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rayons d’une lumière vive, se contracte de manière à ne laisser apercevoir qu’une simple fente, afin de diminuer autant que possible l'intensité des rayons lumineux, tandis que dans les ténèbres ou les demijours, elle se dilate jusqu’à devenir presque circulaire, ce qui permet à la lumière d'y pénétrer en plus grande abondance.
Ces fauves sont les plus redoutables et les plus féroces de tous les Caruassiers ; leur corps élancé et souple, actionné par des muscles puissants, leur permet d'exécuter des sauts prodigieux, soit pour s'emparer d'une proie ou pour fuir un danger. Le chat domestique qui appartient à cette famille, nous donne en petit, une idée fort exacte de la souplesse et de l'élégance de formes de ces félins, en même temps qu’il nous fait connaître leur astucieuse férocité. Soit qu’ils guettent, dissimulés dans le feuillage d’un arbre, soit qu'ils se dirigent en rampant vers la proie qu'ils convoitent, lorsqu'ils la jugent assez proche, d’un bond ils fondent sur elle, la saisissent et l'égorgent ; s'ils ne réussissent pas à s’en
emparer du premier Coup, souvent ils s'élancent une ‘
deuxième fois ; muis il est très rare qu’ils la poursui. vent si elle leur échappe encore ; ils se postent alors de nouveau en embuscade et attendent là qu’une autre proie vienne à Passer, ou bien il se mettent à sa recherche. Leurs pattes velues leur permettent de marcher sans faire, le plus souvent, aucun bruit, ce qui les favorise admirablement bien dans la recherche du gibier.
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Brehm nous donne une excellente description des mœurs de cette famille de carnassiers. « Tous les chats, dit-il, mangent de préférence les animaux qu’ils ont eux-mêmes tués: très peu d’entre eux s'attaquent aux charognes ; il faut que la proie soit fraîche et en quelque sorte saignante pour qu’ils y touchent. Presque tous se distinguent par des habitudes vraiment sanguinaires ; certaines espèces, lorsqu'elles le peuvent, se nourrissent même exclusivement de sang, et s'enivrent en quelque sorte avec ce liquide. Les félins attaquent tous leur proie de la même manière, Ils traversent à pas silencieux leur domaine, regardant attentivement dans tous les sens. Le moindre bruit éveille leur attention et les excite à en pénétrer la cause. Ils s’approchent en rampant de l'animal qu’ils convoitent, en ayant soin d'aller toujours contre le vent ; lorsqu’ils en sont assez près, ils se jettent brusquement sur lui par un ou plusieurs bonds, lui donnent quelques coups de griffe dans la nuque ou sur les flancs, le jettent à terre, le saisissent avec les dents et le mordent plusieurs fois de suite de toute la force de leurs mâchoires. Puis, ils desserrent les dents, sans pourtant lâcher leur proie; ils l'examinent au contraire attentivement et lui font encore quelques morsures, si elle n’est pas complètement morte. Beaucoup d’entre eux poussent alors des cris rauques, qui expriment aussi bien la satisfaction, l’avidité ou la colère. La plupart ont la féroce habitude de tourmenter pendant quelque temps
leur victime ; ils lui donnent un peu de liberté, la laissent courir quelques pas, puis la saisissent de nouveau pour la laisser encore courir, et continuent ce jeu cruel jusqu’à ce que la pauvre martyre succombe à ses blessures... Les plus grandes espèces évitent les animaux qui peuvent leur résister sérieusement, et ne les attaquent que lorsque l'expérience leur a démontré que la victoire leur reste toujours... « Les félins ne dévorent Presque jamais leur proie sur place; après l'avoir tuée, ou l'avoir rendue incapable de se sauver, ils la traînent dans quelque endroit bien solitaire, où ils la mangent tout à leur aise...
« Les petits viennent au monde aveugles, chez les uns, voyant, chez les autres. La mère les élève ; le père ne s’en occupe qu’accidentellement. Une mère avec ses petits est un des spectacles les plus attrayants dont le naturaliste puisse jouir. On voit la tendresse maternelle dans tous les actes de la femelle ; Chacun de ses cris exprime son amour pour sa progéniture et sa voix a quelque chose de tendre et de doux qu’on n’avait pas remarqué jusque-là. La mère observe ses nourrissons si attentivement, les entoure de tant de soins, que l'on sent combien son affection doit être profonde, On a du plaisir à voir comment elle leur inculque, dès leur jeunesse, l'amour de la propreté ; elle les nettoie, les lèche, les lisse du matin au soir et ne souffre pas la moindre tache sur leur robe, ni ia moindre ordure dans le voisinage du repaire. Elle les défer.d au périi de sa vie ; aussi
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deb ire
les plu grandes espèces deviennent toutes très-dangereus 5 après la parturition. Chez les petites espèces, la mère est souvent obligée de défendre sa nichée contre le père, qui s'attaque à elle dans les premiers jours, et la dévore lorsque, par hasard, il peut pénétrer dans le repaire. C’est à cette crainte, qu’inspire le mâle, qu’il faut attribuer le soin avec lequel tous ces animaux cachent leurs petits. Il n’en est plus de même lorsque ceux-ci ont un peu grandi, le mâle alors ne leur fait plus rien. Alors, aussi, commence une vie pleine de gaieté et d’amusement Pour ces êtres folâtres, Leurs Premiers mouvements et leurs premiers jeux dénotent déjà l'instinct félin, et ne sont que des préludes aux chasses auxquelles ils se livreront plus tard, Tout ce qui remue attire leur attention ; aucun bruit ne leur échappe ; ils dressent les oreilles au plus léger bruissement. La queue de leur mère est leur premier jouet ; ils observent chacun de ses mouvements et cherchent à les arrêter en la saisissant, La mère se prête à ces attaques et les provoque même.
« Quelques semaines après, on voit la famille tout entière se livrer aux jeux les plus folâtres, la mère, —aussi bien la lionne que la chatte domestique— redevient littéralement enfant. Souvent toute la bande se roule en pelote, et l’un cherche à saisir la queue de l’autre. Avec l’âge, les jeux deviennent plus sérieux, les petits apprennent peu à peu que la queue est une partie d'eux-mêmes et cherchent à exercer leur force sur d'autres objets. La mère
leur apporte alors de petits animaux à moitié ou . Même complètement vivants, qu’elle leur abandonne Pour mettre leur instinct en jeu et les dresser à Ja rapinerie. Enfin la femelle, quelquefois la femelle et le mâle, les conduisent avec eux à la recherche du gibier, et leur apprennent les ruses, les détours, les moyens d'attaque Prompts et sûrs, en un mot tout l’art de la chasse, Ils ne quittent leur mère ou leurs parents que lorsqu'ils peuvent se suffire com- Plètement, et mènent alors pendant longtemps une vie solitaire et errante. (1) On rencontre les félins dans toutes les parties du monde, excepté en Australie.
Cette famille n’est représentée dans notre faune que par trois espèces, dont deux ne se montrent plus qu’accidentellement.