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FAMILLE PHYSETERIDÆ, CacHALOTS

Tête d'une grosseur énorme, atteignant environ le tiers de la longueur du corps ; la mâchoire iaférieure est étroite et très aplatie; elle est muuie d’une rangée de dents nombreuses, de forme conique ; la mâchoire supérieure est très épaisse et dépourvue de dents; les yeux sont placés bien au-desstis de la commissure de la bouche ; les évents sont rénnis en une seule ouverture extérieure,

Les Cachalots, si l'on en excepte une espèce de

(1) Stearns, Notes on the Nat. Hist. of Labrador, p. LA

petite taille, comptent parmi les plus grands C£+ acé des mers.

Ils fournissent à l'industrie une substance appelée SPermaceti où cétine, que l'on nomme aussi #/anc de baieine. Cette substance est contenue surtout dans les cavités de la tête ; elle est ci’<t-!lisable et de couleur blanche, et on l'emploie à faire d'excellentes bougies. Dans une grosse espèce, on peut en retirer jusqu’à trois tonnes. La quantité d'huile que fournit leur graisse est évaluée à cent tonnes d’après Figuier.

Outre ces deux produits importants, on retire encore des intestins du Cachalot une substance odorante employée dans la parfumerie, et que l’on nomme ambre gris. Cette matière, assez dure, flotte sur l’eau et, lorsqu'elle est expulsée du corps ae l'animal, les vagues la rejettent sur le rivage où on peut la trouver. L'ambre gris est le résultat d’une affection morbide du Cachalot, produite par une partie des aliments mal digérés.

Genre PHYSETER, Linné.

Tête très longue et très grosse, tronquée au bout, et dont la cavité antérieure ect remplie de blanc de baleine et d'huile ; les dents, grosses et émoussées, sont au nombre de quarante à cinquante, La nageoire dorsale manque,

Physeter macrocephalus, LINNÉ.

Le Cachalot à grosse tête.

Une protubérance charnue, espèce de nageoire adipeuse, apparaît à la partie postérieure du dos, et remplace en quelque sorte la nageoire dorsale. Couleur noirâtre en

dessus et blanchâtre sous le corps. Longueur, 80 pieds. La femelle est plus petite. ;

Ces animaux se nourrissent de petits poissons, de seiches, de méduses et autres invertébrés marins.

Cette espèce, qui est la plus connue, est l’objet d’une chasse constante à cause des produits considérables que l’on en retire,

Le Cachalot est moins farouche que la baleine ; il ne fuit pas d'ordinaire à l'approche de ses ennemis.

u La pêche du cachalot, dit Brehm, est bien plus dangereuse que celle de la baleine. Il est rare que celle-ci tienne tête à ses ennemis ; celui-là, au cortraire, quand il est attaqué, non seulement se défend, mais encore s’élance courageusement sur ses agresseurs, faisant arme de sa queue vigoureuse et de sa terrible denture. L'histoire rapporte plusieurs sinistres causés par les cachalots.

« Des matelots de l'Æssex, qui avaient blessé un de ces animaux, durent regagner leur navire, car l'animal, d’un coup de queue, avait avarié leur canot. Tandis qu’on cherchait à le radouber, un autre cachalot apparut à peu de distance du navire, le considéra pendant environ une demi-minute,et s’enfonça dans les flots. Un instant après, il reparut à la sur. face, s'élança contre le bâtiment, le frappa d’un tel coup ‘e tête, que les matelots crurent avoir touché à un récif. L'animal furieux se dégagea, se retourna, et fit une seconde attaque, enfonça la proue et fit sombrer le navire; une partie de l'équipage fut seule sauvée. Un autre bâtiment américain,

l’Alexander, fut de même coulé bas par un cacha. lot ; un troisième, la barque Cook, ne dut son salut qu’à un coup de canon bien pointé. Quatre mois après le naufrage de l'Alexander, l'équipage de la Rebecca captura un énorme cachalot, qui se laissa prendre sans résistance. On trouva dans son corps deux harpons avec le nom 4/sander ; Sa tête était fortement blessée, et dans ses plaies horribles étaient enfoncés de grands morceanx de planches de navire.» (1)

Le Cachalot habite la haute mer où il vit dans la société de ses semblables ; il est plus commun dans les mers australes que dans celles du nord.

La femelle ne met bas que d'un seul petit pour lequel elle montre beaucoup d’attachement.

Stearns, sur la foi des habitants des côtes du Labrador, dit qu'il a été capturé quelquefois dans ces parages.

3 FAMILLE BALÆNIDÆ, Bareinrs.

Tête très grosse ; évents séparés ; bouche largement fendue ; mâchoires dépourvues de dents : la supérieure est munie de chaque côté d'une rangée de nombreux fanons, implantés verticalement et disposés à peu de distance entre <ux, se terminant en franges ; yeux très petits placés tout près de l'angle de la bouche.

