LE CANDI DAT
LOUIS SOBRE, 2 chefs tempérants.
Le Candidat. — Veuillez vous asseoir, Messieurs. (Tous s'asscoicnt. Le Candidat tourne le dos à son Secrétaire ct “ache ainsi la boutedle ct les verres),
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Louis Sobre. — Mes amis et moi sommes du
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Le Candidat. — De mcn comté de Joliette !
(il se lève et leur serre lu main). Chers électeurs, quel plaisir !...
Louis Nobre. — Vous savez que depuis quelque temps le mouvement de la tempérance a pris des proportions fort considérables...
Le Candidat. — J'en causais justément avant votre arrivé avec des électeurs très en vue du comté de Richelieu. Tout comme vous ils sont frappés de ce mouvement malheureux...
Louis Sobre. — Oh ! pas malheureux du tout...
Le Candidat (à part). — Oh! Oh ! soyons prudent. (Aux délégués). Oui, malheureux pour les hôteliers...
Louis Sobre. — Or la Société de tempérance du comté de Joliette, qui comprend les 4 des électeurs, s'est dite que le temps est venu de présenter à la Législature'une loi pour appuyer ce mouvement de tempérance, Au nom de la Société, nous venons done vous faire une proposition...
Le Candidat. — Messieurs, quel honneur ! D'arance, chers électeurs, je vous promets mon appui le plus généreux et le plus sincère, quelle que soit cette proposition de la majorité des électeurs...
Louis Sobre. — En deux mots, si vous voulez être le candidat de la tempérance et présenter
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Les délégués. — C’est trop, beaucoup trop.
Un délégué. — I1 y a même des clauses injustes dans ce projet.
Louis Sobre. — I1 serait extravagant de demander cela, et ce n’est Pas Ce que nous demandons.
Le Candidat. — Messieurs, puisque vous n’en
: voulez pas. Quant à moi, mon dévouement à Ja
majorité des électeurs tempérants m’en ferait promettre dix fois davantage, Cependant, vous me permettrez de lancer dans le comté ur manifeste de tempérance.…..
Louis Sobre.-— Nous allions vous le demander, Il faut que tous les membres de la Société de tempérance n’aient aucun doute sur les convictions de leur candidat.
Le Candidat. — Je me flatte qu’ils n’en pourront avoir aucun après qu’ils auront lu ce manifeste. Je vais ÿ travailler sans retard.
Louis Sobre. — Et nous viendrons en prendre Connaissance avant notre départ de Montréal,
(Tous se lèvent).
Le Candidat. — À tout à l’heure donc, chers électeurs. (Poignées de main. Les délégués sortent),