle est formée par l'épanouissement du nerf optique ; le corps vitré est une sorte de gelée incolore et transparente qui occupe la plus grande partie de la cavité de l'œil ; le cristallin qui est placé devant le corps vitré, a la forme d'une lentille biconvexe, transparente, susceptible de changer de courbure

et de s'accommoder aux distances ; VMimetir aqueuse est un liquide moins dense que le corps vitré, il est situé entre le cristallin et la cornée ; l'iris, ordinairement coloré, est un diaphragme elliptique placé devant le cristallin ; il est percé au centre d'une grande ouverture qui forme la pupille ; cette dernière est susceptible de se dilater ou de se contracter selon la plus ou moins grande quantité de rayons lumineux qui l'afrecte. L'œil est mu par six muscles principaux, dont quatre droits et deux obliques.

Les paupières sont des replis de la peau qui s'ouvrent et se ferment à volonté à l'aide de deux muscles. Les larmes sont sécrétées par des glœndes lacrymales^ situées dans la région supérieure des paupières ; ces dernières lorsqu'elles se ferment ramènent les larmes sur les yeux pour les lubrifier, puis ce liquide descend dans le nez par un petit canal appelé naso-lacrymal. Chez quelques mammifères ce canal s'ouvre sur la surface de la peau à l'entrée de la narine.

L'œil peut être comparé à une chambre noire munie d'une lentille convergente qui, par une petite ouverture, donne accès à l'intérieur, aux rayons lumineux ; ces derniers se convergent en traversant la lentille et vont fixer l'image au fond de la chambre noire qui est mise au point. De même les ondes lumineuses, après avoir traversé la cornée et l'humeur aqueuse, passent par la pupille qui se contracte si la lumière est vive, et se dilate dans le cas

contraire, puis elles pénètrent dans le cristallin, oii elles se convergent pour aller ensuite fixer l'image sur la rétine au fond de l'œil, après avoir traversé le corps vitré ; l'impression est alors transmise au cerveau par le nerf optique.

Comme dans la chambre noire, l'image apparaît réduite et renversée.

Le sens de l'ouïe est destiné à la perception des sons produits par les mouvements rapides des corps, et transmis par des ondes sonores, Voreille en est l'organe. Cette dernière se divise en oreille exte^^ne^ oreille ynoyenne et oreille interne. L'oreille externe est formée par le pavillon et le co7îdiiit auditif ; le premier est la partie saillante, qui prend aussi le nom de conque, et est de formes et de dimensions diverses ; très grand chez certaines Chauves-Souris, il devient nul dans les Mammifères aquatiques et souterrains. Le conduit auditif est creusé dans l'os temporal ; des poils se voient à l'entrée et des glandes y sécrètent un liquide, le cérumen^ qui empêche les insectes et la poussière de pénétrer à l'intérieur. L'oreille moyenne, que l'on appelle encore caisse du tympan, est une chambre étroite creusée dans le rocher à la suite du conduit auditif ; la partie externe est formée par le tympan^ membrane mince tendue obliquement et susceptible de vibrer ; la partie externe offre deux ouvertures, la fenêtre ovale et la fe7iêtre rojtde^ situées l'une audevant de l'autre. Dans l'intérieur on retrouve une série de petits osselets, que l'on appelle le 7narteau^

dont le manche est comme soudé à la face interne du tympan ; V enclume qui s'articule avec la tête du marteau, et dont l'une des branches s'unit à Vos le7iticulaire ; puis ce dernier s'articule avec Vètrier qui est engagé dans la fenêtre ovale ; ces pièces sont mobiles et sont mises en action par deux muscles, dont l'un est fixé au marteau et l'autre à l'étrier. L'oreille moyenne communique avec le pharynx à l'aide d'un tube cartilagineux appelé trompe d'^Eiistache^ qui permet à l'air d'y pénétrer lorsque l'animal boit ou avale des aliments. L'oreille interne ou labyrinthe est placée plus profondément dans le temporal ou rocher ; elle se compose de trois parties principales, le vestibule au centre, les canaux se mi- circulaire s en dehors et le limaçon en dedans. Le vestibule est situé entre le limaçon et les canaux semi-circulaires ; il est formé de deux ampoules à parois molles et minces, l'une désignée sous le nom àhitricule et l'autre de succule ; le vestibule communique avec la chambre moyenne par la fenêtre ovale ; les canaux semicirculaires sont trois tubes en demi-cercle s'ouvrant sur le vestibule, ils ont une ampoule à l'une de leurs extrémités ; le limaçon, ainsi nommé parcequ'il représente la forme de certaines coquilles de mollusques gastéropodes, est un tube décrivant de deux à cinq tours de spires, selon les différentes espèces de Mammifères ; il est divisé en deux parties par une lame en spirale, une de ses parties communique avec la chambre moyenne par la fenêtre

ronde, et l'autre s'ouvre dans le vestibule. La plus grande partie du nerf auditif vient aboutir dans la lame spirale, dans laquelle se trouve le canal cochléaire ; ce canal offre des rangées de cellules ciliées ou fibres radicales microscopiques, et leur ensemble constitue V organe de Corti.

