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I. Ordre GLIRES.— Rongeurs

Les Rongeurs sont, de tous les Mammifères, les plus nombreux et les plus répandus sur la surface du globe ; on les rencontre en effet depuis la zone torride jusqu'au milieu même des neiges éternelles.

Partout où la végétation n'est pas entièrement éteinte, nous sommes sûrs d'y retrouver leur trace ; mais c'est surtout dans les régions tempérées et équatoriales qu'ils se montrent les plus abondants et les plus variés en espèces.

Comme cet ordre renferme un grand nombre d'espèces, il serait bien difficile de les classer d'après leur physionomie générale, car cette dernière varie avec les familles et même avec les espèces ; ainsi les uns ont un corps allongé et élancé, tandis que chez les autres, il est court et tiapu ; quelques-uns sont recouverts de poils épais et soyeux, d'autres de longs piquants ; un certain nombre ont la queue nue ou bien recouverte de poils courts, tandis que chez plusieurs elle est ornée de poils longs et touffus;, parfois même cet appendice est rudimentaire. Mais le principal caractère commun qui permet de classer ces animaux avec certitude, repose dans le mode de dentition. Chez eux, en effet, les incisives, au nombre de deux à chaque mâchoire, quelquefois quatre à la mâchoire supérieure, sont fortes et tranchantes ; elles sont taillées en biseau et implantées dans l'alvéole en forme d'arc, et de plus elles repoussent à mesure qu'elles s'usent ; les canines manquent ; les molaires, qui sont à surface rugueuse, sont toujours séparées des incisives par un espace vide.

Les Rongeurs sont de petite ou de moyenne taille, le Castor étant le plus gros. Ils sont plantigrades. La plupart ont le train de devant plus bas

que celui de derrière, de sorte que ces animaux sautent plutôt qu'ils ne marchent. Leurs facultés sont peu développées ; aussi sont-ils, pour la plupart, incapables d'employer la ruse pour se dérober â la poursuite de leurs ennemis, leur seule ressource consistant à fuir ou à se cacher dans le premier trou qu'ils rencontrent. On remarque toutefois qu'un bon nombre se montrent très habiles dans l'art de construire leurs habitations.

Ces animaux se nourrissent de végétaux, tels que fruits de toutes sortes, racines, écorces d'arbres, feuilles, légumes, herbes ; quelques-uns ajoutent au besoin des substances animales. Les uns vivent par paires, les autres par bandes ; il y en a qui grimpent avec agilité et passent la plus grande partie de leur vie sur les arbres ; d'autres qui se creusent des terriers pour s'y cacher ; d'autres, enfin, qui confectionnent, à l'exemple des oiseaux, de magnifiques nids. Le grand nombre habitent les forêts ; plusieurs établissent domicile dans les champs ; quelques-uns préfèrent le voisinage de l'homme et s'attachent, pour ainsi dire, à ses pas. Dans les régions froides, quelques espèces sont sujettes au sommeil hibernal ; un certain nombre s'amassent des provisions qu'elles placent à proximité de leur demeure pour la saison d'hiver ; d'autres enfin recherchent journellement leur nourriture, se contentant de ce qu'elles peuvent rencontrer à cette saison de l'année.

La fécondité des Rongeurs est surprenante. Dans

la plupart des cas, la femelle met bas de trois à six fois dans l'année et de plusieurs petits chaque fois. Aussi bien ces animaux seraient-ils les dominateurs de la terre s'ils n'avaient, dans les oiseaux de proie, les carnassiers, les maladies et les pluies de longue durée, autant d'ennemis qui les détruisent en quantité.

Lorsque certaines espèces apparaissent en grand nombre, elle peuvent devenir nuisibles à l'agriculture. C'est pourquoi le cultivateur qui redoute le voisinage des carnassiers pour ses animaux domestiques, doit également craindre ces êtres petits et faibles, sans moyen de défense, qui cependant causent souvent des dommages considérables en détruisant les produits agricoles et en dévorant les plantes jusque dans leurs racines.

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