LA
TRANTAS. — 1912.
OBSERVATION [. — Homme de 20 ans, entré à l’hôpita! avec un tableau clinique de rhumatisme articulaire aigu. et chez qui apparaît une inflammation oculaire.
A l'œil droit: Iritis légère avec quelques adhérences, rougeur de l’épiselère. L'examen minutieux montre, vers le limbe, en haut, une Kkératite ponctuée, superficielle, très nette, formée de points gris disséminés dans une cornée, transparente; sensibilité cornéenne normale. V. O. D. = 0,5 avec — 0,50.
A l'œil gauche, dont le malade ne se plaint pas, même kératite ponctuée superficielle, sans aucune rougeur. VOL (Ce 7 Ebov- 245
L’épithélium est intact, il n’y a pas de coloration par la fluorescéine. Le fond d’œil est normal.
” Cette kératite fait penser au diagnostic de lèpre, confirmé par l’examen du produit de râclage cornéen.
OBSERVATION II (présentée par le Docteur Hopasa, à la Société Impériale de Médecine). — Malade de 27 ans, atteint de névrolépride (éruption semblable à celle d’un érythème polymorphe).
Du point de vue oculaire, on constate une rougeur assez intense de la conjonctive bulbaire et de l’épisclère, sans sécrétion conjonctivale.
Les cornées sont normales au premier abord. Un examen minutieux met en évidence, en haut, à un millimètre, en-deça du limbe, sur le quart de la surface cornéenne, un trouble grisâtre, fin, superficiel, siégeant probablement sur la membrane de Bowmann, et formé d’un nombre incalculable de points grisâtres, l’épithélium n’est pas altéré. Le grattage de la cornée a permis de déceler des bacilles de Hansen.
OBSERVATION IL. -— Homme de 22 ans, atteint de lèpre maculoanesthésique.
A l'examen habituel, les cornées sont normales, mais la fluorescéine montre, à la cornée de Pœil droil, à 3 mm. du limbe, un anneau de 1 mm. de large, anneau régulier, composé de grains innombrables juxtaposés. A l'œil gauche, il existe une tache analogue, en haut. Ces lésions rappellent la kératite superficielle exanthématique de la rougeole. Ces kératites se distinguent de la forme sub-épithéliale par le fait que la fluorescéine marque, indiquant une lésion épithéliale.
OBSERVATION IV. —— Homme de 36 ans, atteint de lèpre nerveuse. Lagophtalmie plus accusée à droite, parésie du muscle frontal droit. A la partie supérieure de la cornée, de chaque côté, on constate de petites taches grises disséminées dans les couches profondes du parenchyme cornéen. L’épithélium est intact, l'examen du produit de grattage de la cornée est négatif. A l’œil gauche, tache choroïdienne mixte. Au tiers supérieure de la cornée droite, et sur la cornée gauche, normales à l’œil nu, on constate de petites plaques, siégeant dans les couches plus ou moins profondes de la cornée, grises, rondes, avec un centre blanc. La kératite est en partie superficielle et en partie profonde.
OBSERVATION VE. — Homme de 58 ans, atteint de lèpre nerveuse. En bas, symétriquement, de chaque cornée, tache discoïde grise de 1,5 mm. de diamètre, siégeant dans les couches profondes de la cornée, sans autre manifestation oculaire. Cette tache ne se colorait pas par la fluorescéine qui marquait quelques points voisins. Ici encore, il y a association de kératite profonde et de kératite superficielle.
OBSERVATION VIT. — Femme de 45 ans, atteinte de lèpre tuberculeuse. La cornée droite présente, dans ses couches
ht.
ui profondes, des taches disséminées blanc grisâtre, sans anesthésie cornéenne. Il y a quelques traces d’iritis ancienne. L'examen ophtalmoscopique montre de grosses taches atrophiques choroïdiennes.
OBSERVATION VIII. — Malade atteint de lèpre nerveuse. Tache ronde, blanche, à la partie supérieure des couches moyennes du parenchyme cornéen, à gauche.
OBSERVATION IX. — Homme de 26 ans, atteint de lèpre nerveuse et de pemphigus, présente un lagophtalmos.
A l'œil gauche, dans la région temporale, on voit, près de l’ora serrata, une douzaine de petites taches hémorragiétendues.
A l'œil droit, dans une région symétrique, deux taches rouges et une blanche.
OBSERVATION X. — Homme de 36 ans, atteint de lèpre nerveuse, présentant aux deux yeux une très légère kératite ponctuée sub-épithéliale superficielle à la partie supérieure.
A l'œil droit, dans la partie temporale, grand nombre de taches blanches, argentées, rappelant les taches blanches de la rétinite albuminurique, plus ou moins rondes et régulières, siègeant dans la région voisine de l’ora serrata et proéminent légèrement dans le vitré.
OBSERVATION XI. — Homme de 40 ans, atteint de lèpre tuberculeuse, avec madarosis.
A l’œil droit: léprome palpébral supérieur, traces d’iritis.
Kératite sub-épithéliale ponctuelle bénigne.
A l'œil gauche, vers l’ora serrata, un grand nombre de taches blanches rondes, ainsi qu’au cercle ciliaire. A l’œil droiït, il n’y a pas de tache, mais des lignes blanches à direction antéro-postérieure.