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collaborateurs n’auraient jamais observé d’action sur l’acuité visuelle par leur nonveau traitement.
Nous insisterons un peu plus sur le traitement par injections de bleu de méthylène, car c’est celui qui est actuellement utilisé à la Chartreuse de Valbonne, sous la direction du Docteur Maurice Fabre, son médecinchef, médecin des Hôpitaux de Nimes.
Les injections intra-veineuses de bleu de méthylène se sont beaucoup étendues, ces dernières années. Après des essais divers de chimiothérapie par le mercurochrome (Muir}, le vert brillant (Ryler), le bleu de trypan pour la lèpre oculaire (Muir), la gonacrine (Féron), la fluorescéine (Muir), Montel, en 1934, publiait les résultats qu’il obtenait par le bleu de méthylène utilisé en solutions à 1 % stérilisé par tyndallisation, en injections intra-veineuses.
La tolérance est en général de 7 à 8 milligrammes par kilogramme et la médication est très bien supportée, sauf tare viscérale importante. Il y a lieu de souligner, à propos de cette thérapeutique, la fixation élective du colorant au niveau des lésions infiltrées et surtout nodulaires, car, d’après de nombreux auteurs, ce sont les bacilles eux-mêmes qui sont colorés; il est impressionnant de voir ces malades dont le visage est entièrement bleu, bleu ardoisé avec ces lépromes de la face, des joues, du front, des sourcils, du nez. Ces malades ont un aspect monstreux que l’on ne saurait oublier.
Il y a lieu aussi de noter, au cours du traitement, des poussées de lépromes furonculoïdes ou acnéiformes, avec fièvre et troubles généraux; ces lésions paroxystiques sont nettement localisées sur des lépromes en nappe et la terminaison de la poussée montre une amé-
lioration très nette ; il convient d’envisager ces poussées comme des phénomènes d’élimination de bacilles.
Pour Montel, le promoteur de la méthode, le bleu agirait à la fois sur le bacilie et sur le terrain, par stimulation du système réticulo-endothélial.
Dans l’article de Pham-Hun-Chi, on trouvera de plus amples renseignements ainsi que sur les modifications récentes (association bleu de méthylène-6osine), apportées récemment par Dorolle.
Nous ne pouvons insister sur d’autres médications qui paraissent moins en vogue: sels de cuivre, d’arsenic, d’antimoine, d’or..; sur les thérapeutiques spécifiques: sérothérapie à partir d’un sérum de mouton préparé, ou à partir de sérum de malades, qui sont d’ailleurs peu utilisées.
La vaccinothérapie qui a été essayée, soit spécifique, soit non spécifique, nous montre de bons effets dans des poussées d’iritis (Sézary et Lévy).
Signalons, à titre exceptionnel, la guérison du malade de Truc, après injections de cyanure de mercure.
Dans le traitement des lésions cutanées, une place importante doit être réservée à la cryothérapie, qui a donné de bons résultats entre les mains de Wayson, notamment.
Bien entendu, les traitements adjuvants ayant pour but de relever l’état général et d’améliorer le terrain, sont très importants...
De même ,la prophylaxie de la lèpre est une question capitale, mais que nous ne pouvons même effleurer ici; rappelons que l’examen oculaire peut, dans quelques cas exceptionnels (au moins en France), permettre de dépister, sur le seul aspect de lésions iriennes ou cornéennes, une lèpre à son début.
Les phénomènes réactionnels au niveau de l'œil (réaction focale), provoqués par le traitement, ont été étudiés par Jaïa; ils sont analogues à ceux provoqués par la dissémination spontanée des germes par voie hématogène.
Ces réactions sont surtout vives au niveau des foyers nodulaires en formation (peut être par suite, à leur niveau, de la formation de néovaisseaux et de la diminution de la barrière conjonctivale qui est, au contraire, exagérée dans les lésions anciennes).
Ces réactions focales sont provoquées par la thérapeutique générale : vaccin, antiléprol, mais elles peuvent se voir aussi après cautérisation de lépromes au niveau des sourcils ou du limbe, probablement par résorption des produits de destruction.