Quoique ces animaux soient, pour la plupart, d’une taille énorme, ils ne se nourrissent cependant que de petites espèces marines, telles que petits

(1) Brehm, Les Mammifères, Vol. 2, pp. 849-850.

poissons, méduses, mollusques, crustacés, etc., leur œsophage, très étroit, ne leur permettant pas l'entrée de plus grandes espèces.

Lorsque la Baleine veut assouvir sa faim, elle s’avance, la bouche ouverte, au milieu des bandes de petits poissons ou d’invertébrés ; puis lorsqu'elle a fait une provision suffisante de ces animaux, elle referme la bouche et avale sa proie, après avoir chassé l’eau À travers les espaces qui séparent les fanons. Elle recommence ainsi le même manège jusqu’à ce qu’elle soit trassasiée,

La pêche des grands cétacés de cette famille ainsi que de celle du cachalot, fait l’objet d'un commerce important, et bon nombre de personnes sont intéressées chaque année dans cette industrie si dangereuse et qui pourtant n’est pas toujours productive, car il arrive parfois que cette pêche manque complètement, et les pêcheurs malheureux en sont alors pour la perte de leur temps et de leur argent.

Ce sont surtout les grandes espèces que l’on chasse d'ordinaire, soit pour l'huile qui est plus abondante, soit pour le. fanons qui ont une plus grande valeur. On les préfère encore aux petites espèces parce que celles-ci, grâce à leur faible taille, et douées d’une grande souplesse et d’une grande rapidité de mouvements, sont d’une capture encore plus difficile et plus dangereuse.

Une courte description d’une expédition de chasse à la Baleine, qui est la même que pour le cachalot,

ne se lira pas sans intérêt. Je l'emprunte de Brehm : « Quand les navires sont arrivés dans les parages que fréquentent les baleines, ils croisent ou se mettent à l'ancre, explorant continuellement l'horizon tout autour d'eux. Le cri de la vigie ‘ un souffleur !” émeut tout l'équipage. On met à la mer des canots Parfaitement €": pés, montés par six ou huit vigout un harponneur, et tous se

silencieusement vers la

Le harpon est un fer acéré, très pointu,

muni d’un crochet et attaché à une corde très longue et très flexible ; celle-ci est enroulée à une bobine avant du canot. En approchant

ul s r éloigner le plus Canot du voisinage de l’ani.

mal blessé, « Ordinairement la b end

Cependant le colosse, après la première attaque, n’est jamais plus d’un quart d'heure à reparaître À la surface de Peau ou, Tespirer. Abordée de nouveau, elle reçoit un

second harpon. On ne pourrait, dit un témoin oculaire, imaginer un spectacle plus horrible. La baleine effrayée se roule dans les vagues ; dans son agonie, elle bondit hors de l’eau, la mer est couverte de sang et d'écume. L'animal disparaît, un tourbillon indique la place où il a plongé; il revient à la surface, mais c’est pour recevoir une nouvelle blessure mortelle ; de quelque côté qu’il se dirige, un nouveau fer s'enfonce dans son Corps. En vain redouble-t.i! d'énergie, en vain fait-il bouil. lonner l’eau autour de lui ; un tremblement a saisi son Corps monstrueux; on dirait Vulcain ébranlant les montagnes. Il a perdu tout son sang, il se couche sur le flanc, ballotté par les vagues. » (1)

Lorsque la Baleine est morte, des chaloupes la remorquent jusqu’au navire ; là on enlève le lard par lanières que l’on fait immédiatement fondre pour en extraire l’huile qui est mise en quarts; on détache les fanons, et, si c’est un cachalot, on recueille le spermaceti de sa tête, puis on abandonne la carcasse aux oiseaux de mer, aux ours blancs ou autres animaux marins.

Il peut arriver quelquefois que le cannt soit submergé, si la corde ne se déroule pas assez vite, de même si le colosse se trouve trop près de l’embarcation, il peut, d’un coup de sa formidable queue, faire sauter hommes et barque à plusieurs pieds audessus des flots ou bien les submerger.

(1) Brehm, Les Mammifères. Vol. 2, p. 86o.

Comme on le voit, cette pêche offre toujours de graves dangers, mais l’appât du gain fait fermer les yeux aux baleiniers et leur fait oublier les périls auxquels ils s’exposent.

C’est ordinairement au printemps, en mai, juin et même en juillet que se font les expéditions de pêche à la Baleine franche dans les régions du nord. L'endroit le plus propice pour harponner la Baleine est en arrière de la nageoire pectorale, d’abord Parce que la peau y est plus mince et ensuite parce qu’on a plus de chance de pénétrer jusque dans les poumons, le foie ou le cœur. A cause des grands dangers qui accompagnent généralem-nt le harpon. nage à la main, on a cherché à le remplacer par des balles explosives ou par le harpon lancé par un mousquet. Mais ces diverses tentatives ont eu si peu de succès qu’on en est revenu au harponnage à la main qui donne plus de satisfaction.

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