RIMINI, BIBLIOTECA COMUNALE GAMBALUNGA, MS. LAT. D. IL
Sancti Augustini, de Civitate Dei.
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Description générale'. — Un vol. in-fol. Beau vélin. Dimension des ff. : H. om,370 x o“,2Ôo. Justification : om,245 x om, 1 65 . 2 colonnes avec om,oi6 d’intervalle; 47 lignes.
Il contient le texte complet de l’ouvrage en vingt-deux livres, sans division de chapitres et comprend 1 fol. blanc (papier), 242 ff. numérotés et 1 fol. blanc (papier). Le fol. 2 commence par ces mots : « Non itaque cum de diis victis » et le 242e par : « Noluimus quando ab illo cecidimus ».
Collation. — Cahiers de 10 ff., avec réclames.
Reliure. — Maroquin rouge, assez endommagée. Filets à froid et dorés, ornements aux angles. Médaillon central. Tranches dorées.
Ecriture. — Réglée noire en belle lettre gothique. Beaucoup d’abréviations. Les lettres qui commencent les phrases sont peintes en jaune. Titre courant en chiffres romains rouges. Sur le fol. 1 v°, on lit, en haut, à gauche : Ex Bibliotheca sodal. S. Hieronimi , V . idus january 1758 ; et, au fol. 242, la mention suivante : Hoc opus, factum fuit per me Donninum parmensem de burgo sancti donini, tune scriptorem illustris heroys ac serenissimi Principis et dom. dom. Pandulfi de Malatestis Brixie ac Pergami, etc, ». En dessous, en grosses lettres, Pandulfus de Malatestis et, plus bas, Xex-libris déjà cité : Ex Bibliotheca Sodal. S. Hieronymi.
Initiales . — Les grandes initiales au commencement des livres sont toutes historiées. Nous en donnerons le sujet ci-après. Elles sont tracées en bleu et en rose dans un rectangle d’or mat d’environ om,075 de côté. Dans l’intérieur, les sujets se détachent sur un fond bleu foncé. Les premières lettres du mot sont placées perpendiculairement à droite de l’initiale, les unes au-dessous des autres, et peintes en jaune. La suite se continue à la ligne.
Bordures . — Elles sont constituées par de larges feuilles multicolores qui s’échappent de la lettre initiale et courent le long de la colonne. Elles portent des fleurs, des nœuds, des oiseaux, des animaux et des arabesques. Cette, décoration est plutôt lourde.
Provenance. — Elle nous est indiquée par la mention que nous avons transcrite plus haut et par les armes du loi. 1. Le manuscrit a été exécuté pour Pandolfo III
1. Carlo Tosini, La coltura scientifica <; letteraria in Rimini..., 1 885, tom. I.
— Couronnement de la Vierge. — Dans les cieux, sous un dais rouge frangé de vert et d’argent, le Seigneur, et à sa droite la Vierge, sont assis sur le même siège, garni d’une étoffe rouge à points d’or. /Leurs pieds reposent sur des coussins verts et or. Sept anges drapés dans des manteaux de diverses couleurs jouent de différents instruments. L’or brille de toute part. En dessous, en cercle, onze personnages en buste, prophètes et saints, contemplent le couronnement.
Malatesta, seigneur de Fano, fils de Galeotto, et il est facile de déterminer la date de ce travail, du moins à quelques années près. Quand Pandolfo succéda à son père, en 1 386, il avait formé une compagnie au service de Galeas Visconti. A la mort de ce dernier, en 1402, devenu généralissime des troupes de Giovanni Maria, duc de Milan, il prit part à la défection générale et s’emparant, en i4o4? de Brescia et de Bergame, il s’intitula de lui-même seigneur de ces deux places. Il conserva ces possessions jusqu’en 1421, époque où il en fut chassé par Francesco Bussone, le célèbre Carmagnola. C’est donc entre ces deux dates extrêmes de i4°4 et de ï4aij sans flue nous puissions préciser davantage, que le volume fut écrit et décoré. On sait combien ces rudes et intrépides soldats que furent Pandolfo et Sigismond, son fils, montrèrent de goût pour les arts. Sanguinaires, amoureux et artistes, ils furent des premiers à encourager les lettres et à protéger les architectes et les sculpteurs'. Notre manuscrit fut donc gardé avec soin dans leur bibliothèque et c’est probablement à la chute de leur puissante maison qu’il passa, sans que nous sachions comment, entre les mains des moines de Saint-Jérôme qui depuis longtemps s’étaient établis à Rimini. En 1758, pour une raison que nous ignorons, il fut déposé à la bibliothèque fondée en 1617 par le jurisconsulte Gambalunga et n’en est plus sorti.