Traitement local. — Localement, les indications spéciales commanderont l’emploi de collyres ou de pommades antiseptiques ou astringentes, de médicaments modifiant la pupille: dilatateurs dans les cas si fréquents d’iritis, modifiant la tension oculaire: pilocarpine dans les cas de glaucome secondaire, atropine dans certains cas de eyclite.
Comme médications particulières, signalons les injections sous-conjonctivales de gaïacol (Kirk Patrick), de cyanure de mercure (Wood), l’électro-endothermie proposée par Larsson, la radiumthérapie (José de Jésus Gonzalez).
Le traitement chirurgical est fondé sur l’opinion (Grossmann) que les cicatrices s'opposent à la progression et au développement des lésions lépreuses et consistera à tracer des barrières cicatricielles pour limiter les
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lésions ; il est notamment préconisé par Lyder Borthen et Lie alors que de nombreux auteurs, notamment Eliott n’admettent pas cette facon de voir. F1 consistera aussi à détruire certaines lésions, les lépromes par exemple, au moyen du fer rouge (Dracke, Brokman).
Le traitement chirurgical s’imposera dans le cas de certaines complications: entropion ou ectropion, lag'ophtalmie (blépharoraphie) [Lyder Borthen et Lie]; séclusion pupillaire (irideetomie), iridectomies optiques dans certains leucomes localisés ; iridectomies avec ablation de nodules lépreux qui seront souvent suivis de réeidive. Il s’imposera encore, pour l’opération de cataracte (Santanastaso, Trantas, Rochon-Duvigneaud, Bouniol).
Dans le cas de Santanastaso où il y avait de l’iridoeyclite avec atrophie irienne, l’iridectomie préparatoire n’a pas provoqué de réaction; au moment de l’extraction, il a fallu pratiquer des synéchotomies.
Dans le traitement local de la lèpre oculaire, Bistis rappelle les avantages de la blépharoraphie dans la lagophtalmie, 1l insiste aussi sur les avantages de la kératotomie marginale pour entraver la marche de lépromes, et il insiste sur les bons résultats du traitement chirurgical : excision du bouton lépreux avec cautérisation ignée; les lépreux tolèrent bien, en effet, les interventions oculaires et les résultats immédiats peuvent être satisfaisants (Elliot).
Signalons l’iridectomie optique, pratiquée dans un cas par Van Lint (in dicussion de Fava, $. F. O., mai 1922), sur un iris cliniquement normal et que l’examen microscopique montra farci de bacilles ;
L'’iridectomie pratiquée contre l’irido-cyelite, par Galezowski, chez le malade de Jeanselme et Morax;
L'’iridectomie optique multiple, pratiquée chez le malade de Jeanselme et Morax a été ultérieurement obstruée par des exsudats grisâtres.
C’est le même malade chez lequel Rochon-Duvigneaud pratiqua l’extraction d’une cataracte avec un bon résultat opératoire, mais sans amélioration visuelle.
Le malade dont l’observation est publiée par Morax, en 1924, a subi aussi une iridectomie.
Morax ($S. O. P., dée. 1924), déclare qu'il est partisan d'intervenir le moins possible sur un œil atteint de lèpre, mais que, dans le cas de séclusion pupillaire, on doit faire une iridectomie. Hovell Park, King, également insistent sur l’inefficacité habituelle de l’iridectomie qui finit, en général, par s’obstruer, ce que nous avons pu personnellement observer chez plusieurs malades.
Signalons l’opération préconisée par Nasarow, de transplantation cornéenne sur l’œil lépreux, qui nous paraît devoir être tentée dans certains cas désespérés, à condition, évidemment, d’avoir un matériel convenable pour prélever le greffon.
La thérapeutique chirurgicale prophylactique est préconisée par certains auteurs: des recherches de Calderaro, résulte la grande fréquence de bacilles lépreux dès qu'il y a la moindre lésion palpébrale on conjonctivale dans le cul-de-sac conjonctival ainsi, on le sait, qu’au niveau des fosses nasales.
Park conseille, à titre prophylactique, l’ablation du nodule lépreux épiseléral pour prévenir une kératite on une iridocyclite.
L’ablation du sac lacrymal est aussi une intervention employée à titre prophylactique, soit que l’on veuille éviter l’infection ascendante (Fava), soit que l’on veuille éviter une infection descendante (Babès, Santanastaso).
Observations personnelles ®