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Les manuscrits à peintures de la Cité de Dieu de Saint-Augustin

Description générale. — Un vol. in-fol. Vélin. Dimension des ff. : H. om,425 X om,320. Justification : om,3o2 x om,2 io. 2 colonnes, avec om,025 d’intervalle : 48 ou 49 lignes.

Il contient les douze derniers livres du traité et comprend 285 ff. numérotés. Le fol. 3 commence par ces mots : « qui il parle par aucune créature » et le fol. 285 par : « engin qui combien quilz aient tenu ».

Collation. — Cahiers de 8 ff., avec réclames.

Reliure. — Moderne, en cuir de Russie brun comme le tome I qu’il complétait, ainsi que nous l’expliquerons plus loin. (Voir le Ms. 11 de la même bibliothèque. Descript. n° 56). Sur le dos, le titre suivant : Augustin | De la Cité | de Dieu | Manuscrit | II Partie.

Ecriture. — Réglée noire en lettre de court , claire, mais assez lâchée. Titre courant en rouge. Au fol. 1 , on voit inscrites les mentions suivantes, en haut : Collegii Parisiensis Societatis ; à gauche : Paraphé au désir de t car r est du 5 juillet 1763 , Mesnil; enfin, en bas : Donum illustrissimi domini D. de la Potherye , senatoris in aremonco senatu. Les titres des livres et des chapitres sont écrits en rouge. A la fin du fol. 285 et dernier, après la mention habituelle relative à la traduction de Raoul de Praelles, on lit d’une écriture du temps : Cest livre de Civitate Dei fait par Monseigneur Saint Augustin et translaté de latin en françoys par Maistre Raoul de Praelles contient en somme XXII livres et nombrez les chapitrez ou Rubriques de tous les dits livres dessus dits sont en somme de VICLX.

Initiales. — Les grandes sont tracées sur un fond d’or avec des fleurs de diverses couleurs. Les petites, plus simples, sont bleues, rouges et or.

Bordures. — Les bordures en tête des livres sont formées de montants d’or et de couleurs d’où s’échappent de légères brindilles portant des feuilles de lierre d’or et de couleurs.

Provenance. — Ainsi que le prouvent les inscriptions portées au fol. 1, ce volume, qui semble, comme nous l’avons dit (Descript. n° 26), être la 2e partie du Ms. franc.

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6-272 de la Bibl. Nat., a été donné par D. de La Potherye', membre du parlement de Bretagne, à la bibliothèque du célèbre collège de Clermont, dirigé par les Jésuites et plus connu depuis 1682 sous le nom de Collège Louis-le-Grand. Lors de la suppression de l’Ordre (1762), on fit un recolement des manuscrits, comme l’indique le paraphe cité plus haut, etD. Clément rédigea* un catalogue* en vue d’une vente au détail. Mais un Hollandais, Gérard Meerman, le savant auteur des Origines typographicae, possesseur d’une grande bibliothèque, s’étant présenté pour l’achat en bloc de la collection, celle-ci lui fut adjugée et elle passa en Hollande, à l’exception de quelques numéros offerts en dons au roi Louis XV (1765)3 *.

Ce n’est qu’en 1769 que Meerman put former un exemplaire complet de l’ouvrage, en acquérant pour 3oo livres à la vente de Gaignat la première partie, Liv. I à X, qui portait le n° 242 du catalogue et qui constituait autrefois le premier tome de l’exemplaire de Philippe de Comines '. Certes, la seconde acquisition valait mieux que la première et on ne peut établir aucune comparaison entre la médiocrité du manuscrit des Jésuites et la splendeur de la première partie.