Miniatures . — Elles consistent en petits tableaux de quelques centimètres, remplissant l’intérieur des grandes initiales dont nous avons parlé et qui décorent le commencement des vingt-deux livres de l’ouvrage. Toute cette illustration est l’œuvre de Donnino de Parme, copiste et enlumineur, natif de Borgo San Donnino, qui vit le jour dans la seconde moitié du xiv' siècle et qui était un des artistes attitrés de Pandolfe Malatesta parmi tous ceux que ce condottiere avait attirés à sa cour dans ce grand élan d’érudition des premières années du xve siècle3. Sans être d’un grand artiste, elle dénote quelque talent et mérite d’être signalée. La composition et le dessin sont médiocres, mais les attitudes marquent une certaine élégance et le coloris, quoique un peu vif, est assez bien fondu dans ses teintes de rose et de vert. Le paysage est toujours rocheux.
L’artiste ne doit rien aux écoles étrangères. Il est le représentant de l’art de son pays natal et a pris son inspiration dans les peintures des écoles du nord de la Péninsule. Mais comme il n’y avait pas eu encore à cette époque de manuscrits de la Cité de Dieu historiés par des Italiens, il y a lieu de se demander s’il a composé ses sujets de son propre cru ou s’il n’a pas été influencé par la vue d’un manuscrit antérieur dans lequel il aurait puisé le choix de ses sujets. Nous ne connaissons pour cette époque qu’un seul manuscrit français importé en Italie. C’est l’exemplaire, aujourd’hui Mss. 170 et 171 franc, de la Bibl. Nat., décrit dans cette étude, que Louis d’Anjou avait apporté à la cour de Milan et qui était déposé à Pavie dans la librairie ducale. Mais il ne semble pas que l’artiste de Parme ait copié ce manuscrit, ni même qu’il l’ait connu. Ses peintures se rapprochent un peu, non comme facture, mais comme sujets traités, de celles qui décorent les exemplaires de la Famille n° 3. Il suffit, pour s’en convaincre, de jeter un coup d’œil sur les Mss. franc. 20 et 21 de la Bibl. Nat., 55 de Boulogne, 9294- 9295 de Bruxelles et 435g de Thirlestaine House. Mais il faudrait supposer que notre artiste avait fait un voyage dans le nord de la France ou qu’un de ces exemplaires avait
1. Charles Yriarte, Rimini, Paris, Rothschild, gr. in-8°, 1882.
2. Di quattro copisli o amanuensi o menanti di Parma , opuscule de Stbfano Lottici, Parma, Zerbini, in-8°, 1903,
avec notes bibliographiques.
été temporairement transporté en Italie et cette hypothèse est tout à fait gratuite. Quoi qu’il en soit, il nous a paru bon de faire remarquer la ressemblance de ces illustrations, ce dont on se convaincra en suivant la description de l’exemplaire de Malatesta.
LIVRE I. — fol. 1. — Les deux Cites. — {Planche XXI.) Dans l’initiale G, saint Augustin, nimbé et mitre, portant une robe rouge, est assis, un manuscrit sur les genoux. Il fait de la main gauche un geste de recommandation à un jeune clerc, drapé dans un manteau vert, Marcellinus probablement.
Dans la marge supérieure, à gauche, le Paradis avec le Seigneur entouré de six saints. Dans les fleurs, on aperçoit les quatre Evangélistes.
A droite, dans la marge extérieure, la Cité céleste, représentée par une ville, aux murailles crénelées roses, de style italien. A la porte, conversent deux docteurs, l’un rouge et l'autre bleu. Au-dessous, la Cité terrestre de même style avec deux diables.
En bas, dans la bordure, au milieu d’une figure géométrique en losange quadrilobé, les armes de Pandolfe Malatesta ressortent sur un fond bleu foncé qui porte deux P d’or couronnés. Ces armes se blasonnent ainsi : Bandé de six pièces , les /, 3 et 5 e'chiquetées d’or et de gueules , les 2, 4 et 6 d'argent. Au-dessus, entouré d’une couronne ducale, un cimier d’or d’où émerge une tête d’éléphant de sable, défendue d’argent, la trompe levée, le dos du col orné d’une crête échancrée d’or1.
LIVRE II. — fol. 12. — Les Jeux scéniques. — Une idole d’or est adorée par deux païens agenouillés, vêtus de vert et de rose. Plus bas, deux musiciens jouent devant un docteur vêtu de rose.
LIVRE III. — fol. 21. — Prise de Troie. — Incendie d’Ilion dont on voit les murailles grises et les monuments rouges. Une idole d’or la surmonte.
LIVRE IV. — fol. 3o v°. — Sodome. — Sodome, autre ville semblable, s’écroulant dans les flammes sous une pluie de cendres.
LIVRE V . — fol. 39 v°. — Nigidius. — Dans un grand lit à couverture verte sont étendus deux jumeaux. Trois docteurs, dont Possidonius et Nigidius, discutent sur la génération.
LIVRE VI. — fol. 5i v°. — Discussion philosophique. — Deux pontifes romains, l’un vert tenant un pain, l’autre rose avec une amphore, représentant la théologie civile. Un païen en rouge est prosterné devant eux.
LIVRE VII. — fol. 57. — Divinité païenne. — Janus, à double face, robe rose, manteau vert, tient deux colonnettes.
LIVRE VIII. — fol. 66 v". — Discussion théologique. — Deux docteurs discutent sur la nature du monde. On aperçoit un arc rouge dans les cieux et une cascade qui se précipite d’un rocher.