Genre SCALOPS, Cuvier
Le nombre de dents se chiffre à trente-six ; le museau est allongé, flexible et cartilagineux, sans frange à l'extrémité ; la queue est courte et presque dénudée de poils.
Scalops aquaticus, (Linné).
1,3. Taupe ordinaire.
Pelage lustré, d'un gris de plomb foncé, moins intense sous le corps et lavé quelquefois de brun ; pieds et ongles de couleur chair claire ; les membres sont situés quelque peu sur les côtés du corps ; ceux de derrière sont plutôt faibles et déliés ; les doigts sont réunis entre eux par une petite membrane. Longueur, 4)4 ; queue, i.
Fig-. 14.— La Taupe ordinaire.
Cette espèce est généralement commune dans notre province ; quoique ses habitudes soient nocturnes on la rencontre cependant durant le jour. Sa nourriture consiste en insectes, larves, vers et limaçons, qu'elle recherche en remuant la terre, en pratiquant des galeries dans toutes les directions. Ces
galeries sont généralement creusées à une profondeur de trois ou quatre pouces ; l'animal pénètre rarement plus bas à moins que ce ne soit pendant les sécheresses ou encore en hiver, alors que les vers s'enfoncent plus profondément dans le sol, afin d'éviter la gelée.
Cette Taupe est presque constamment occupée à creuser de nombreux chemins souterrains qui atteignent souvent plusieurs centaines de pieds de longueur, et, semblable à la précédente, si un obstacle se rencontre en poursuivant sa chasse, elle creusera en dessous pour l'éviter. On remarque sur le parcours de ces galeries un nombre plus ou moins considérable de monticules formés de terre molle, qui atteignent ordinairement un diamètre de sept à dix pouces et une hauteur de trois à six pouces. Il est probable, comme le pensent quelques naturalistes, que cette Taupe rencontre là quelques colonies de vers ou de larves d'insectes, et qu'elle remue alors la terre en tout sens afin de se nourrir de ces animaux.
Elle peut sans doute causer des dommages à la végétation en coupant les petites racines des plantes qui se rencontrent sur son passage, dans les sentiers qu'elle creuse journellement, et par ces monticules de terre, surtout dans les jardins, où les fleurs sont arrachées et renversées, la symétrie des plates-bandes détruites, ce qui fait souvent le désespoir des jardiniers qui la poursuivent à outrance ; mais le nombre considérable de vers et de larves nuisibles qu'elle
détruit, compense amplement ces petits méfaits involontaires.
L'opinion émise que cet animal ronge les racines des plantes pour s'en nourrir est erronée, puisqu'il est essentiellement insectivore, et ne peut par conséquent se nourrir de matières végétales.
Cette Taupe met bas probablement deux fois durant l'année, de cinq à neuf petits, qu'elle dépose dans un nid creusé dans la terre, et situé presque toujours sous un tronc d'arbre à une profondeur d'environ un pied ; ce nid est tapissé de feuilles et d'herbes sèches.
On peut capturer ce petit animal en lui tendant un piège à l'entrée de sa galerie principale.