Les deux volumes perdirent malheureusement leur ancienne reliure, peut-être endommagée, et furent revêtus d’un maroquin uniforme brun janséniste. Dans le Dibliothecae Meermannae supplemenlum secundurn , ils sont ainsi mentionnés : « Le « livre de saint Augustin sur la Cité de Dieu translatée de latin en français par Raoul « de Presles, manuscrit sur vélin à 2 colonnes dont chaque volume est de diffé- « rentes mains. Le premier est orné de 286 excellentes miniatures. Le second, qui « parait plus ancien, a dix miniatures faites avec finesse, mais qui cèdent en beauté à « celle du premier volume »

La bibliothèque de Gérard Meerman passa après sa mort à son fils, le savant Joseph Meerman. Ce dernier était cousin germain du baron de Westreenen, bibliophile distingué, qui avait réuni une belle collection de livres, riche surtout en éditions du xv* siècle.

Il paraît que Meerman, pour témoigner son affection à son cousin, lui fit cadeau de plusieurs ouvrages remarquables de sa bibliothèque, entre autres du Saint Augustin. C’est pourquoi cet exemplaire ne se trouvait pas inscrit au catalogue de vente des livres de Meerman qui eut lieu à La Haye en 18245. M. van Westreenen consacra à cette vente une somme très considérable et augmenta sa collection de beaucoup d’éditions rares et précieuses et de quelques manuscrits. A sa mort, qui arriva en 1 835 , il laissa à l’État, avec tous ses biens, ses livres, antiquités, médailles, etc., etc., sous condition d’en former en son hôtel un musée qui, pour honorer également la mémoire de son cousin Meerman, porterait le nom de Muséum Meermanno-Westreenianum. Le gouvernement ayant accepté ce legs, M. J. M. Holtrop en fut nommé bibliothécaire en chef6.

1. Pierre-Louis-Cyr Le Roy, seigneur de La Potherie, fut pourvu d'un siège de conseiller au Parlement de Bretagne en remplacement de son père, Pierre Le Roy, décédé le 20 août 1728. Il se démit de sa charge en 1768 et demeurait, à cette époque, à Paris, rue de Harlay, au Marais, paroisse Saint-Paul. Vov. Fréd. Saulnier, Le Parlement de Bretagne, 1909, in-4°, dont la première partie seule a paru.

2. Calalogus manuscriptorum codicum Collegii Claromontani, Parisiis, in Palatio, apud Saugrain et Leclerc, 1764,

3. M. Léopold Delisle, Le Cabinet des Manuscrits, tom. I, p. 435; et Vente des Manuscrits du Comte d'Ashburnam, dans Journal des savants, juin et août 1899.

4- Voir au n° 56 la description de ce manuscrit et de sa suite originale, conservée au Musée de Nantes.

5. Calalogus codicum manuscriptorum quos reliquit vir nob. Joannes Meerman, 1824, in-8".

6. Ces détails sont contenus dans une lettre de M. Holtrop à M. E. Gautier, parue dans la Revue des Provinces de l'Ouest, tom. III, pp. 674-677, années 1 855- 1 856.

Miniatures. — Elles sont au nombre complet de 12, une en-tête de chacun des douze derniers livres. Mais nous n’en donnerons qu’une description sommaire et nous n’en offrirons aucune reproduction, car elles sont véritablement informes. C’est un gribouillis tel que nous n’en avons pas rencontré de semblables dans les autres manuscrits de la Cite de Dieu. Ce barbouillage, qui n’est l’œuvre ni d’un artiste, ni même d’un homme de métier, date des environs de 1400, mais ne peut être rangé dans aucune école. Il faut cependant remarquer que ces peintures ont été copiées très exactement sur le Ms. 9294-9295 de la Bibliothèque Royale de Bruxelles, exemplaire faisant partie

de la Famille n° 3 dont nous avons dressé Voici quelques indications sommaires

LIVRE XI. — fol. 2. — H. om,2oiXo"',2o5. — Les deux Cités et la Trinité. — En haut, la Cité de Dieu; en bas la terre et l'Enfer. Ciel bleu sale, constructions roses, paysage sans forme.

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