Les ondes sonores en pénétrant dans l'oreille parcouient toutes ses cavités, mettent en vibration ses différents organes et viennent ébranler le nerf auditif, qui transmet ses impressions au cerveau.

Chez les Mammifères, la vie ne s'entretient pas toujours au moyen d'aliments de même nature ; tous ces animaux n'ont pas un régime commun et uniforme ; ce régime, au contraire, est souvent très varié. Ainsi, nous rencontrons des espèces qui se nourrissent exclusivement de chair, souvent même de chair palpitante ; on les appelle carnivores. D'autres ne vivent que d'herbes ; ils ont reçu le nom d'herbivores. Un certain groupe mangent des insectes, des larves, des vers et autres petits animaux analogues ; ce sont les insectivores. Puis viennent les frugivores qui, comme leur nom l'indique, se nourrissent des fruits durs de différents arbres, de grains et graines de diverses sortes. Enfin il y a une dernière catégorie dont la nourriture se compose de toutes espèces d'aliments ; ils sont connus sous le nom d'omnivores. Toutefois ces divisions ne sont pas strictement exclusives ; en effet, il y a des insectivores qui se nourrissent de chair comme il y a des carnivores qui détruisent de petits inver-

tébrés. De même, parmi ceux qui se nourrissent d'herbes ou de fruits, il s'en lencontre qui font un usage simultané de ces deux espèces d'aliments.

La forme et la taille qu'affectent les Mammifères offrent de nombreuses variations ; il y a des colosses comme il y a des pygmées. On trouve des mam.mifères qui ont quatre membres avec depuis un jusqu'à cinq doigts, d'autres n'ont que deux membres seulement et encore sont-ils transformés en nageoires ; d'autres encore voient se développer sur leur front des excroissances cornées ou bien leur nez s'allonger ^n trompe.

Ces différences de formes et de taille sont tout de même en rapport avec le milieu dans lequel vivent ces animaux, comme elles sont également adaptées à leur régime. Ainsi, tel animal destiné par sa nature à se nourrir de proies vivantes, plus ou moins grosses, plus ou moins agiles, aura un corps élancé et souple, des muscles puissants et la force nécessaire pour assurer la capture de sa proie. Les Taupes, que leur vie souterraine dérobe à nos regards, sont munies de mains et d'ongles robustes pour creuser des galeries dans le sol, afin d'y chercher des vers ; il en est de même des autres espèces de fouisseurs dont les membres sont conformés pour ce genre de vie. Les espèces arboricoles, se nourrissant de fruits, ont des membres déliés et souples, qui leur permettent de grimper sur les arbres et de les parcourir en tous sens.

Les membres de la Chauve-Souris sont transfor-

mes en ailes, et, à l'instar de l'oiseau, elle parcourt l'espace pour y chercher sa nourriture. Ces masses vivantes, les Cétacés, de même que les Phoques, affectent dans leur corps la forme d'un poisson et leurs membres sont transformés en nageoires qui les rendent aptes à vivre de la même vie et dans les mêmes milieux que les poissons. Ainsi, tout est proportionné au genre de vie, à la taille et à la force de chaque individu, avec une sagesse et une profondeur de vues vraiment admirables.

Bt maintenant, si nous jetons un regard sur les autres classes du règne animal, pour ne mentionner que ce dernier, nous y voyons également que tous les êtres qui nous sont connus ont été formés d'après un plan raisonné qui s'harmonise admirablement avec les milieux et les besoins de chaque espèce, ce qui démontre à l'évidence que tout dans la nature a été coordonné par une Intelligence divine, qui s'est plue à créer ces myriades d'existences, aux formes et aux couleurs si variées, vivant dans les abîmes des mers, à la surface de la terre ou dans le sol, et dont un si grand nombre resteront éternellement inconnues des savants, éternellement ignorées de l'homme qui s'imagine que tout a été créé à son intention et pour sa jouissance.

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